
Comme Fantasia célèbre ses 30 ans cette année, j’ai souhaité vivre complètement l’expérience du festival en visionnant le plus grand nombre de films possible. Donc, comme mon horaire risque d’être très chargé et que je n’aurais ainsi pas toujours le temps de faire des critiques complètes, je vous propose un format journalier, avec non seulement des avis à chaud des films visionnés à chaque journée, mais également un compte-rendu des évènements.

Deux jumeaux croyant être des prophètes rencontrent un prêtre qu’ils tentent d’inclure dans leur mission divine.
Les films d’horreur adorent pervertir l’image religieuse. De toute façon, rendre effrayantes des croyances prônant l’altruisme et la bonté est toujours efficace. Le fanatisme religieux est aussi un aspect que les réalisateurs d’horreur aiment exploiter, comme l’a fait Mark H. Rapaport avec Godhead.
Il propose un huis clos dans lequel un prêtre fait face à deux individus qui demandent de tuer l’un d’entre eux pour qu’il rejoigne leur « Saint-Esprit ». Il en ressort un film qui n’hésite pas à prendre des tournants inattendus pour un résultat très lynchien. Le film parle moins de foi que d’innocence, et le twist finit par déjouer nos attentes.
Le tout baigne dans un noir et blanc impeccable et est appuyé par de superbes performances d’acteurs, en particulier les jumeaux. Il est juste dommage que la fin s’étire un peu et passe à côté du bon moment où il devrait s’arrêter.

Une autre critique est que le film finit par mettre fin à son ambiguïté, alors que c’est cette dernière qui fait une bonne partie du charme du film.
Godhead est présenté au festival Fantasia les 18 et 23 juillet 2026.
Bande-annonce
Titre original : Godhead
Durée : 99 minutes
Année : 2026
Pays : États-Unis, Royaume-Uni
Réalisateur : Mark H. Rapaport
Scénariste : Mark H. Rapaport
Note : 7/10

Alex, célèbre acteur du petit écran, est frustré et prêt à quitter son prochain projet télévisuel afin de voyager en Europe avec son épouse Sylvia, elle aussi actrice. Or, la réunion où il doit annoncer ses intentions éveille sa paranoïa. Il découvre que tout est filmé pour une nouvelle telenovela.
Mis à part les films de Guillermo Del Toro, Alfonso Cuarón et Alejandro González Iñárritu, le grand public n’est pas tellement familier avec le cinéma mexicain. Les productions télévisuelles les plus reconnues dans le monde sont sans doute les telenovelas, les soap operas locaux. Un univers qu’explore la réalisatrice Marcela Fernández Violante, l’une des trois premières cinéastes femmes mexicaines de l’histoire, avec Studio Q, sorti en 1980.
Cette dernière dresse un portrait satirique du milieu, non seulement en montrant les coulisses de production, mais aussi en piégeant son personnage principal, acteur de telenovela, dans une série qui reprend sa vie. On peut même penser que la réalisatrice a mis de son expérience personnelle de femme dans un milieu masculin.

La comparaison avec Truman Show est évidente, il y a même un personnage de réalisateur quasi-démiurge. Néanmoins, Studio Q se permet d’être plus sombre, car le protagoniste est au courant du subterfuge, mais semble coincé dans cette prison. Le film s’amuse à brouiller la frontière entre réalité et tournage.
Le film fait quand même son âge, tout comme les faibles moyens des productions cinématographiques mexicaines (aussi décriés dans le film), mais il reste une perle rare que l’on n’aurait peut-être jamais vue.
Studio Q est présenté au festival Fantasia le 23 juillet 2026.
Titre original : Misterio
Durée : 83 minutes
Année : 1980
Pays : Mexique
Réalisateur : Marcela Fernández Violante
Scénariste : Marcela Fernández Violante et Vicente Leñero
Note : 8/10

Le divin héritier du territoire sacré d’Ashina a été kidnappé. Son protecteur, le shinobi Sekiro doit sauver l’enfant, car l’avenir de tout Ashina en dépend.
Ayant remporté le Game of the Year aux Game Awards 2019, Sekiro : Shadows Die Twice est un jeu vidéo apprécié par beaucoup de joueurs, du moins ceux qui ont été capables de le finir. Le jeu possède en effet le gameplay exigeant qui a fait la renommée de son développeur, From Software, que l’on retrouve notamment dans les Dark Souls et Elden Ring, qui aura aussi droit à son adaptation cinématographique. Mais contrairement à un film en live-action, Sekiro a eu droit à un anime, qui a aussi été remonté pour une sortie cinéma.
Le film condense bien sûr le jeu, avec comme gros changement l’ajout du personnage de Kuro, qui est plus l’objectif du jeu et qui se voit ici intégré au récit. Cependant, le personnage est très peu intéressant.
C’est aussi le cas pour Wolf, le personnage principal. Il est sans personnalité, ce qui va avec le fait qu’il est muet dans le jeu. Ils auraient cependant pu mieux le définir dans le cadre du film. Seuls les personnages secondaires ont de la personnalité.

Et le style graphique est très léché, même si l’animation en bave parfois. Elle a quand même ses élans, comme dans le combat final, l’un des rares grands moments du film.
Sekiro: No Defeat est présenté au festival Fantasia le 23 juillet 2026.
Bande-annonce
Titre original : Sekiro: No Defeat
Durée : 107 minutes
Année : 2026
Pays : Japon
Réalisateur : Kenichi Kutsuna
Scénariste : Takuya Satou
Note : 4/10
Un an après avoir été sauvagement attaquée dans son studio de photographie par un ancien copain obsédé par elle, Seo-jin reste traumatisée par les événements ayant bien failli lui coûter la vie. Victime d’une cécité dégénérative héréditaire, ses démarches pour une greffe cornéenne sont interrompues par le présumé suicide de sa sœur jumelle, Seo-in, au même moment où son agresseur est relâché. Persuadée qu’il s’agit d’un meurtre perpétré en guise de vengeance envers elle, Seo-jin emménage dans la maison de sa frangine située à la campagne où elle trouve le cellulaire de cette dernière lui permettant de consulter ses précédentes communications.

Le réalisateur Yeom Ji-Ho, ayant auparavant présenté son premier film Next Door à Fantasia en 2022, s’inspire cette fois-ci du film espagnol Julia’s Eyes, sorti en 2010. Il s’agit néanmoins du cinquième remake du film, ayant été adapté quatre fois en Inde.
Et si l’histoire du remake coréen est fidèle à l’original, on en vient à se demander pourquoi il a été adapté cinq fois. Le scénario est prévisible et est un gros ramassis de clichés de thrillers, que ce soit la personne avec des informations qui est assassiné, le dangereux criminel comme suspect principal et même un voisin handicapé mental qui n’est pas pris au sérieux alors qu’il en sait plus.
Et c’est sans parler du twist. Sans spoiler, il reprend un grand classique hollywoodien. Cependant, le film étire cette révélation alors qu’il n’en avait pas besoin.
D’ailleurs, c’est bien dommage que le film souffre d’un script quelconque, car il a beaucoup de potentiel, une réalisation léchée et de très bonnes scènes. Mais tout ça est difficile à percevoir.
The eyes est présenté au festival Fantasia le 23 juillet 2026.
Bande-annonce
Titre original : Nundongja
Durée : 104 minutes
Année : 2026
Pays : Corée du Sud
Réalisateur : Yeom Ji-ho
Scénariste : Yeom Ji-ho
Note : 4/10
© 2023 Le petit septième