Visitors – Hypnotique

Visage d'une jeune fille avec le titre du film devant les yeuxFilm événement qui a mis 7 années à se monter, Visitors est le quatrième long métrage de Godfrey Reggio en collaboration avec Philip Glass et le chef opérateur Jon Kane. Présenté par Steven Soderbergh, Visitors évoque la relation spirituelle entre l’homme et la technologie, dont la puissance dépasse aujourd’hui la sphère humaine. Visitors est une expérience viscérale, composée de seulement 74 plans hypnotiques, qui emmène le spectateur dans un voyage qui va de la Terre à la Lune, et le confronte à lui-même, ses origines et son parcours.

Dès le premier plan, j’ai compris que j’allais assister à quelque chose d’ensorcelant. Mais jamais je n’aurais cru qu’un film dans lequel il n’y a que son et image pourrait être si puissant. La musique envoûtante, jumelée aux plans photographiques, lents et lumineux, mènent à une expérience hypnotique. 87 minutes vécus dans un calme paisible et passionnant. Dès le début, avec le plan d’un gorille (m’ayant vaguement rappelé la séquence d’ouverture de 2001 : a Space Odyssey), au dernier, présentant un plan d’eau dans lequel pénètrent des gouttes d’eau colorées, Visitors m’aura charmé.

Chaque plan est minutieusement calculé et chacun d’eux possède une mouvance très lente, parfois à peine perceptible. C’est cette lenteur, de concert avec la musique de Philip Glass, qui crée cet envoûtement. Presque tous les plans sont filmés en gros plans, que ce soit des mains, des visages ou des immeubles. C’est par une image photographique, qui capte la lumière d’une façon extraordinaire, que les plans se succèdent lentement, laissant le spectateur dans un état second.

Pour ajouter à l’expérience, lors de la première mondiale au TIFF, le film fut présenté avec une prestation live par 66 membres de la Toronto Symphony Orchestra. Il s’agissait de la première fois que ce genre de projection était organisé. Évidemment, cette présentation unique était possible, en partie, au fait que le film ne contient aucun dialogue.

D’ailleurs, lorsqu’interrogé à savoir pourquoi il n’avait pas mis une narration sur ses images, Reggio a répondu que « dans ce genre de film, la narration n’est pas littéraire. C’est plutôt par les textures qu’elle se fait » (traduction libre). Une chose est sûre, il réussit à faire passer l’émotion. Très certainement un film à voir sur grand écran, dans une pénombre totale.

Visitors, une expérience envoûtante qui m’a montré que le cinéma pouvait encore me surprendre. À l’affiche au Québec le 31 janvier.

Note : 9.5/10

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