The Weight - Une

The Weight — Ça passe ou ça casse

« They didn’t kill anything in me. They didn’t save anything either. »
[Ils n’ont rien tué en moi. Ils n’ont rien sauvé non plus.]

The Weight - Affiche

Afin de sauver ce qui reste de sa famille en pleine Grande Dépression, un vétéran marqué par les combats (Ethan Hawke) est emprisonné sous de faux prétextes, laissant sa fille seule dans un orphelinat. Dans l’espoir de sortir de prison avant que sa fille ne soit placée dans une famille d’accueil et qu’il n’en perde définitivement la garde, il accepte de participer à une magouille organisée par le directeur du camp de travaux forcés (Russell Crowe) où il purge sa peine.

Errata

On le sait trop bien, l’Histoire avec un grand « H » est, plus souvent qu’autrement, écrite par les gagnants et les forts. Ces derniers se permettent de transformer la diversité des points de vue en un seul et unique, soit le leur, le bon. Il en va non seulement de leur victoire, mais également des défaites qui composent, malgré eux, leur culture. Lorsque l’on prend le temps d’analyser notre ère moderne avec un œil attentif, on se rend compte qu’ici – en Occident –, ce sont les États-Unis qui sont les experts en la matière… en ce moment.

Facile de raconter la guerre d’Indépendance puis celle de Sécession ; ça l’est un peu moins quand vient le temps de parler des tranches de vie moins glorieuses et même quelquefois immondes. Oh bien sûr, Hollywood ne se cache pas d’exploiter des moments comme Pearl Harbor, la guerre du Vietnam, la conquête de l’Ouest, et sans oublier cette superbe époque que l’on a surnommée la Grande Dépression. Le capitalisme, la mondialisation, la surproduction : voilà tout de même les indispensables d’une société qui souhaite être responsable, non ?

Sans farce, traitez-moi d’inculte, mais je ne me souviens pas avoir visionné ou eu notion de films états-uniens qui osent dépeindre une Amérique en crise et ne pas défendre le système en place à cette époque. Au contraire, The Weight, réalisé par Padraic McKinley, semble critiquer non seulement l’inaptitude du gouvernement à avoir su protéger sa population comme il le promettait, mais également sa participation à l’escroquerie, à la manipulation et même à la tyrannie en essayant de sauver sa peau avant celle des individus qu’il s’est voué à défendre.

De l’or en barres

Ironiquement, The Weight nous montre qu’il est possible de faire un bon film avec pas grand-chose ; c’est, après tout, le propre de la décennie dans laquelle le récit évolue : la précarité. Ethan Hawke incarne le rôle de Samuel Murphy, l’archétype de l’homme ordinaire vivant en 1933 qui, comme la plupart des gens, ne se sent pas particulièrement choyé par la vie. Une femme décédée, un passé relié à la guerre, la perte de son emploi et de son logis. Toutefois, il lui reste encore une chose, la plus précieuse à ses yeux : Penny, sa fille, interprétée par Avy Berry.

The Weight - Or en barre

Le film, bien que la prémisse semble le sous-entendre, n’a rien à voir avec les blockbusters du genre Taken avec Liam Neeson ou, plus récemment, la franchise John Wick avec Keanu Reeves. The Weight nous maintient plutôt dans un lourd suspense qui laisse peu de place au sensationnalisme hollywoodien. Ce long-métrage brille avant tout par le jeu des acteurs qui maintient le souffle de la narration, peu importe la situation. Je donne un point d’honneur à la direction artistique et à la direction photo pour avoir su s’écarter de la rigidité des plans, disons, plus traditionnels, et avoir osé la symbolique et le non-dit. Ce sont les petites choses qui font la force de ce film, je vous le dis.

D’autant plus que l’histoire est écrite par plusieurs auteurs — et pas que deux, mais bien trois. N’est-ce pas la preuve qu’on peut bien travailler à plusieurs quand on veut vraiment ? C’est aussi ça que cette œuvre tend à nous démontrer par ses accomplissements, ses forces, ses faiblesses et parfois ses chutes. Le reste de la distribution est tout simplement génial ; ce ne sont peut-être pas tous les plus connus, mais certainement pas les moins talentueux.

L’arbre dans la forêt

Ces dernières années, on parle souvent d’un épuisement du cinéma ; certains essaient même de faire croire que l’ère du cinéma est révolue — ce qui peut sembler vrai quand L’Odyssée de Nolan, parue un peu à contre-cœur cette année, dont la distribution se constitue principalement des 10 mêmes visages (et même deux fois plutôt qu’une) que l’on voit déjà tout le temps. On croirait une impasse ou un cul-de-sac créatif, mais c’est simplement que lorsqu’on a le nez dedans, il est difficile de sentir autre chose.

En prenant le temps de s’intéresser au cinéma autrement qu’à travers ce qui est « pop » ou « trendy » ou peu importe ce que les cool kids disent de nos jours, on découvre une forêt foisonnante de variété et c’est LÀ que se trouvent les bijoux les plus précieux. Avez-vous déjà entendu parler d’un champ de diamants ou d’or, juste comme ça par terre ? Pas moi !

C’est l’un de mes plaisirs avec Le Petit Septième et vous, cher lectorat : la chance de pouvoir découvrir (ou pas, dépendamment du film) de petits joyaux qui, une fois dans nos poches, nous rendent plus légers et que nous pourrons transporter un peu plus loin à notre tour. The Weight, je l’espère, fera partie de votre collection. Pour ma part, je crois avoir miné un beau morceau. Allez, je reprends la route, en chemin vers d’autres aventures.  Adios !

Mention spéciale à toute la distribution : Ethan Hawke (Samuel Murphy), Russell Crowe (Clancy), Julia Jones (Anna), Austin Amelio (Rankin), Avi Nash (Singh), Lucas Lynggaard Tønnesen (Olson), Sam Hazeldine (Amis), George Burgess (Letender), Jeffrey Lee Hallman (Big), Alec Newman (Taggert).

Bande-annonce

Fiche technique

Titre original
The Weight
Durée
115 minutes
Année
2026
Pays
États-Unis
Réalisateur
Padraic McKinley
Scénario
Matthew Booi, Shelby Gaines et Leo Scherman
Note
10 /10

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Fiche technique

Titre original
The Weight
Durée
115 minutes
Année
2026
Pays
États-Unis
Réalisateur
Padraic McKinley
Scénario
Matthew Booi, Shelby Gaines et Leo Scherman
Note
10 /10

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