
« Je me dis que, d’aussi loin que je me souvienne, il a toujours été une invitation, une invitation à le suivre, à l’accompagner. »

T’es où Philippe Katerine est avant tout un documentaire sur l’amitié, avant même de raconter le parcours de l’artiste. Gaëtan Chataigner, ami d’enfance et réalisateur avec qui il a grandi en Vendée, a voulu, à travers ce film, montrer à sa manière qui est vraiment Philippe Katerine.
Même si peu de gens ignorent aujourd’hui son nom, rappelons brièvement son parcours. Né en 1968, Philippe Katerine est un artiste français à l’univers décalé, connu pour son humour absurde.
Il est à la fois chanteur, acteur et réalisateur. Il s’est fait connaître avec des titres électro-pop minimalistes et loufoques, comme Louxor j’adore, La Reine d’Angleterre ou encore La banane, qui ont marqué les années 2000.

Au cinéma, il mène également une carrière d’acteur crédible, incarnant souvent des personnages atypiques, à son image. Il a notamment remporté le César du meilleur acteur dans un second rôle en 2019 pour Le Grand Bain. Il est aussi le fondateur du mouvement Mignonisme, qui a envahi Montréal et Québec à l’été 2024 avec ses bonshommes roses.
Ce documentaire voit le jour après la cérémonie des Jeux olympiques, où Philippe Katerine interprète son titre Nu, peint en bleu et entouré de drag queens sur la passerelle Debilly à Paris. C’est à ce moment-là que Gaëtan Chataigner se demande comment Philippe Blanchard, son ami d’enfance, est devenu Philippe Katerine.
Le réalisateur se replonge alors dans des images filmées au fil des années, que ce soit en tournée, dans son quotidien à la campagne ou entouré de ses proches, comme sa fille, sa mère et sa chienne Zouzou. Il brosse ainsi un portrait intime et sensible. On y découvre un créateur atypique dès ses débuts. Le documentaire suit son évolution, de son enfance en Vendée jusqu’à sa reconnaissance publique, tout en mettant en lumière leur amitié de plus de quarante ans.

Mais ce qui fait surtout la force du film, c’est aussi son écriture et son rythme. Le ton, souvent humoristique, fait écho à la personnalité de Katerine. Le documentaire prend le temps de regarder, de suivre, de laisser exister l’artiste. Il ne cherche pas à tout expliquer, mais plutôt à montrer avec ses propres yeux, étant un proche privilégié.
Il en ressort le portrait d’un artiste libre, porté par une forme de folie naïve et une grande liberté d’expression, capable de rassembler autant que de déstabiliser. Un portrait qui plaît, mais qui a aussi longtemps pu diviser par le passé.
La séance s’est clôturée par un échange avec le réalisateur et l’artiste. Cet échange donnait presque l’impression de prolonger le documentaire lui-même, brouillant la frontière entre l’artiste et le personnage. Une discussion à l’image de Katerine : haute en couleur, parfois floue et volontairement décalée, malgré des questions pertinentes. Le public, lui, semblait surtout vouloir partager un moment avec l’artiste, allant jusqu’à chanter avec lui, au détriment des questions.
T’es où Philippe Katerine est présenté au FIFA les 18 et 21 mars 2026.
Bande-annonce
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