
Inspiré par l’esthétique et les thématiques de la série culte de Netflix, le volet Miroir noir plonge les festivaliers dans des futurs pas si lointains, mais ô combien inquiétants.
À travers des visions dystopiques percutantes, cette sélection explore la collision entre la technologie, l’intelligence artificielle et les dérives de la nature humaine. Une incursion troublante dans des univers sombres qui questionnent notre rapport aux innovations de demain avec une lucidité aussi fascinante qu’alarmante.

Gus passe tout son temps dans un monde de réalité virtuelle, tout en ignorant les « gigworkers » qui s’occupent de tous ses besoins physiques, qu’il s’agisse de lui livrer ses repas ou de veiller à son hygiène personnelle.
Avec The Cave, Jack Fatheree offre une vision tragique de ce que pourrait causer la réalité virtuelle si on y devient trop investi.
C’est intéressant de voir cette façon d’imaginer comment on peut devenir si on se laisse happer trop profondément par des univers virtuels. J’aurais tendance à dire que c’est vraiment trop exagéré, mais en même temps, il n’y a pas si longtemps j’aurais cru impossible que des gens aient des relations amoureuses avec des IA. Donc je vais me garder un peu de gêne et ne jugerai pas trop fortement.
En ce qui concerne le reste, le film fonctionne bien. On ne sait pas trop si on doit avoir pitié du personnage ou si on doit le détester. Je crois que c’est une belle réussite. Reste à voir si cette vision déprimante se réalisera d’ici quelques années.

Année 2039. Les métiers du XXIe siècle n’existent plus. UPDATE, une IA révolutionnaire, a remplacé l’ensemble de la main-d’œuvre humaine. Privés de rôle dans la société, les individus se sentent perdus. Pour résoudre cette crise existentielle grandissante, ADAPTiQ™, la société à l’origine d’UPDATE, a lancé le Programme de réinsertion professionnelle : une promesse de réintégration pour ceux qui souhaitent reprendre le travail, se sentir à nouveau utiles et retrouver un sens à leur vie.
Avec Update, Luca Violante offre une vision dystopique du monde du travail dans un avenir rapproché.
Ce film, ce sont toutes les peurs liées à l’IA mises ensemble. Les humains ont perdu toute utilité et ils sont maintenant rendus à quémander les ordinateurs pour se faire donner des tâches afin de se sentir utiles.
2039 semble très proche pour que ce genre de chose se produise. Mais la vision reste perturbante. Surtout à cette époque où les IA progressent à un rythme fou et que les plus grands spécialistes alertent le monde sur les dangers que l’intelligence artificielle nous détruise.
Ce qui est intéressant, c’est l’apparence que donne le réalisateur à ce nouveau monde. Tout est propre, blanc et froid. On se croirait chez Apple. C’est un peu comme si le fait que l’humain ne soit pas en charge permet d’avoir des lieux presque immaculés.
En tout cas, on peut dire que si le monde évolue dans la direction que propose Update, ce ne sera pas jojo.

Une jeune fille découvre un étage inquiétant dans son école. Pour en sortir et éviter les monstres qui y rôdent, elle devra suivre toutes les règles et la plus importante de toutes : Ne pas courir dans les couloirs.
No running in the halls, d’Uzay Konuk, offre des scènes stressantes et une atmosphère étouffante.
D’un point de vue d’ambiance, ce court métrage est superbe. Du début à la toute fin, on est rivé à notre banc. Notre cœur bat vite et la terreur s’empare de nos tripes. Si seulement on avait une petite raison, une petite mission pour que le personnage soit là où il est. Du mystère, c’est bien, mais il faut tout de même, à un moment, avoir l’impression de savoir un peu ce qu’on fait là.
Ainsi, sans être un excellent film, No running in the halls reste palpitant de par ses scènes anxiogènes et le sentiment d’horreur qu’il donne à ses spectateurs.

Deux sans-abri découvrent un sablier magique capable de remonter le temps… mais seulement de dix secondes à la fois. Ils se rendent vite compte que cela pourrait être l’occasion de changer radicalement leur situation. Cependant, leur plan nécessite la participation de deux personnes, et aucun des deux ne fait entièrement confiance à l’autre.
Avec Transience, Joseph Bauer offre un film sur les risques de la cupidité et les problèmes de confiance que cela apporte au sein d’un duo.
L’histoire est amusante et bien conçue. Mais le son est mauvais et ça dérange vraiment. Par moment on est vient à ne pas bien entendre les dialogues. C’est dommage, car le film a tout ce qu’il faut pour captiver l’audience. Et la fin est réussie.

Une influenceuse en difficulté se tourne à contrecœur vers la création de contenu « tradwife » pour aider son mari à se sortir d’une situation financière difficile. Elle se retrouvera bientôt prisonnière des attentes de plus en plus inquiétantes liées à son personnage devenu viral.
Avec Trad, Dave Bekerman offre une incursion dans le monde des influenceurs et dans l’univers des tradwives.
Une image soignée et chaleureuse qui rappelle justement l’univers des familles traditionnelles – en tout cas ce qu’on imagine de celles-ci. Ce que le film montre vraiment, c’est à quel point on peut se laisser prendre au jeu et s’y perdre.
Trad s’avère être un film qui touche des sujets actuels et qui, derrière le divertissement, pose des questions sur notre façon de vivre le numérique.
Il montre aussi que tout arnaque à ses limites avant que tout n’implose. Un bon petit film!

Un technicien en imagerie satellite découvre une anomalie qui résiste à toutes ses tentatives d’effacement. Au fil de la nuit, une série d’événements de plus en plus troublants brouille la frontière entre une simple défaillance technique et quelque chose de bien plus inquiétant.
Avec Rémanence, Nebojsa Kovacevic offre un bon vieux film de complotistes sur les spécialistes de l’espace qui effacent des preuves de l’existence d’extra-terrestres.
Sans amener grand-chose de neuf au genre, le réalisateur crée une œuvre qui titille et garde sur le bout de notre siège. Le vieil ordinateur et son écran de piètre qualité ajoutent un petit quelque chose qui rend logique le fait qu’on ne voit pas bien ce qui s’affiche.
Un autre point positif, c’est le fait qu’en 11 minutes, on nous raconte une histoire complète, avec une fin efficace. Trop souvent on se retrouve avec un court métrage pour raconter une histoire qui n’entre pas dans le format. Le résultat est un bon film qui mise sur l’étrange et l’inquiétant.

Au XVIIIe siècle se trouve une école de musique où il fait toujours sombre…
Avec Amira, Javier Yañez Sanz démontre que même si un film est presque parfait, il peut complètement s’écrouler avec une fin ratée.
Lorsqu’un court métrage révèle d’excellents acteurs, une histoire intrigante et marquante et des personnages surprenants, on se dit qu’on assiste à quelque chose de grand. C’est ce que donnait Amira après 13 minutes. Puis, la dernière minute vient tout gâcher en plantant une finale complètement absurde et vide.
La chose la plus difficile dans le cinéma (surtout en court métrage) est d’avoir une bonne fin. Et une mauvaise fin peut faire passer un 9/10 à un 6/10. C’est exactement ce qui arrive ici. Ceci étant dit, regardez-le pour les 13 premières minutes. C’est magnifique.
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