Journal de Fantasia 2026 Jour 17 - Une

Journal de Fantasia 2026 | Jour 17

Comme Fantasia célèbre ses 30 ans cette année, j’ai souhaité vivre complètement l’expérience du festival en visionnant le plus grand nombre de films possible. Donc, comme mon horaire risque d’être très chargé et que je n’aurais ainsi pas toujours le temps de faire des critiques complètes, je vous propose un format journalier, avec non seulement des avis à chaud des films visionnés à chaque journée, mais également un compte-rendu des évènements.

Possible Worlds

George Barber est un mathématicien qui fait de biens étranges rêves. Il y croise toujours une femme, Joyce. Peu importe l’identité qu’elle emprunte dans ses rêves, elle ne semble jamais se souvenir de lui. Elle devient selon les rêves : scientifique ou courtière en bourse. Dans ses rêves, il y a aussi un homme qui s’avère être un neuroscientifique dans la vie réelle. Ce dernier est justement interrogé par deux inspecteurs qui enquêtent sur un tueur en série qui vole le cerveau de ses victimes. Qui commet ces crimes, et pourquoi? Quel est donc le lien entre George, Joyce, le neuroscientifique, le tueur en série, les deux inspecteurs et les mondes possibles que semble habiter George?

Possible worlds

Si Robert Lepage est une figure connue au Québec, il l’est également à travers le monde. Il a en effet mis en scène de nombreux opéras et pièces de théâtre dans des lieux prestigieux comme le Royal National Theatre de Londres ou bien le Metropolitan Opera de New York, ainsi que plusieurs productions en France et au Japon. Et ce, c’est sans compter les deux spectacles de Peter Gabriel qu’il a mis en scène. Il a même réalisé une production anglophone, bien que canadienne, avec Possible Words.

Le film adapte la pièce de théâtre de John Mighton, un mélange entre l’enquête policière, la science-fiction et des pensées philosophiques et mathématiques, l’auteur étant, comme son personnage principal, un adepte des mathématiques. Un curieux mélange hybride parfait pour Robert Lepage.

Le film explore notamment la question du multivers et des univers parallèles, le protagoniste parlant de l’existence de d’autres mondes de possibilités. Plus que ça, il se met à vivre ces mondes, indiqués par une femme, chaque représentation étant incarnée par une toute jeune Tilda Swinton. Malheureusement, contrairement à un Everything Everywhere All at Once qui utilise le multivers pour explorer la psychologie de ces personnages, Possible Worlds n’utilise son concept que pour dire « La femme que j’aime est à chaque fois différente », ce qui enlève de l’attrait pour le film.

On peut quand même saluer le visuel du film, Robert Lepage continuant à expérimenter sa mise en scène cinématographique, toujours avec ce jeu sur les transitions, et le tout baigné dans une photographie froide et planante.

Possible worlds est présenté au festival Fantasia le 1er août 2026.

Bande-annonce

Fiche technique

Titre original : Possible Worlds
Durée : 93 minutes
Année : 2000
Pays : Canada
Réalisateur : Robert Lepage
Scénariste : Robert Lepage, John Mighton
Note : 6/10

The Specials (Coup de cœur)

Kazama est à la tête d’une organisation de yakuzas, et pour assurer sa suprématie dans le monde du crime, il entend maintenant éliminer son rival, l’insaisissable Honjo. Une occasion se présente enfin : la petite-fille de Honjo doit participer à une compétition de danse, et son grand-père y assistera certainement. Le dur à cuire Kumashiro se voit confier la tâche de recruter une équipe de choc afin d’infiltrer ladite compétition de danse, et le plan qu’il met sur pied est tellement compliqué et improbable qu’il pourrait bien fonctionner, au final.

The specials

Étrangement, The Specials n’est pas le seul film avec des Yakuzas danseurs présenté lors du Festival Fantasia cette année. Au début de l’événement, on a eu droit à Break Free, où l’on suivait un Yakuza apprenant à danser pour faire fureur sur les réseaux sociaux. Ici, c’est pour infiltrer une compétition de danse afin de remplir un contrat.

Et en plus, le groupe est composé de plusieurs assassins, tous avec leurs propres intérêts et peu d’expérience dans la danse. Le film se présente donc comme une histoire d’underdogs où des personnes aux différents talents doivent apprendre à travailler ensemble sous la tutelle du petite fille.

Et comme Break Free, tout l’aspect comique vient du décalage entre le milieu violent des Yakuzas et celui plus innocent de la danse. C’est encore plus drôle quand la musique de prédilection du groupe est de la vieille pop japonaise, ce qui ajoute au contraste, notamment dans leurs numéros de danse.

Les chorégraphies des danses sont d’ailleurs excellentes. On sent bien l’évolution de leur performance, d’abord très basique, jusqu’au numéro final, plein d’entrain. Elles compensent les autres scènes d’action du film un peu ratées, la faute à des effets spéciaux pas très travaillés qui rendent toutes les fusillades fake et une tendance des méchants à viser à côté tel des Stormtroopers.

Mais The Specials, sans être du grand cinéma, reste un divertissement très drôle et fun.

The specials est présenté au festival Fantasia le 1er août 2026.

Fiche technique

Titre original : The Specials
Durée : 110 minutes
Année : 2026
Pays : Japon
Réalisateur : Eiji Uchida
Scénario : Eiji Uchida
Note : 8/10

Buddy

BUDDY Director Casper Kelly

Prisonnières du monde bizarre d’une émission pour enfants des années 1990, une jeune fille et ses amis doivent échapper à une mascotte de dinosaure contrôlante et assoiffée de sang du nom de Buddy. C’est son monde. Les enfants ne font qu’y (sur)vivre. Buddy peut manipuler le temps et l’espace. Lorsqu’il est blessé, il peut se guérir. L’émission est en ondes depuis des années, traversant les générations.

On a vu toutes sortes de monstres dans l’histoire du cinéma d’horreur : des vampires, des loups-garous, des extra-terrestres, des zombies, des humains meurtriers, une morve tueuse, des moutons carnivores, des lapins géants et même des tomates. Mais Buddy nous confronte à la plus dangereuse créature qui soit : une mascotte pour enfant.

Celle-ci s’appelle Buddy, une licorne orange géante vedette de sa propre émission. On voit bien là les similitudes avec des émissions comme Barney. Mais le réalisateur Casper Kelly, connu pour le court-métrage Too Many Cooks, détourne cette figure en faisant de Buddy un psychopathe possessif. Le film devient ainsi un pur slasher.

Mais la principale particularité est que toute cette violence et cette vulgarité propre aux slashers se retrouvent dans un monde où des mascottes vivent normalement, où presque tous les objets ont une conscience et dans lesquelles les principales victimes sont des enfants. Le réalisateur crée ainsi une pure comédie noire où le décalage entre ce monde fake enfantin et le comportement vicieux de Buddy fait rire.

BUDDY

Le film a quand même ses longueurs, notamment une partie dans le monde réel qui, si elle amène une révélation très perturbante, n’est pas tant nécessaire pour le film. On espère cependant que l’univers de Buddy se poursuivra, surtout quand le film semble teaser des possibles suites.

Buddy est présenté au festival Fantasia le 1er août 2026.

Fiche technique

Titre original : Buddy
Durée : 95 minutes
Année : 2026
Pays : États-Unis
Réalisateur : Casper Kelly
Scénariste : Casper Kelly et Jamie King
Note : 7/10

God Skin

God Skin - poster

Marwin, livreur à Bangkok, gagne à peine de quoi payer son loyer, sans parler des frais médicaux de plus en plus élevés de sa mère. Une rencontre fortuite avec son vieil ami Itt lui redonne toutefois espoir. Marwin est un combattant plutôt doué quand il le faut, c’est pourquoi Itt l’emmène au Mirage, une arène clandestine où les riches parient sur des combats d’arts martiaux avec une touche high-tech.

Si on pense très souvent au cinéma hongkongais quand on parle de films d’arts martiaux, la Thaïlande n’est pas en reste. Le film a même son propre Jackie Chan en la personne de Tony Jaa, vedette de films comme Ong Bak et The Protector. Ces films présentent un style de combat plus intense, le Muay Thaï, ainsi que des acrobaties impressionnantes. God Skin est dans cette mouvance, mais avec un twist.

Car ce n’est pas de simples combats en arène. Le film met en place un système technologique qui utilise des nanorobots pour booster les performances des combattants en plus de leur donner des pouvoirs spéciaux. Il y a une très grosse influence des jeux vidéo, chaque combattant ayant un look et un style unique, comme dans un jeu de baston, utilise des items comme dans Mario Kart et il y a même une scène ressemblant à un beat’em all.

Un style qui se reflète également dans les scènes d’action. Bien que la mise en scène utilise beaucoup d’artifices, elle offre des combats au style particulier, en plus de créer des moments créatifs. Mais le film offre également des scènes plus terre à terre, dont une super scène composée d’un long plan-séquence.

God Skin

Ça compense notamment la grande débilité du scénario qui culmine à un twist très WTF sur-expliqué à la fin. Il se permet néanmoins de parler de sujets réels comme les dangers des jeux d’argent et du capitalisme, même si c’est très hors de propos.

De toutes façons. on ne regarde pas God Skin pour la richesse de son scénario, mais plutôt pour être divertit, ce qui fonctionne à merveille.

God skin est présenté au festival Fantasia le 1er août 2026.

Fiche technique

Titre original : God Skin
Durée : 127 minutes
Année : 2026
Pays : Thaïlande
Réalisateur : Paween Purijitpanya
Scénariste : Jirawat Watthanakiatpanya, Paween Purijitpanya, Kittikun Chattongkum et Pat
Pataranutaporn
Note : 7/10

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© 2023 Le petit septième