Journal de Fantasia jour 11 - Une

Journal de Fantasia 2026 | Jour 11

Comme Fantasia célèbre ses 30 ans cette année, j’ai souhaité vivre complètement l’expérience du festival en visionnant le plus grand nombre de films possible. Donc, comme mon horaire risque d’être très chargé et que je n’aurai ainsi pas toujours le temps de faire des critiques complètes, je vous propose un format journalier, avec non seulement des avis à chaud des films visionnés à chaque journée, mais également un compte-rendu des événements.

RUBBERHEAD: The Life & Monsters of Steve Johnson (coup de coeur)

Rubberhead - Poster

Durant son enfance, Steve Johnson adorait les monstres ainsi que le maquillage utilisé pour les créer, ce qui l’a mené à l’atelier de Rick Baker au début de sa vingtaine. Johnson a par la suite fondé son propre studio d’effets spéciaux, qui a contribué à plusieurs productions majeures, en collaboration avec James Cameron, Steven Spielberg, Sam Raimi, Guillermo del Toro. Dans les années 2000, Hollywood s’est mis à préférer les effets numériques aux effets spéciaux pratiques. Johnson ne se sentait plus à sa place, et ses démons ont quitté son atelier pour envahir chaque parcelle de sa vie…

Ma première expérience à Fantasia fut en 2016, avec le visionnement de Creature Designers: The Frankenstein Complex. Si j’y étais allé à la base pour la classe de maître de Guillermo Del Toro qui suivait le film, j’ai découvert sur le tas un très bon documentaire sur les artisans d’effets spéciaux. Dix ans plus tard, voilà que je visionne un documentaire similaire.

Celui-ci se concentre sur Steve Johnson, ayant notamment travaillé sur Ghostbusters, The Abyss ou la trilogie Spiderman de Sam Raimi. Il avait même fondé son propre studio, XFX. Le film retrace sa carrière, que ce soit ses meilleures créations, mais aussi ses grands échecs, qu’ils soient professionnels ou personnels.

Rubberhead

Car le film met également l’accent sur son mode de vie destructeur, rempli de fêtes intenses qui ont même dégoûté Clive Barker et mener à son addiction aux drogues et à l’alcool. Steve Johnson est même très honnête par rapport à ses aspects les plus sombres. Les entrevues de ce dernier sont toutes très bonnes, avec des anecdotes folles.

Tout comme les images d’archives, montrant des coulisses de films inédites qui montrent toute la créativité de ces artisans des effets spéciaux, qui ont créé des monstres iconiques avec seulement quelques bouts de ficelles. La CGI et l’IA en seraient incapables.

RUBBERHEAD: The Life & Monsters of Steve Johnson est présenté au festival Fantasia les 23 et 26 juillet 2026.

Bande-annonce

Fiche technique

Titre original : RUBBERHEAD: The Life & Monsters of Steve Johnson
Durée : 108 minutes
Année : 2026
Pays : États-Unis
Réalisateur : Nick Taylor
Note : 8/10

Thrilling Bloody Sword

Les monstres ont envahi la Chine ancienne! Deux mystérieux magiciens mettent fin au chaos, puis sont rapidement engagés par le roi comme responsables de sa sécurité. Or, tout cela était un plan sinistre pour sournoisement prendre le contrôle du royaume. La seule personne en mesure de rétablir l’équilibre est un prince aux habiletés quasi impeccables et au charme irrésistible. Pour vaincre les magiciens, il devra toutefois retrouver l’épée magique qui libérera l’étendue de son kung-fu.

Thrilling Bloody Sword

Quand Star Wars est sorti en 1977, il a changé le monde. Beaucoup ont tenté de répéter ce succès, et pas seulement à Hollywood. En Chine, ainsi qu’à Hong Kong et Taïwan, le plan était moins de réaliser un space opera que de puiser dans leur propre folklore. Ça a donné des films comme Zu, les guerriers de la montagne sacrée de Tsui Hark, des WuXia Pian fantastiques avec de nombreux effets spéciaux. Une catégorie dont fait partie Thrilling Bloody Sword.

À Fantasia, ce sont souvent plus les séances qui marquent plutôt que les films. Avec un public aussi électrisant, même les plus mauvais films sont agréables à regarder. Et avec Thrilling Bloody Sword, j’ai assisté à la meilleure séance de Fantasia depuis un moment.

Thrilling Bloody Sword essaie de faire comme les grands films américains, mais sans les moyens et les mêmes outils. De ce fait, tous les artifices sont clairement visibles dans ce mélange halluciné entre Flash Gordon, Blanche-Neige et le Wu Xia Pian.

Mais on ne peut tout simplement pas détester ce film. Chaque absurdité est fascinante et chaque expérimentation est marquante. Ce film était considéré comme perdu depuis des années, mais heureusement qu’il a survécu pour qu’on puisse vivre ça.

Thrilling Bloody Sword est présenté au festival Fantasia le 26 juillet 2026.

Bande-annonce

Fiche technique

Titre original : Thrilling Bloody Sword
Durée : 92 minutes
Année : 1981
Pays : Taïwan
Réalisateur : Chang Hsin-Yi
Scénariste : Chang Hsing, Cheng Chen-Long

The Mouths

The Mouths - Poster

Une rumeur court à propos d’un arbre maudit situé au centre d’un cimetière supposément hanté au milieu d’une forêt. Pour Shota et ses amis de l’université, il s’agit d’une opportunité pour titiller le Malin et se faire une bonne peur en allant visiter cet emplacement mythique en pleine nuit. Arrivés sur place, le courage descend immédiatement devant l’apparence lugubre de l’endroit. Tout part rapidement en vrille pour le quatuor, alors que l’une d’entre eux, Ann, se met à déblatérer des mots étranges et à se comporter de façon complètement irrationnelle. Le lendemain, celle-ci disparaît et les autres sont sujets à des visions effrayantes d’une silhouette féminine fantomatique.

Nicolas Winding Refn n’est pas le seul à recevoir le Cheval noir d’honneur cette année. La deuxième personne est Takashi Shimizu, célèbre réalisateur japonais et grande figure de la J-Horror. Il est surtout connu pour avoir créé la franchise Ju-on,connue chez nous sous le nom de The Grudge. Et pour Fantasia, il ne nous propose pas un, mais bien deux films, dont The Mouths.

C’est un retour aux bases de la J-Horror pour le réalisateur, parlant notamment de malédiction et de présences fantomatiques, dont certains éléments rappellent la mère de Ju-on. Il y a même une partie d’enquête. À travers cette horreur, le réalisateur traite des non-dits, des pensées néfastes enfouies dans chacun et qu’on n’ose pas avouer.

Le film est cependant très confus. Bien qu’il dévoile toutes ses informations au fur et à mesure qu’il avance, il reste difficile d’appréhender ce qu’il cherche à raconter. C’est aussi dommage que le film utilise des procédés d’horreur typiques, ce qui amène une impression de déjà-vu tout au long du film.

THE MOUTHS

Il a quand même de bons moments de peur, ainsi qu’un sound design de qualité qui arrive à nous perturber et qui rend les cigales terrifiantes.

The Mouths est présenté au festival Fantasia le 26 juillet 2026.

Fiche technique

Titre original : Kuchi Ni Kansuru Enquete
Durée : 89 minutes
Année : 2026
Pays : Japon
Réalisateur : Takashi Shimizu
Scénariste : Masahiro Yamaura
Note : 4/10

Tristes Tropiques

Tristes Tropiques - Poster

Des enfants abandonnés ont été élevés dans la forêt, entraînés pour devenir des tueurs par l’organisation menée par le «Maître». Maintenant adultes, ils commencent à se méfier les uns des autres à la suite d’un incident qui les affecte tous. Le passé revient les hanter, alors ils doivent se préparer au combat de leur vie. L’heure de la vengeance est arrivée.

Park Hoon-jung est un autre habitué de Fantasia. Le festival avait auparavant projeté ses films V.I.P. et The Witch: Part 1. The Subversion en 2018, ainsi que The Child en 2023. Nous avions d’ailleurs fait une critique de ce dernier film. Il revient cette année avec Tristes Tropiques, mettant lui aussi en scène des assassins.

Son originalité vient de son protagoniste, un sourd-muet pas très intelligent entraîné comme assassin depuis l’enfance. C’est une idée qui est intéressante à exploiter pour un film d’action si elle est bien faite. Dans ce cas-ci, c’est un peu trop tiré par les cheveux.

Et ce n’est pas aidé par un script qui, alors qu’il aurait pu briller par sa simplicité, tombe dans une complexité très maladroite avec des histoires de complots, de guerres de gangs et de flashbacks trop longs. Le reste du film est également très brouillon, la mise en scène étant peu imaginative et le montage rempli d’effets superflus.

Triste tropiques 1

Il n’y a que le combat final, dont le duel à la machette, qui fait bouger un peu le film, bien qu’il aurait également pu être mieux travaillé.

Tristes Tropiques est présenté au festival Fantasia le 26 juillet 2026.

Fiche technique

Titre original : Seulpeun-Yeoldae
Durée : 107 minutes
Année : 2025
Pays : Corée du Sud
Réalisateur : Park Hoon-jung
Scénariste : Park Hoon-jung
Note : 4/10

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