
« On trouve de la beauté n’importe où, et c’est pas désagréable. »

Ayant quitté Paris après un burn-out, Hélène (Mélanie Thierry) rentre chez elle, là où elle a grandi, dans l’est de la France, un territoire familier, mais qui pourtant lui semble étranger après des années d’absence.
Lors d’une soirée, elle recroise le chemin de Christophe (Bastien Bouillon), le beau hockeyeur de ses années de lycée, figure d’un passé resté intact dans ses souvenirs. Leur romance naissante, petit à petit, met en lumière deux mondes que tout oppose, soulevant des questions de classes sociales, de déterminisme et de choix de vie, mais aussi de trajectoires personnelles, de renoncements et de désirs inassouvis.
Connemara est le dernier et 5e film d’Alex Lutz. L’acteur, humoriste, metteur en scène et réalisateur a par le passé énormément mis en scène et écrit pour le théâtre; on le retrouve ici dans une œuvre plus intime, mais toujours traversée par une forte conscience sociale. Le film raconte avant tout une forme de retour : retour au territoire, retour à soi, mais aussi confrontation entre ce que l’on est devenu et ce que l’on aurait pu être.

Deux ans après Une nuit, sélectionné à Un Certain Regard à Cannes, Alex Lutz revient à Cannes en 2025 dans la section Cannes Première, avec cette fois-ci une adaptation du roman de Nicolas Mathieu, Connemara. Il nourrit depuis longtemps un intérêt pour l’œuvre de l’écrivain, notamment depuis Leurs enfants après eux, lauréat du prix Goncourt en 2018. Il souhaitait d’ailleurs adapter ce roman, mais les droits n’étaient plus disponibles, le projet ayant été confié aux frères Zoran et Ludovic Boukherma.
On pourra retrouver le film sur grand écran au Québec cet été. On y retrouve un parallèle évident avec Simple comme Sylvain de Monia Chokri. Comme dans ce film, la relation amoureuse devient un espace de tension entre deux milieux sociaux, deux façons de parler, de penser, d’aimer. Le film joue alors sur ces écarts, parfois avec humour, parfois avec une forme de mélancolie, mais dans l’ensemble avec une certaine lourdeur.

Bastien Bouillon, acteur central du cinéma français contemporain, a déjà incarné des rôles similaires, avec notamment Partir un jour, où il explorait déjà des dynamiques assez proches de Connemara, mais aussi Simple comme Sylvain : celles d’hommes ancrés dans un territoire, confrontés à des femmes en mouvement, en décalage avec leur environnement d’origine. Ici encore, il représente une forme de stabilité apparente, presque brute, face à une héroïne en crise, ce qui renforce l’opposition des univers tout en créant une véritable tension émotionnelle.
Au final, Connemara s’inscrit dans une continuité de récits sur le choc des milieux sociaux et des différences de trajectoires, mais peine souvent à renouveler pleinement ces enjeux malgré la justesse de ses interprètes (Bastien Bouillon et Mélanie Thierry) et la pertinence des thématiques abordées.
Ainsi, le film tente aussi de raconter une histoire d’amour, mais en le faisant de manière assez maladroite, presque bourrue, sans grande subtilité, en cherchant à montrer comment les individus sont façonnés par leur environnement et à quel point il est parfois difficile, voire impossible, de s’en détacher complètement.
Bande-annonce
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