Permanent damage - Une

[Fantasia] Permanent Damage — Tout simplement bon

« Vous savez que je ne suis pas votre fils… »

Tommy (Calem MacDonald) est un prisonnier en cavale lorsqu’il tombe par hasard sur une vieille dame (Claire Coulter) dans un magasin où il tentait de voler une casquette pour éviter d’être reconnu. N’ayant plus toute sa tête, la vieille dame le prend pour son fils Donnie, ce qui évite à Tommy de se faire attraper par un garde de sécurité. 

Ne sachant pas vraiment où aller, le jeune homme raccompagne la vieille dame, qu’il surnomme Mrs Whynot, chez elle. Une fois dans sa maison, Tommy réalise à quel point Mrs Whynot n’a plus toute sa tête et se trouve en situation de vulnérabilité. Son appartement est sens dessus-dessous, des montagnes de lettres de non-paiement qui jonchent le sol et et une casserole a été oubliée sur le feu. 

Si au départ, Tommy voulait s’enfuir après avoir volé quelques bijoux, il se retrouve finalement pris dans l’orbite de la vieille dame et de la communauté du bloc d’appartements où elle réside. Il y croise Joe (Olivia Scriven), une jeune femme débrouillarde et sympathique qui semble le prendre en affection, un sentiment partagé par Tommy.

Grâce à Joe, et pour empêcher Mrs Whynot de se retrouver dans la rue, Tommy assume le rôle de Donnie et se retrouve contraint de travailler au noir pour LL (Stephen Dorff). Propriétaire véreux, violent et figure de la criminalité locale, LL est également l’oncle de Joe. 

Si Tommy parvient à trouver un peu de légèreté dans sa vie avec Joe et Mrs Whynot, l’ombre de LL assombrit le portrait et les tendances violentes de ce dernier, qui ne voit pas la relation de sa nièce et Tommy d’un bon œil, effraient le jeune homme.

Tommy propose alors à Joe de s’enfuir avec Mrs Whynot. Elle accepte, mais à une seule condition: elle veut lui voler la fameuse poule aux œufs d’or dont lui parle souvent son oncle, afin de pouvoir recommencer à zéro.

Enfin un peu d’optimiste

Depuis quelque temps, nous avons beaucoup de films pessimistes, avec des anti-héros abrasifs, ainsi que des conclusions et des thématiques fatalistes.

Permanent Damage

Bien que ce genre de métrages ait sa place dans le paysage cinématographique, une sursaturation commence à se faire sentir. Et parfois, voir un film qui finit bien, avec des personnages qui ont un bon fond, ça fait tout simplement du bien.

C’est précisément ce que le film de Seth A. Smith nous propose. Tenant la barre tant à la réalisation qu’à l’écriture et au montage de son film, ce dernier nous offre une histoire qui aurait facilement pu être dans l’air du temps, soit pessimiste, avec ses personnages abrasifs, imparfaits et noirs, nous conduisant à une fin lugubre.

Cependant, il parvient à déjouer les attentes, ce qui apporte un vent de fraîcheur à l’histoire. Tommy aurait facilement pu être un anti-héros qui profite de la vieille dame, qui voit le pire en chacun et qui ne pense qu’à lui. Mais Seth A. Smith nous donne plutôt un personnage qui, tout en étant imparfait, a un bon fond.

Cliché ne veut pas dire mauvais

On a tendance à penser que, parce qu’un film est cliché, il est mauvais. Ce qui est faux, car un film qui sait utiliser les clichés à son avantage peut être très réussi. 

Il est vrai que les méchants sont méchants et les gentils sont gentils. Mais chaque personnage a sa place et sa saveur, ce qui les rend très attachants. Seth A. Smith a une réelle affection pour eux, se concentrant sur leur présence à l’écran plutôt que sur les décors.

Cela ne veut pas dire qu’il néglige son environnement, car il parvient à donner beaucoup de personnalité aux lieux de ses scènes, en rendant plusieurs habitations à l’image de ceux qui les occupent. 

La réalisation est efficace et ne se fait pas trop sentir. Les acteurs s’en tirent bien également, mais il faut admettre qu’il y a du surjeu dans certaines scènes et que les performances sont parfois inégales.

Il aurait aussi été agréable de voir plus d’interactions entre Tommy et Mrs. Whynot; cette dernière semble par moments disparaître du récit pour n’apparaître que lorsque le récit l’exige.

Pas besoin de plus

Permanent Damage n’est pas un grand film. Ce n’est pas non plus un genre de film qui plaît à tout le monde. Mais l’histoire est simple, sincère et ça fait la job. 

Des fois, c’est juste ça dont on a besoin. 

Permanent Damage est présentée au Festival Fantasia les 21 et 22 juillet 2026.

Fiche technique

Titre original
Permanent Damage
Durée
98 minutes
Année
2026
Pays
Canada
Réalisateur
Seth A Smith
Scénario
Seth A Smith et Darcy Spidle
Note
6.5 /10

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Fiche technique

Titre original
Permanent Damage
Durée
98 minutes
Année
2026
Pays
Canada
Réalisateur
Seth A Smith
Scénario
Seth A Smith et Darcy Spidle
Note
6.5 /10

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