
Depuis plusieurs années, le Festival Accès Asie est en haut de ma liste lorsqu’on me demande quel est mon festival préféré. L’année dernière je n’avais pas pu aller à l’ouverture, et j’en étais bien triste. C’était donc avec un grand plaisir que j’y allais cette année.
Plusieurs surprises m’attendaient, moi qui étais habitué à certaines choses qu’on nous offrait chaque année lors de cette célébration de l’héritage asiatique. Pas juste des bonnes, malheureusement…
Ma première surprise a été de réaliser que cette année l’événement n’avait pas lieu au Conseil des arts de Montréal. J’ai toujours trouvé que ce lieu était magnifique, et pour moi, c’était associé à l’ouverture d’Accès Asie. La beauté de ce lieu a été remplacée par le pas très invitant Toscadura. Je n’ai rien de particulier contre ce club espagnol, mais c’est crade. Désolé. C’est petit, c’est sale et c’est cher.
Oui, ma deuxième déception était de constater que le vin offert gratuitement pour célébrer l’ouverture du festival avait été remplacé par de la bière à 9.50$. Depuis quand un festival n’offre pas une consommation lors de la présentation festive de sa programmation?
Parlons-en de la présentation de la programmation… Le numéro d’ouverture, présenté par Soleil Launière, n’avait de positif que la présence de la fillette de l’artiste qui rendait tout ça mignon à souhait en essayant de rester caché dans la jupe de sa mère. Sinon, j’avais l’impression d’assister à un rassemblement new age. D’ailleurs, je veux bien la petite introduction dans la langue autochtone de l’artiste. Mais si personne ne traduit, on comprend fuck all à ce que tu nous racontes, fille! Tu veux que je m’intéresse à ta langue? Raconte-moi ton truc dans cette langue et traduit du mieux que tu peux. Sinon c’est juste long. Ensuite on se retrouve avec Ziya Tabassia, le directeur artistique, qui fait semblant que c’était touchant et magnifique. Le malaise.

Après cette performance, il y a eu l’interminable présentation des événements de l’édition 2026 du festival. Je me permets une petite suggestion pour les prochaines fois : ajouter des images ou des vidéos en arrière-plan afin qu’on voie un peu ce que seront ces événements. Ce sera moins long. Aussi, il faut arrêter de dire à chaque fois qu’on présente un des show que l’artiste est peut-être dans la salle. Quand il y a tout au plus une cinquantaine de personnes, essaie de donner l’impression qu’il n’y a pas que les membres du festival qui sont là.
Je ne sais pas ce qui est arrivé à mon festival préféré, mais j’espère que le reste du festival ne sera pas aussi pénible que la soirée d’ouverture.
Il y a tout de même eu du bon lors de cette soirée. La performance du duo formé de Komodo et Ran Wang était vibrante. Les deux artistes d’origine chinoise ont offert un des meilleurs numéros des dernières années (proposés lors de l’ouverture). En débutant par une musique traditionnelle au guzheng, Ran Wang a créé une ambiance douce amenant les spectateurs quelques siècles en arrière. Elle a commencé seule, puis Komodo est venu la rejoindre sur scène offrant une danse traditionnelle pour accompagner la douce musique.

Mais ce qui a rendu cette performance mémorable c’est ce moment précis où la musique s’arrête pour soudainement repartir en intégrant un beat électro. En une seconde on est passé du 17e siècle à 2026. La musique classique à été remplacée par un rythme moderne – toujours au guzheng – très entraînant. On dit souvent qu’un petit détail peut faire une grande différence, n’est-ce pas? Ici, c’est l’ajout de petites lunettes de soleil aux yeux de Komodo.

Si seulement il y avait eu plus de gens pour voir ce duo… Du monde comme lorsque le festival ouvrait au Conseil des arts de Montréal, devant plus de 200 personnes…
Espérons que les deux événements auxquels j’assisterai auront la qualité à laquelle le festival m’a habitué par le passé.
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