
「狼に噛まれて」
[J’ai été mordue par un loup.]

Le film s’ouvre sur un rêve. Une poupée aux cheveux roux, un verre embué et les bruits de l’été se mêlent au tic-tac d’une horloge grand-père. Miki (Serena Motola), une jeune femme de 27 ans qui travaille dans un cabinet d’architecture, se réveille dans son petit appartement, tirée de ses souvenirs encore embrumés par le sommeil. Le monde de Miki est calme et étrange, mais il sera bientôt bouleversé par une expérience transformatrice qui la changera à jamais. La vie de Miki, sorte de brouillard mêlant souvenirs, rêves et réalité, commence à s’effondrer. Alors qu’elle reconstitue ce qui lui est arrivé, des souvenirs d’une morsure de loup lui reviennent, mais personne ne la croit.
Avec When you open the door (と びら を あけ たら), Eriko Katagiri propose un film sur l’isolement féminin qui mise sur la lenteur et l’inconfort.
When you open the door explore l’isolement et l’aliénation au féminin avec une singularité troublante. Le film impose une langueur cotonneuse, instaurant un rythme hypnotique, aussi inconfortable que contagieux.

Mais cette lenteur ne rend pas service au film, puisqu’il devient presque endormant. Bien que l’inconfort ressenti soit une belle réussite, le spectateur finit par sortir de cette hypnose par manque d’intérêt. Il se passe trop peu de choses pour garder l’intérêt de celui qui regarde.
Cela dit, Serena Motola, habitée par son rôle de Miki, livre une performance physique saisissante, nourrie par les réminiscences hantées d’un passé douloureux. Malgré la rareté des dialogues, elle déploie un spectre émotionnel d’une grande richesse, tout en maintenant le spectateur à une distance volontaire. Le talent de Katagiri s’affirme ici dans sa capacité à extérioriser l’intériorité de ses protagonistes, convoquant le montage et l’association d’idées pour nous aspirer, dans son univers.
Ceux qui accepteront de se laisser consumer par l’esprit de Miki se retrouveront bientôt happés par l’une des relectures du mythe du loup-garou les plus singulières jamais portées à l’écran.

Le mythe du vampire a été revu, celui du zombie aussi. C’est maintenant au tour du loup-garou de se voir offrir une nouvelle jeunesse. La réalisatrice japonaise prend un grand risque en sortant des clichés du film de loup-garou. Oubliez la grande violence, oubliez la transformation brutale en un monstre sanguinaire. Ici, le lycanthrope se mélange à l’univers de la métaphysique. La créature est-elle réelle ou fait-elle partie de l’intériorité du personnage? Les dégâts sont plus psychologiques que physiques. Mais ce choix se double d’un manque de terreur dans ce film qui se veut, à la base, un film d’horreur.
When you open the door bascule dans le réalisme magique et oublie ses promesses de départ. Le résultat est un film qui ne fait pas peur et qui ne crée pas de nœud dans l’estomac, mais plutôt une œuvre qui amène du nouveau à un thème qui n’a rien vu de rafraichissant en plus de 30 ans.
When you open the door (と びら を あけ たら) est présenté à Fantasia le 25 juillet 2026.
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