
« Why not just treat every day like a vacay? »
[Pourquoi pas vivre chaque jour comme une fête?]

Amber (Helena Howard) et ses quatre meilleures amies fuient Los Angeles pour un week-end entre filles à Joshua Tree, mais se retrouvent mal accueillies dans cette ville désertique où règne une hostilité sourde. L’isolement s’installe et les rencontres avec les habitants agressifs deviennent de plus en plus menaçantes, faisant ressurgir des ressentiments latents au sein du groupe. Ce qui avait commencé comme une escapade insouciante et amusante dégénère en une lutte violente pour le contrôle et la survie, tandis que les blessures du passé et les dangers présents s’entrechoquent lors d’une nuit qui transforme leur voyage en un cauchemar assoiffé de vengeance.
Avec Find your friends, Izabel Pakzad offre 90 minutes d’ennui, pour 5 minutes de plaisir. C’est aussi un film qui confond féminisme et stupidité.
Normalement, une critique traite principalement du film, et moins de l’intention. Mais dans ce cas-ci, l’un est difficilement dissociable de l’autre. Et honnêtement, lorsque j’ai appris ce qui a motivé la réalisatrice à faire ce film, je me suis dit que je devais aller au-delà du mauvais film pour critiquer aussi l’intention derrière l’œuvre. Voyons donc ce qu’en dit la réalisatrice, et partons de là.
« I had the idea to write a thriller set in Joshua Tree after my own real-life experience of being harassed and then chased by a group of men when I was there with my best friends. It was terrifying, and the experience really rattled me – it forced me to confront just how exposed I am as a woman in certain situations. This experience inspired me to dig deeper, and in writing this script, I saw the story as an opportunity to explore feminism and the patriarchy in an honest, brutal, and unflinching way. »
[L’idée d’écrire un thriller se déroulant à Joshua Tree m’est venue après avoir vécu une agression : j’y ai été harcelée puis poursuivie par un groupe d’hommes alors que j’étais avec mes meilleures amies. C’était terrifiant et cette expérience m’a profondément marquée. Elle m’a obligée à prendre conscience de ma vulnérabilité en tant que femme dans certaines situations. Cette expérience m’a poussée à approfondir ma réflexion et, en écrivant ce scénario, j’ai vu dans cette histoire l’occasion d’explorer le féminisme et le patriarcat de manière honnête, brutale et sans concession.]
Je crois que la réalisatrice confond le féminisme avec l’égocentrisme. Les filles du film n’ont rien d’un groupe de femmes féministes. Ce n’est pas parce que tu couches à gauche et à droite ou que tu te permets d’exciter un gars pour ensuite lui dire que tu ne veux pas baiser avec que tu es une féministe. Tu es juste immature, voire irrespectueuse. Et comprenez-moi bien. Une fille a totalement le droit de dire non ou de changer d’idée à n’importe quel moment dans un acte sexuel. Mais lorsque le plan de départ est d’exciter un autre gars pour rendre ton ex jaloux, ou de prendre la cocaïne d’un groupe d’hommes pour ensuite les envoyer chier, tu cours après le trouble. Encore-là, je ne dis pas que ces filles méritent de se faire agresser. Mais si un gars fait la même chose, il s’arrange aussi pour trouver des ennuis. C’est donc très difficile de voir ces femmes comme des victimes.
« It’s important to mention that these characters are confronting this party culture that raised them. While they navigate their complicated friendships and differing perspectives on their relationships with men and sex, they do so in a raw, unapologetically wild way—traits rarely given space for female characters in film. »
[Il est important de souligner que ces personnages se confrontent à la culture festive qui les a élevées. Tout en explorant leurs amitiés complexes et leurs points de vue divergents sur leurs relations avec les hommes et la sexualité, elles le font avec une spontanéité et une liberté décomplexées – des traits rarement mis en avant chez les personnages féminins au cinéma.]
Une chance qu’Izabel Pakzad explique cette « confrontation », car en regardant le film, on ne le voit vraiment, vraiment pas. Au contraire, ces filles agissent comme de bonnes petites filles de riches qui abusent de leurs bénéfices et se croient au-dessus de la mêlée.

Il faut aussi arrêter de voir la « liberté » de faire ce qu’on veut, comme on veut sans devoir rien à qui que ce soit comme un droit. Être libre ça vient avec des responsabilités. Clairement, ce concept échappe à la réalisatrice et à ses personnages. Tu fais chier des gens dangereux? Tu vas probablement te faire tabasser. Tu es libre de faire ce choix. Mais tu vas devoir accepter les conséquences de tes actes.
« I love genre films so much, but the final girl trope has always frustrated me—this insistence that women must be sweet and innocent to earn survival. Find Your Friends rejects that entirely. My characters are vulgar, wild, and sexually empowered without consequence. They reclaim their power through violence and chaos rather than virtue. Young women in cinema are rarely allowed this kind of raw complexity without punishment. With this film, I’m not just challenging the final girl—I’m completely reinventing what she can be. »
[J’adore les films de genre, mais le cliché de la « final girl » m’a toujours agacée : cette injonction à ce que les femmes soient douces et innocentes pour survivre. « Find Your Friends » rejette ce cliché en bloc. Mes personnages sont vulgaires, sauvages et sexuellement émancipés sans en subir les conséquences. Elles reprennent le pouvoir par la violence et le chaos plutôt que par la vertu. Au cinéma, les jeunes femmes ont rarement droit à une telle complexité brute sans être punies. Avec ce film, je ne me contente pas de remettre en question le concept de la « final girl »; je le réinvente complètement.]
Je suis d’accord avec le fait qu’une fille doive être vertueuse pour survivre dans un film d’horreur est dépassé. Mais au final, Amber est celle qui dit aux autres qu’il faudrait peut-être envisager de changer de vie. Oui, il y a d’autres survivantes beaucoup moins « propres », et c’est tant mieux. Quoi que déjà, après 5 minutes, j’espérais que les 5 filles se feraient violemment massacrer. Au moins, il y a une scène cool où les filles torturent un homme.
Par contre, de là à dire que ses personnages sont plus complexes et profonds que ce qu’on a l’habitude de voir, et de croire qu’avec son film la réalisatrice réinvente le genre… Peut-être qu’elle devrait voir plus de films. Parce qu’au final, on se retrouve avec un film d’un grand ennui, avec des personnages principaux qui sont tout sauf attachants. Heureusement que je sais que le féminisme ce n’est pas ça.
Bon… Et le film dans tout ça? Il est plate. On passe la moitié du film (si ce n’est pas le ¾) à regarder un groupe de filles agaçantes faire la fête, boire une quantité astronomique d’alcool et absorber une quantité de drogues aberrante. Mais pas d’intrigue.

C’est tellement long avant que quelque chose d’intéressant se produise qu’on a presque envie d’arrêter le film et d’aller plier son linge – ce qui serait vraiment plus excitant. Il y a tellement de trucs illogiques en plus, qu’on en vient à décrocher encore plus. En commençant par le fameux bol à punch qu’Amber éclate sur la tête d’un gars. Jamais un bol n’aurait éclaté ainsi, et jamais le gars s’en serait remis aussi simplement si ça avait été le cas.
J’aime beaucoup, aussi, à quel point c’est facile de trouver un Uber au milieu du désert, en pleine nuit, et comment il est facile de s’attaquer à une personne dans ce même endroit. Ensuite, on essaie de nous faire croire que ces filles ont vécu des traumatismes qui influencent leurs actions. Oui, tu as vécu des situations où tu as eu peur en présence d’hommes étrangers, mais tu pars seule, au milieu de la nuit, dans un endroit que tu ne connais pas, pour aller continuer le party après que ton amie dise avoir été attaquée. Oui, d’accord. Ça me va. Après, dis-moi que je dois y croire…
Je me questionne aussi sur la capacité réelle d’une personne de leur grosseur à supporter autant d’alcool en aussi peu de temps, sans avoir l’air le moindrement maganée. Mais bon…
Un film n’a pas besoin d’être réaliste pour fonctionner. Mais il doit être vraisemblable. Les actions ou les événements doivent être logiques dans l’univers dans lequel elles se produisent. Ce n’est pas le cas ici. Mais, en même temps, est-ce que je devrais vraiment être surpris.

Je disais, il y a moins d’un mois, que je suis naïf de continuer à croire que des films d’horreur américains peuvent être bons. Me voici encore à choisir un film américain en espérant qu’il serait bien. Non, je ne m’attendais pas à un chef-d’œuvre. Mais j’espérais avoir un bon divertissement, et ce n’est pas le cas avec Find your friends.
Plutôt que de trouver vos amies, je vous suggère de trouver autre chose à regarder. À moins, bien sûr, que vous vouliez chialer contre une femme qui confond le féminisme et l’égocentrisme…
Bande-annonce
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