Les montagnes peuvent-elles briller d’elles-mêmes? Un voyage en accéléré à la conquête de la lumière unique des Dolomites, montrant comment elle change selon les conditions atmosphériques et le temps.

Sassolungo, Dolomites
Sassolungo, Dolomites

Dans The Light within Dolomites, Michele Colombo recrée de manière admirable, en seulement trois minutes, l’expérience vécue lorsqu’on arpente ces montagnes majestueuses, classées au patrimoine de l’humanité de l’UNESCO depuis 2009.

Au sommet du monde

Alta Badia, Dolomites
Alta Badia, Dolomites

Les Dolomites, c’est un groupe de montagnes des Alpes qui s’étend au nord-est de l’Italie, composé d’innombrables sommets dont le point culminant est la Marmolada, à 3348 mètres d’altitude. Elles nous donnent l’impression de pouvoir embrasser le monde entier d’un seul regard lorsqu’on y parvient.

Lago Pisciadù, Alta Badia, Dolomites
Lago Pisciadù, Alta Badia, Dolomites

Formées par l’accumulation de roches sédimentaires dans les fonds marins ayant émergé suite à la rencontre des plaques tectoniques de l’Europe et de l’Afrique il y a 20 millions d’années, les Dolomites sont de réels mastodontes de pierre. Un paysage presque lunaire. Pas étonnant que la lumière s’accroche si bien à leurs aspérités.

Le temps qui change

Une randonnée dans les Dolomites c’est aussi être habillé en pelure d’oignons et ajouter,  enlever, et remettre une couche aux quarts d’heure… parce que le vent se lève, parce que le soleil sort, parce qu’un nuage couvre le ciel et que la pluie se met à tomber…

Brouillard sur les Dolomites, Passo di Val Gardena
Brouillard sur les Dolomites, Passo di Val Gardena

Les montagnes semblent immuables au gré des conditions atmosphériques changeantes, mais elles ne sont pas statiques pour autant. Les effets atmosphériques teintent leur allure et transforment leur présence, comme le montre si justement The Light within Dolomites. Je revois encore cette soirée de juin où, soudainement, le brouillard s’est levé, rendant les formations rocheuses complètement invisibles, nous étouffant dans un cocon vaporeux. À l’inverse, la lumière du jour ou le coucher du soleil au crépuscule amplifie le sublime qui en émane.

Le format du court métrage et l’accélération de l’image conviennent ainsi parfaitement pour traduire l’expérience vécue au contact de ces monolithes. En effet, il a fallu au total un mois de tournage, étalé durant deux séjours lors des étés 2016 et 2017, au réalisateur Michele Colombo pour obtenir les images nécessaires aux trois minutes du court métrage.

Une fresque néo-impressionniste

Claude Monet, Les meules de foin (fin de l’été), 1890-1891. The Art Institute of Chicago
Claude Monet, Les meules de foin (fin de l’été), 1890-1891. The Art Institute of Chicago

Probablement le plus connu des mouvements artistiques, l’impressionnisme, bien plus qu’un amalgame de coups de pinceaux pour créer un paysage sur une toile, est avant tout une question de lumière. Les artistes s’inscrivant dans ce mouvement avaient pour objectif de capter les variations de la lumière. C’est pour cette raison que le format de la série servait bien le projet impressionniste, permettant de figurer le même sujet à différentes heures du jour ou lors de différentes saisons.

The Light within Dolomites devient ainsi une fresque impressionniste contemporaine, à l’image des célèbres séries de Monet, comme celle des Meules de foin, qui cumule 25 tableaux. Mettant à profit le médium cinématographique, le réalisateur s’inscrit dans la lignée de ces artistes qui ont, à leur époque, révolutionné la peinture de chevalet. Et quel choix juste, pour ranimer cet enjeu pictural, que celui de prendre les Dolomites comme modèle. Un lieu magnifique, mémorable, à voir absolument. Et vous ne pouvez que rêver d’en vivre vous-mêmes l’expérience après avoir vu ce film de Michele Colombo.

Note: 8/10

Vous pouvez visionner le film ici :

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