Nagi Note - Une

[Cannes] Nagi Notes – Une parenthèse hors du temps  

« — Tu as fait bon voyage?
— Oui, mais c’était long, plus l’on qu’un voyage à l’étranger »

Nagi Notes est le premier film des 22 films de la compétition officielle à être présenté aux festivaliers. Le tout dans une atmosphère calme qui nous transporte : le film instaure une sérénité et une douceur qui apaisent dès les premières minutes.

La cambrousse japonaise

On y suit Yuri (Shizuka Ishibashi), une architecte divorcée, rendant visite à son ancienne belle-sœur Yoriko (Takako Matsu), sculptrice installée dans le village de Nagi. Ce séjour, d’abord envisagé comme une simple parenthèse, prend une tournure inattendue lorsque Yuri accepte de poser pour elle. Au fil des séances, les silences se peuplent de souvenirs, et un lien profond, longtemps enfoui, ressurgit entre les deux femmes. Loin de l’agitation de Tokyo, Yuri se laisse gagner par la douceur du quotidien rural et la vie des habitants. Les jours passent comme suspendus, comme si quelque chose, ici, l’invitait à rester, presque malgré elle.

Nagi Note - La cambrousse japonaise

Le film met à l’honneur la campagne japonaise, cet arrière-pays oublié, mais véritable havre de paix. Ce calme et cette sérénité sont retranscrits à merveille à travers un rythme lent, mais jamais ennuyeux, porté par des espaces et des paysages variés : des sentiers de forêt dense au musée contemporain de la ville, en passant par les rizières. La mise en scène prend le temps de regarder, de laisser respirer les lieux, et cela participe pleinement à la narration du film.

Le temps c’est figé

Nagi Notes est aussi une fresque sentimentale, où les émotions, les désires se croisent et s’entremêlent, à travers les âges : il n’est jamais trop tard pour se découvrir, ni pour redéfinir ses liens. Yoriko, sculptrice, façonne le portrait de Yuri. 

Yoriko (Takako Matsu), prend Yuri (Shizuka Ishibashi) pour modèle
Yoriko (Takako Matsu), prend Yuri (Shizuka Ishibashi) pour modèle

La sculpture, immobile et figée, semble refléter leurs quotidiens parfois trop linéaires, comme mis en pause, tout en laissant apparaître ce qui se cache sous la surface.

Le travail de Kōji Fukada

Kōji Fukada (Au revoir l’été, Harmonium, Love on Trial…) signe ici un nouveau film envoûtant, aux paysages remarquables. Certains plans sont travaillés à la manière de représentations picturales, presque comme des tableaux. Le film se démarque aussi par son rythme, la manière dont Fukada joue avec le temps est remarquable et lui est propre, il prend le temps, il ne grille pas les étapes évoquant par moments une forme d’Éric Rohmer asiatique. Le réalisateur a toujours eu à cœur de montrer les marginaux de la société japonaise, avec une grande sensibilité.

Nagi Note et son réalisateur, n’oublient pas de montrer ou semer, ce qui se passe au-delà des frontières de cette campagne. Les conflits, notamment la guerre en Ukraine, sont cités à plusieurs reprises à travers la télévision et la radio. S’y ajoutent les exercices de tir, étranges, voire inquiétants, de la base militaire toute proche, mais à la fois lointaine, sans jamais que l’on ne sache vraiment à quelle distance elle se trouve. Comme si, où que nous soyons, nous restions concernés par ce qui nous entoure.

Nagi note est présenté à Cannes les 13 et 14 mai 2026.

Bande-annonce  

Fiche technique

Titre original
ナギダイアリー
Durée
110 minutes
Année
2026
Pays
Japon / France / Singapour / Philippines
Réalisateur
Fukada Koji
Scénario
Fukada Koji
Note
7 /10

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Fiche technique

Titre original
ナギダイアリー
Durée
110 minutes
Année
2026
Pays
Japon / France / Singapour / Philippines
Réalisateur
Fukada Koji
Scénario
Fukada Koji
Note
7 /10

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