
« La peine n’est que le bonheur déprimé. »

Lorsque le Léviathan s’échappe de l’iceberg qui le maintenait prisonnier, Vincent (Louis-Julien Durso), une jeune baleine à bosse rongée par un manque de confiance en soi, n’aura d’autre choix que d’affronter ses peurs et, à l’aide de ses amis, plonger au plus profond des mers pour accomplir la prophétie : devenir chanteur des mers et ainsi, sauver les océans.
Avec Vincent et la prophétie des mers, Reza Memari propose un film animé pour toute la famille qui mélange aventure et réflexion environnementale, avec comme résultat, un film divertissant et agréable à regarder.
Accompagné de son gardien Walter (Marc Labrèche), un poisson rémora, et de sa nouvelle amie Darya (Ludivine Reding), une courageuse orque sourde, Vincent devra affronter ses peurs et trouver sa voix pour sauver les océans. Évidemment, on parle autant au sens figuré qu’au sens littéral.

Ce qui est intéressant, c’est que ces magnifiques créatures comptent de véritables « chanteurs » au sein de leurs groupes, même si les scientifiques ne comprennent toujours pas pourquoi elles chantent ni ce que leurs chants signifient réellement. À partir de là, le réalisateur laisse aller son imagination afin de créer une histoire d’aventure autour de l’idée de se découvrir soi-même. Le concept n’a rien de nouveau, bien évidemment. Le film animé pour les jeunes regorge d’exemples de ce type d’histoire. C’est bien normal puisqu’à cet âge les enfants tentent de se définir en tant que personne.
Dans Vincent et la prophétie des mers, les séquences de chants ne sont pas fréquentes, et c’est très bien ainsi. Il aurait été facile de faire de ce long métrage un film rempli de chansons comme on le voit trop souvent dans le cinéma jeunesse. Le réalisateur a plutôt choisi de mettre les séquences de chants à des moments spécifiques où ils permettent au personnage principal d’avancer dans son cheminement (ou de rater l’occasion d’avancer).
Comme tout film familial qui se respecte, on navigue entre divertissement et message subtil. Ce qui n’était au départ que des notes griffonnées s’est transformé en quelque chose de bien plus grand, Vincent et la prophétie des mers célèbre le courage, le travail en équipe et la protection des océans dont nous dépendons tous. Au cœur de tout cela se trouve Vincent.

Mais au-delà des personnages réels, il y a l’environnement sous-marin qui devient un personnage à part entière, avec ses particules en mouvement constant, ses caustiques dansantes, ses rayons de lumière changeants et l’interaction entre les baleines gigantesques et les minuscules hippocampes. Mettre en interaction tous ces personnages aux dimensions si différentes représente un gros défi. Imaginez réussir à créer une scène dans laquelle un animal aussi gigantesque que la baleine à bosse doit discuter sérieusement avec un hippocampe (interprété par Barbada) de quelques cm de haut…
Bien honnêtement, ces moments sont totalement réussis. Les personnages sont attachants, même le méchant morse, et l’histoire reste captivante malgré sa simplicité. On traite de la mort, de religion et d’attentes de façon à ce que ce soit facile à comprendre pour un enfant, sans que ça devienne ennuyant pour un adulte. Ainsi, malgré une trame narrative un peu trop simple, le film reste plaisant.
On voit très souvent des films jeunesse qui traitent d’environnement. Je sais, certaines personnes en ont marre. Mais, pour les jeunes, il s’agit d’un sujet très concret. Ils voient que la planète n’est pas la même pour eux que ce qu’elle était pour leurs grands-parents. Ils comprennent beaucoup plus qu’on peut le croire.

Vincent et la prophétie des mers est une invitation à prendre la parole, à collaborer et à chanter pour ce qui compte le plus : la liberté, la paix et la protection de nos océans irremplaçables. Sans oublier l’acceptation et le vivre ensemble.
Bande-annonce
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