
« You are the one ! »
[Tu es l’élu!]

Hantée par des pulsions et des visions étranges, une femme enceinte nommée Sara accepte une invitation à dîner qui se transforme en cauchemar sanglant et dément.
Ah, la parentalité ! La joie d’avoir des enfants; ces petits joyaux nés de l’amour pour remplir notre vie d’allégresse et de bonheur. Qui pourrait bien être anxieux face à tout ça ? Sara, la protagoniste de Son of Sara (ouais, le titre dit « le fils » de Sara, mais l’histoire est centrée sur Sara et non le père ou le fils, amen) interprétée par Chloé Van Landschoot, semble parfaitement sereine malgré le fait qu’à quelques jours de l’accouchement, elle entend, fait et voit des choses… disons étranges.
Le cinéma d’horreur, même si ce n’est pas l’opinion de tous, reste un genre qui se conjugue au féminin. Qu’on les retrouve comme héroïnes aux prises avec des monstres tels que King Kong et Nosferatu, ou incarnant le mal comme Rhoda dans The Bad Seed, on croirait qu’on a fait le tour de toutes les œuvres d’épouvante, surtout entourant la maternité. Mais oui, combien d’histoires de naissance de l’antéchrist et de calvaires similaires existe-t-il ? Plus d’une, ça, je vous l’assure.
Houston Bone réalise ici un film à la fois intrigant et intéressant. Pour ma part, j’ai trouvé certaines scènes particulièrement écœurantes ( je ne mangerai plus jamais de viande hachée de la même manière), le genre qui reste profondément inscrit dans la mémoire. Lorsque l’on prend en compte le jeu des acteurs, qui oscille entre la caricature et le viscéral de The Texas Chainsaw Massacre, en plus des effets visuels, il devient difficile de nier la qualité de Son of Sara.

Le point faible est difficile à décrire. Il y a quelque chose en lien avec l’écriture qui manque, à mon humble avis, un peu de définition ou, du moins, de ce je-ne-sais-quoi qui permettrait de crever l’écran. Les acteurs sont bien dirigés, ne vous méprenez pas, mais à travers le scénario et les personnages, on décèle plutôt une touche de caricature et, comment dire, un certain manque de nouveauté quant aux sujets abordés au cinéma ces dernières années. Néanmoins, sans oublier l’excellence des scènes sanglantes ou simplement dégueulasses, la fin offre, ironiquement, un regard nouveau sur ce que pourrait constituer le cinéma d’horreur de demain. À vous, cher lectorat, de le découvrir et de veiller, tout comme moi, à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain.
Bande-annonce
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