
« Ta fille… Elle part demain? »

Après avoir été en froid pendant plusieurs années avec ses parents, Isabelle (Romane Denis) décide de retourner à la maison familiale lorsqu’elle apprend que son père est malade. À son arrivée, sa mère Thérèse (Marie-Thérèse Fortin) lui annonce la mort subite de son père Maurice (Richard Fréchette) il y a quelques jours.
Isabelle est bouleversée de constater que sa mère ne l’a pas prévenue au moment du décès. Pire encore, elle remarque que sa mère semble perdue, comme si son esprit n’était plus tout à fait là. Malgré la présence du voisin Hubert Toupin (Sylvain Marcel), un ancien docteur à la retraite, qui semble s’occuper de Thérèse, Isabelle décide de rester une semaine de plus, pour prendre soin de sa mère.
Cependant, la présence de sa fille semble rendre Thérèse encore plus agitée, tout comme le docteur Toupin. Au fil des jours, Isabelle se rend compte que les apparences sont trompeuses et que le docteur Toupin semble être lié à tout cela.
Il est rare au Québec de voir des films d’horreur, encore plus avec une touche de fantaisie. Raymond St-Jean sort donc des sentiers battus et nous offre une histoire angoissante et prenante, remplie de mystères.
Les acteurs donnent tous des performances solides, spécialement Sylvain Marcel, imposant de sa seule présence. Marie-Thérèse Fortin s’efface également dans son rôle, vulnérable à souhait, ce qui nous permet de comprendre la tristesse et la peur d’Isabelle.

Malheureusement, l’horreur de l’intrigue repose davantage sur les transformations corporelles de certains personnages, plutôt que sur l’ambiance du récit. Les deux premiers tiers du film sont plutôt fades et le visuel n’a pas une identité très marquée. Il y a certes quelques éclairages et décors qui donnent un peu de personnalité, mais c’est surtout dans le dernier acte du film qu’on constate le véritable potentiel du film.
Une grande force du film est dans le travail des maquillages et des prothèses. Le résultat rend très bien et renforce le sentiment d’horreur, dans les moments un peu plus fades du récit.
Je tiens à prendre un moment pour parler de quelque chose d’un peu inhabituel; le générique de fin. Il est tout simplement magnifique. Nous sommes habitués de voir un générique sur fond noir avec le nom des artisans du film. Parfois, une partie du générique offre une séquence plus colorée, mais la norme veut que le générique finisse par défiler sur un fond uniforme, souvent noir.

Nervures nous offre des images magnifiques jusqu’à la dernière seconde de son générique. La musique est angoissante et atmosphérique, quasiment hypnotisante. On peut presque se demander où se trouvait cette ambiance dans le début du film et pourquoi c’est simplement relégué au générique de fin.
Raymond St-Jean nous offre un film divertissant, bien que son esthétique et son atmosphère auraient pu être plus élaborées. Cela se remarque encore plus lorsqu’on compare le début avec le générique de fin du film. Mais il est agréable de voir un réalisateur qui ose et qui prend des risques. Et il est important d’encourager ce genre d’œuvre, afin que notre cinéma puisse se diversifier et nous offrir de la diversité.
Bande-annonce
© 2023 Le petit septième