
Latif (Mahershala Ali) is a devout Muslim and a loving family man who also happens to be a contract killer. He has a strict code: he never uses guns and he only accepts targets the world would be better off without.

After his beloved wife dies, Latif resolves to end his criminal career and focus on caring for his three children — but his longtime employer Mike (Laith Nakli) has other plans. Latif is having a hard enough time finding breast milk for his baby girl and wants no part in Mike and cowboy Haun Yoon’s (John Cho) rapidly escalating feud but, as his bloodstained past comes back to haunt him, he may have no choice in the matter.
Dès les premières minutes, le film semble s’installer dans les codes familiers du cinéma d’action. On s’attend à un déroulé classique, rythmé par des rebondissements bien placés et des affrontements attendus.

Pourtant, le long métrage déjoue très vite ces pronostics pour sortir de ce schéma très (trop?) linéaire. Il s’affirme comme un film d’action singulier, capable d’aborder plusieurs thématiques de front, oscillant sans cesse entre une sensibilité délicate et une franchise pure. Loin de se contenter de faire de l’action le cœur exclusif du récit, Bassam Tariq, le réalisateur, l’utilise comme un point d’ancrage au service d’un propos bien plus profond et existentiel.
Ce que le film raconte tire son originalité de la manière dont il traite la question de la paternité au sein d’un foyer monoparental. Le scénario capture avec justesse le poids écrasant des responsabilités qui pèse sur les épaules d’un père seul (surtout quand celui-ci est un tueur à gages). Ici, la menace et le danger ne surviennent pas pour de simples enjeux spectaculaires : ils sont la conséquence directe et tragique d’une quête vitale pour combler un manque au sein de la famille. Le moteur central de l’intrigue prend alors une dimension universelle, celle d’un parent prêt à tout pour assurer la survie de ses enfants dans un environnement hostile.

Une scène illustre à merveille cette approche : celle où une vie humaine est littéralement mise dans la balance contre du lait maternel. Cette séquence, pour moi, constitue l’essence du long-métrage. Ce changement radical d’échelle dans les enjeux bouscule les codes habituels du thriller. Ce contraste entre la vulnérabilité d’un nouveau-né et la brutalité du monde environnant donne au film toute sa force émotionnelle.
Le film réussit un numéro d’équilibriste remarquable en se plaçant à la croisée des genres. Il navigue avec aisance entre le drame familial intimiste, la tension haletante du thriller et quelques touches bienvenues de comédie qui viennent aérer le propos. Cette hybridation dicte un rythme particulièrement maîtrisé : les scènes d’action, percutantes et nerveuses, alternent avec des moments de calme sans jamais étouffer la dimension humaine et relationnelle qui fait battre le cœur de l’histoire.

La religion occupe une place centrale dans la narration, traitée à travers le prisme de la communauté musulmane. L’ambivalence des réflexions des différents protagonistes ouvre un vaste espace d’introspection pour chacun d’entre eux. Le film pose une question universelle : quel chemin emprunter lorsque nos actes entrent en conflit avec nos convictions ? Il explore le dilemme complexe entre la pratique de sa foi, le respect de ses valeurs morales et la réalité impitoyable du quotidien. Les personnages ne sont pas manichéens ; ils cherchent constamment à réconcilier leurs croyances avec les nécessités de leur existence.
Le casting se révèle particulièrement inspiré. Mahershala Ali porte le long-métrage sur ses épaules et incarne son rôle à merveille. Il offre une performance tout en nuance, trouvant l’équilibre parfait entre des instants de pure tendresse paternelle (tout en restant parfois autoritaire) et des séquences de baston percutantes comme on les aime (même si, à mon goût, la manière de filmer s’avère un brin brouillon lors du grand affrontement final). Face à lui, le choix d’attribuer le rôle de l’antagoniste à John Cho est un choix aussi audacieux que payant, c’est un registre sombre dans lequel on ne le connaît généralement pas, mais qui lui va bizarrement plutôt bien. Sa présence apporte une tension froide, toute en retenue, rendant la confrontation d’autant plus captivante.
Sans trop en révéler pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte, le message final conclut cette œuvre sur une note puissante. Il maintient le spectateur dans un suspense moral palpable, suspendu entre ce qui semblait inéluctable et la possibilité d’emprunter la bonne direction. Ce dénouement questionne le libre arbitre, la capacité à faire le bon choix face à l’épreuve et la part indispensable de foi nécessaire pour trouver sa propre rédemption.
Bande-annonce
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