The Only Living Pickpocket in New York - Une

The Only Living Pickpocket in New York —  Ce qui nous file entre les doigts

« The good old days. »
[Les bons vieux jours.]

Harry Lehman (John Turturro) est un pickpocket usé par le temps qui exerce son métier pour un revenu de plus en plus faible dans un New York profondément transformé. Les portefeuilles remplis de billets verts ont été remplacés par des cartes de crédit facilement annulables, et Harry peine à joindre les deux bouts tout en s’occupant de sa femme handicapée, Rosie (Karina Arroyave). Lorsqu’il dérobe et revend par inadvertance une précieuse clé USB, le temps finit par le rattraper.

Cette leçon vaut bien un fromage

Alors que je fais le topo sur mon téléphone des dernières nouvelles en physique quantique, j’aperçois à la hâte un message me demandant d’être au visionnement du film The Only Living Pickpocket in New York. Je regarde l’heure : 8h23. Je suis serré dans le temps — ou « short » en bon québécois —, mais tout n’est pas perdu. À 9h, je suis déjà en route vers l’autobus, pour ensuite prendre le métro, pour enfin débarquer à Berri et changer de ligne. Pas de bol, je manque le bus, et le prochain arrive dans 17 minutes… m’y rendre à pied prend à peu près 15 minutes, alors aussi bien marcher.

The Only Living Pickpocket in New York - Cette leçon vaut bien un fromage

Arrivé à la station de métro, le train que j’aurais pu prendre part de son côté (c’était à prévoir, ça ne me fait pas un pli). La foule se rue vers la sortie — apparemment, je ne suis pas le seul qu’on a convoqué sur le tard — et me bouscule alors que je range mon portefeuille dans ma poche de manteau pour le sortir facilement une fois au guichet. Comme de fait, la file pour le guichet-avec-humain est longue de plusieurs personnes (je ne saurais mesurer en mètre). Le temps presse. Je me joins à eux. Je ne trouve plus mon portefeuille dans ma poche alors que je m’impatiente dans cette file immobile. Mais qu’est-ce que j’entends ? Serait-ce de la monnaie dans mes poches, plus communément appelée « petit-change » ? Personne au guichet-sans-humain ! Je saisis l’occasion et j’accours insérer mes pièces pour me prendre un billet à la va-vite. Je passe le tourniquet. Ça bloque : Titre refusé… J’ai pris le mauvais titre… Derrière moi, la file est presque vide (roulement des yeux).
La dame, courtoise et bienveillante, veut bien rembourser mon titre, il me suffit que de taper ma carte qui se trouve dans mon… portefeuille. Mon portefeuille ?! Saint Antoine de Padoue ! Que faire ? Vous ne pouvez pas me donner un autre titre, tout simplement ? Monsieur, votre titre actuel vaut moins que celui qu’il vous faut, il faudrait le rembourser et refaire l’échange. Je m’impatiente. Alors donnez-moi de la monnaie et je vous prends seulement un aller simple ? Nous ne tenons plus de monnaie ici. Sapristi.

Enfin bref, je fais le tour en regardant au sol. Aucune nouvelle de mon portefeuille, de même aux objets perdus. Vous connaissez la chanson des 5 étapes du deuil ? Plus aucune chance d’arriver à l’heure et, en plus, mes poches sont vides.

L’arroseur arrosé

En somme, malgré les désagréments encourus par le vol de mon portefeuille, les temps ont changé depuis les jours où on se promenait avec une épaisse liasse de billets. En fait, à l’intérieur, ne s’y trouvait qu’une carte soleil d’une valeur de 30 $ et une carte de guichet qui s’annule en quelques minutes. Hop, voilà, le tout est réglé. Quant au film, j’ai pu le visionner le lendemain. Écrit et réalisé par le talentueux Noah Segan, The Only Living Pickpocket in New York est un chef-d’œuvre qui reflète non seulement la réalité derrière le stéréotype du vol à la tire, mais également l’interminable combat de l’humain contre la machine.

The Only Living Pickpocket in New York - Arroseur arrosé

Harry, interprété par John Turturro — que je suis bien content de revoir dans un bon projet (bref, pas Transformers, on se comprend) —, est un voleur invétéré. Sa femme, Rosie (interprétée par Karina Arroyave), tombe dans un coma permanent et oblige le brigand à reconsidérer ses priorités. Il commet toujours autant de vols, soyez en assurés, mais il ne le fait plus pour lui. Loin d’être un Robin des bois moderne, il reste néanmoins impossible de ne pas apprécier le personnage et sa vision du monde. Le rythme du film est efficace, la musique est entrainante et c’est sans parler des excellents et nombreux acteurs de soutien. On se souviendra de Steve Buscemi dans le rôle de Ben, son meilleur ami propriétaire d’un « pawn shop », et de Giancarlo Esposito (le méchant dans Breaking Bad) dans le rôle du détective Warren. 

De nos jours, pas facile d’être un vieux de la vieille et de garder la main. Avant, c’était plus simple. Soit on avait de l’argent, soit on n’en avait pas. On voyait une valise louche renfermant des millions et on n’y touchait pas, à moins d’être un amateur. Maintenant, qui sait ce qui a de la valeur pour qui ? Même une simple clé USB peut renfermer des trésors cachés dorénavant. Dans l’océan, il y a toujours un plus gros poisson, toutefois, c’est normal d’espérer un peu d’humanité de temps à autre, non ?

Juste une histoire

Alors que j’écris ces lignes, j’ai encore un nœud dans la gorge. Je pense que je les écris justement parce que ça me permet de digérer plus lentement un aussi bon film. J’ai de toute évidence été influencé par l’œuvre ; j’ai de l’empathie pour celle ou celui dont les doigts de fée ont dûment trompé ma vigilance pas si vigilante. Je veux dire, pauvres voleurs. De nos jours, ils risquent beaucoup pour pas grand-chose. Avec l’ère des cartes, il n’y a plus aucun danger que de pauvres âmes volent notre argent — j’imagine que les riches ont le monopole sur la chose maintenant. Peu importe l’auteur du délit de mon vol, tout ce qu’il a récolté, c’est l’excitation du moment, et j’espère que ça lui suffira pour ce dont il a besoin.

The Only Living Pickpocket in New York - Juste une histoire

J’ai peut-être romancé certains passages ou en ai inventé d’autres, néanmoins j’ai su capter votre attention, pas vrai ? Tout passe par la supercherie. C’est après tout ça qui départage le tireur à la tire (ou « pickpocket ») libre de celui qui se fait prendre la main dans le sac. En tout cas, moi, je me suis fait avoir et pas seulement qu’un peu. The Only Living Pickpocket in New York est selon moi un sans-faute qui nous rappelle que les petites choses aux apparences anodines sont toujours les plus enrichissantes. Il y a probablement plus de bien dans un bon voleur que dans un bon bandit… mais bon, ça, c’est une discussion pour une prochaine fois.
Finalement, qu’est-ce qui est juste et qu’est-ce qui ne l’est pas ? J’ai étrangement l’impression d’en avoir une meilleure idée. Comme le disent The Crickets, si on veut savoir si ça en vaut la peine ou pas, il faut saisir sa chance. Quel est le pire qui peut nous arriver quand on a le cœur sur la main et pas juste la main dans les poches ?

Bande-annonce  

Fiche technique

Titre original
The Only Living Pickpocket in New York
Durée
88 minutes
Année
2026
Pays
États-Unis
Réalisateur
Noah Segan
Scénario
Noah Segan
Note
10 /10

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Fiche technique

Titre original
The Only Living Pickpocket in New York
Durée
88 minutes
Année
2026
Pays
États-Unis
Réalisateur
Noah Segan
Scénario
Noah Segan
Note
10 /10

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