
La programmation de la 79e édition du Festival de Cannes a été dévoilée ce jeudi 9 avril, soit un peu plus d’un mois avant le début de l’événement, qui se déroulera du 12 au 23 mai 2026. Comme chaque année, la majorité des projections auront lieu au Palais des Festivals, situé sur la Croisette à Cannes.
Le réalisateur Park Chan-Wook sera le président du jury de la 79e édition du festival, une première pour le cinéma Coréen. Habitué de Cannes depuis sa première sélection, il y a 26 ans, (Joint Security Area, 2000), il a depuis remporté trois prix, dont le prestigieux Grand Prix pour son film Old Boy (en 2004), qui lui a permis d’avoir une renommée internationale.
Deux Palmes d’or d’honneur seront décernées. L’une lors de la cérémonie d’ouverture, remise à Peter Jackson, connu pour ses adaptations des romans de Tolkien (avec ses deux trilogies, Le Seigneur des Anneaux et Le Hobbit). Et la deuxième à Barbra Streisand, durant la cérémonie de clôture. À la fois actrice, réalisatrice, productrice, scénariste, chanteuse et autrice-compositrice, elle cumule pas moins de 19 interprétations, 3 réalisations, 2 Oscars et 11 Golden Globes, étant la première femme à remporter celui de la meilleure réalisation en 1984.
Comme à son habitude depuis maintenant 2021, le Festival de Cannes s’articule autour de six sections majeures. La sélection officielle, véritable vitrine de l’événement supervisée par les équipes de Thierry Frémaux, son délégué général, qui se divise entre la Compétition officielle, un Certain Regard, les Séances spéciales, Cannes Première,les séances de minuit et enfin les films Hors Compétitions.
La Compétition officielle constitue la pierre angulaire du festival, celle dont rêvent tous les cinéastes puisque la prestigieuse Palme d’Or y est décernée. D’autres récompenses majeures y sont également attribuées : le Grand Prix, le Prix du jury, le Prix du scénario, les Prix d’interprétation féminine et masculine et le Prix de la mise en scènes. Il arrive cependant qu’un « prix spécial » soit parfois attribué à titre exceptionnel, souvent en prix de consolation. C’est au sein de cette sélection que le jury officiel remet les 7 prix emblématiques du festival.

Cette année, on pourra découvrir le film Coward de Lukas Dhont, qui porte sur la Première Guerre mondiale, Hope de du réalisateur coréen Na Hong-jin, qui signe ici un film de genre situé dans une ville portuaire, avec un casting occidental composé de Michael Fassbender et Alicia Vikander. Mais également, avec Notre Salut, Emmanuel Marre propose une chronique de la vie quotidienne française sous le régime de Vichy (1940-1944).
La section Un Certain Regard met en lumière les premières réalisations et des cinéastes issues de pays dont la production cinématographique est peu exposée (comme cette année avec Les Éléphants dans la brume, de la réalisatrice népalaise Abinash Bikram Shah). C’est également une catégorie compétitive où le jury, encore inconnu pour le moment, aura le loisir d’allouer les prix Un Certain Regard, mais aussi d’autres prix de leur invention : « Prix de nouvelle voix », « Prix d’ensemble », « Prix de la jeunesse », etc.
Dans cette sélection, on pourra découvrir le premier film de Jordan Firstman, Club Kid, qui narre l’histoire d’un organisateur de soirées underground contraint, du jour au lendemain, de s’occuper d’un fils dont il ignorait l’existence, oscillant entre responsabilités et soif de liberté. Le Corset, de Louis Clichy, est un récit d’apprentissage sur l’adolescence dans le monde agricole. Réalisé en animation 2D dans un style aquarelle, il dépeint les contraintes physiques et les difficultés familiales de cette jeunesse. Enfin, Les Éléphants dans la brume d’Abinash Bikram Shah, retrace le dilemme d’une matriarche au sein d’une communauté Kinnar au Népal. Alors qu’elle rêve de fuir vers une vie simple avec l’homme qu’elle aime, la disparition d’une de ses filles va brutalement la ramener à ses responsabilités.
Le Hors Compétitions accueille généralement les blockbusters hollywoodiens, ou de grands films français. S’ils ne sont pas jugés assez « auteur » pour concourir en compétition, ils permettent néanmoins d’attirer les stars sur le tapis rouge et de bénéficier de l’immense exposition médiatique du festival.
De beaux noms figurent dans la catégorie Hors Compétition, à l’image d’Antonin Baudry. Son film consacré au général Charles de Gaulle, La Bataille de Gaulle : L’Âge de fer, vient se concentrer sur la signature de l’armistice en juin 1940, avec Simon Abkarian dans le rôle-titre. Il sera également possible de découvrir le nouveau long-métrage d’Agnès Jaoui, L’Objet du délit, qui met en scène Daniel Auteuil et Eye Haïdara, la maîtresse de cérémonie de cette édition! Enfin, Marion Cotillard sera de la partie dans le film de son ex-compagnon Guillaume Canet, Karma, un thriller psychologique au casting tricolore.
Séances spéciales ou Séances de minuit, le prolongement de cette section. C’est le terrain de visionnage des documentaires et des films dits « inclassable ». Les séances de minuits quant à elles, se déroulent dans le Grand théâtre Lumières, à minuit… dans une ambiance plus décontractée.
Il sera possible de découvrir le dernier film de Quentin Dupieux, Full Phil, qui surprend par son casting international réunissant Woody Harrelson, Kristen Stewart et la comédienne québécoise Charlotte Le Bon. Le réalisateur sud-coréen Yeon Sang-ho, également cette sélection, est de retour, huit ans après Dernier train pour Busan, avec son nouveau film Colony, où il explore à nouveau le thème des zombies à travers un virus inédit. Enfin, place à l’animation avec Jim Queen de Marco Nguyen et Nicolas Athané. Ce film haut en couleur, déjanté et queer, suit Jim, icône de la scène gay parisienne, qui voit sa vie basculer lorsqu’il contracte un virus transformant les hommes gays en hétérosexuels.
Enfin, Cannes Premières, la section la plus récente et non compétitive, permet au comité de sélection de mettre la lumière sur des avant-premières au casting prestigieux mais aussi d’offrir une place de choix aux cinéastes confirmés qui n’ont pas été retenus pour la compétition officielle.
On y retrouve La Troisième Nuit, réalisé par et avec Daniel Auteuil. Le film retrace le destin de Gilbert Lesage, qui sauva de nombreux Juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Autre avant-première attendue : Vol de nuit pour Los Angeles, le premier long-métrage de John Travolta. Il s’agit de l’adaptation de son propre roman, Propeller One-Way Night Coach, inspiré de ses souvenirs d’enfance. Enfin, Kukojuro (Le Château d’Arioka) de Kiyoshi Kurosawa nous transporte dans le Japon féodal, où l’on suit l’enquête sur le mystérieux meurtre d’un samouraï.
Comme chaque année, les habitués du festival, anciens lauréats ou figures bien connues de Cannes sont de retour. Le Roumain Cristian Mungiu, avec son film Fjord, retrace l’histoire d’une famille norvégienne (avec Renate Reinsve et Sebastian Stan dans les rôles de la mère et du père). On retrouve aussi le Japonais Kore-eda qui présente, avec Sheep in the Box, un film très actuel portant sur un couple accueillant sous son toit un robot de dernière génération. L’Iranien Asghar Farhadi revient avec son film Histoires parallèles et un casting français XXL (Isabelle Huppert, Virginie Efira, Vincent Cassel, Pierre Niney et Catherine Deneuve). Citons également Pedro Almodóvar pour une énième sélection avec Amarga Navidad (Autofiction en français) et le Russe Andrey Zvyagintsev qui fait son grand retour avec Minotaure, présenté comme un remake de La Femme infidèle, le film de Claude Chabrol.
De nombreux films explorent le monde du cinéma, comme El ser querido de Rodrigo Sorogoyen, qui suit la relation père-fille entre un réalisateur (Javier Bardem) et une actrice (Victoria Luengo). On retrouve cette thématique chez son compatriote Pedro Almodóvar, qui retrace le parcours créatif d’une réalisatrice en manque d’inspiration. Curieusement, ce film est déjà sorti en Espagne le mois dernier, une chose qui, normalement, ne permet pas à une œuvre d’être présentée en compétition… Enfin, Bertrand Mandico propose en séance de minuit Roma Elastica, mettant en scène une comédienne des années 1980 tournant son dernier film à Rome.
Après l’Espagne, c’est au Japon d’être bien représenté dans la compétition officielle de cette 79e édition. Koji Fukada met en scène, dans Quelques jours à Nagi, une architecte prénommée Yuri qui rend visite à son ancienne belle-sœur Yoriko et finit par se perdre durant cette parenthèse inattendue. De son côté, Ryusuke Hamaguchi (après le grand succès de Drive My Car) présente un film tourné en France, où Virginie Efira incarne une directrice de maison de retraite se liant d’amitié avec une metteuse en scène japonaise et Kore-Eda comme cité plus haut.
Pour cette édition, pas de gros blockbusters hollywoodiens ni de grands studios américains (contrairement à l’année précédente avec Mission : Impossible). On retrouve cependant le cinéaste indépendant Ira Sachs en compétition officielle avec The Man I Love, qui retrace le parcours d’un acteur au bord de la mort dans le New York des années 80, incarné par Rami Malek. Deux autres réalisateurs américains sont présents en séances spéciales pour des documentaires : l’un consacré à John Lennon par Steven Soderbergh, et celui de Ron Howard sur le photographe Richard Avedon.
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