La face cachée du soleil - Une

La face cachée du soleil — Faut-il souffrir pour être beau? | TouTV

« On se dit que c’est rien, que ça va finir par partir tout seul. »

La face cachée du soleil met en lumière l’angle mort d’un problème de santé publique majeur, et propose une réflexion urgente sur nos habitudes, notre esthétique et notre responsabilité collective.

As-tu mis ton ti-casque?

C’est le début du printemps depuis déjà deux semaines et on commence à peine à voir poindre le début d’une remontée du mercure dans le thermomètre. Néanmoins, la température est tout de même bien meilleure que lorsque je me trouvais, le 31 mars dernier, dans la tour de Radio-Canada pour l’ironique présentation du documentaire La face cachée du soleil, car pour être caché, ce jour-là, il était bien caché. En fait, du 7e étage (mon Dieu que c’est haut pour moi), la brume dominait le paysage et les grattes-ciels lointains dissimulaient leurs cimes m’emplissant de sensations douces, lugubres et mélancoliques, comme une nouvelle d’Edgar Allan Poe. 

La face cachée du soleil - As-tu mis ton ti-casque
Marie-Eve Richard-Tougas

Zone 3 nous présente La face cachée du soleil, réalisé par Amélie Dussault, avec comme hôte Sophie Thibault et Marie-Eve Richard-Tougas. En essayant de découvrir les raisons du silence apparent autour du cancer de la peau et des phénomènes qui en sont la cause, ces deux femmes osent se confier sur leur propre expérience face à cette affliction souvent méconnue, mais aussi sous-estimée en ce qui a trait aux conséquences possibles. On souhaite mettre en lumière la réalité face au cancer de la peau au-delà du mélanome et de la connotation bénigne que nous en faisons au quotidien, car elle est tout autre. Il suffit de constater les chiffres qui démontrent qu’environ 1 personne sur 3 contractera l’un des cancers de la peau au cours de sa vie suite aux expositions des rayons UV du Soleil.  

Ça ne prend pas la tête à Papineau, ni même du Dr. Ivan Litvinov (un expert consultant dans ce documentaire qui était présent au visionnement), pour comprendre que le soleil est une cause majeure du cancer de la peau; plus de 80 % des cancers de la peau sont liés à une exposition excessive aux rayons UV du soleil (peu importe son A-B-C). 

Le soleil dans les yeux

Un enjeu auquel on ne pense pas beaucoup reste l’influence des influenceurs. Elles sont blondes, mais bronzées comme le caramel dans la Caramilk. Elles affirment des trucs comme : les hommes sont excités par les démarcations ou la crème solaire c’est mauvais. Certaines vont même jusqu’à régler des applications qui les avertissent des moments dans la journée où les UV sont au plus forts afin de maximiser leur bronzage. On ne s’en rend pas compte, mais ce que l’on insinue c’est: « la peau pâle, c’est moins beau ». Entre adultes consentants, ça reste à nous d’utiliser notre cervelle, mais on ne pense pas à nos enfants, nos ados qui consomment ce genre de messages régulièrement autant que grand-papa regarde les nouvelles LCN. En plus, quand on est à l’école, l’importance de l’opinion publique équivaut à une campagne électorale, mais 365 jours par année. Ça sert à rien d’essayer de vous voiler la face comme si vous étiez parfaits jeunes… On sait tous que c’est pas vrai et vous les premiers. On finit par les laisser faire, c’est bien plus épeurant qu’iels soient les rejets que de mourir prématurément d’une maladie évitable.

La face cachée du soleil - Le soleil dans les yeux
En discussion avec des ados

C’est entre autres ce que Sophie Thibault critique; l’accès trop facile à la désinformation et la difficulté de l’enrayer une fois répandue (la désinformation, tout comme la maladie) dans les mentalités. En 1980 on nous disait : « Bronzer c’est sain pour la peau, il n’y a aucun danger à aller au salon de bronzage ». Ça a l’air évident, mais soulignons que plus on a la peau pâle (même si c’est pas tant que ça), plus on a de chance que le bronzage apporte son lot d’inconvénients. Le cancer de la peau n’est pas souvent mortel, mais il peut l’être… sans oublier qu’un mélanome bénin peut répandre des métastases ailleurs et développer un cancer beaucoup plus agressif et furtif. Faits divers intéressants : le mélanome, quoique majoritairement bénin, est le type de cancer de la peau qui a le plus de chance de répandre des métastases, comme dans le cas de Marie-Ève Richard-Tougas; on parle d’environ 20% dans les 3 premières années seulement. 

Cependant, peu importe les chiffres sur la crème solaire (ou que je m’en aille barbouiller le visage et les yeux pour la cause), Dr. Litvinov demeure très claire sur le sujet : La crème solaire n’est pas une excuse pour aller au soleil, peau à découvert, et se faire bronzer en toute sécurité. En fait, la majorité des experts s’entendent pour dire que la meilleure méthode pour passer du temps sécuritairement sous le soleil reste encore celle de porter des vêtements, car dire qu’il existe du bronzage sécuritaire, c’est comme parler d’une cigarette sécuritaire. À la place de chercher des rayons de soleil Corsé, Velouté ou Régulier (préférez-vous les « King Size »?); optez pour des trucs amples, légers et pourquoi pas un chapeau de pêche (c’est full à la mode, personne se souvient de Gilligan de toute façon).   

Politique ou scientifique?

La question qu’on se pose tous maintenant : Pourquoi est-ce qu’on n’en parle pas plus si c’est autant répandu? On évoque quand même pas loin de 500,000 cas au Canada seulement. Santé Canada et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) insistent sur le fait que la crème solaire, utilisée dans le cadre d’une protection solaire globale, est sûre et indispensable; même si au final le gouvernement n’est pas chaud chaud à l’idée de rendre accessible la crème solaire pour tous dans les zones plus à risques. Quand c’est le temps de faire la campagne anti-cigarette, ils sont là par exemple.

La face cachée du soleil - Politique ou scientifique
Dr. Ivan Litvinov

De toute façon, une étude de 2021 publiée dans Chemical Research in Toxicology révèle que l’octocrylène, un filtre UV courant, se dégrade en benzophénone — une substance classée comme cancérigène possible — sous l’effet du temps et de la chaleur. Les tests sur des produits commerciaux ont montré une augmentation significative des taux de benzophénone avec le vieillissement, poussant Santé Canada à restreindre son utilisation en raison des risques sanitaires (pour en savoir plus). Certains filtres se dégradent en vieillissant ou sous l’effet de la chaleur, perdant leur efficacité et produisant potentiellement des sous-produits, dont la benzophénone (selon des études citées par Santé Canada), qui peut être liée à des cancers, bien que le risque réel soit débattu. 

Ça, ça m’énerve. On veut faire un pas dans la bonne direction et on nous dit déjà qu’on en a fait un autre sur le mauvais chemin. Prenez ça pour ce que ça vaut, mais voici mon opinion sur les UV. Ce sont les rayonnements avec les fréquences les plus hautes juste en dessous des Gamma et des rayons X. Prenez ça pour ce que ça vaut, mais imaginez que ça rayonne juste un peu plus bas que ce que ça prend pour voir dans votre dedans. En plus, quand vous allez à l’hôpital, c’est contrôler cette histoire-là, on ne fait pas juste vous brouetter quarante-douze-milles Mégawatts comme le Soleil!

Finalement, j’ai surtout beaucoup d’empathie pour celles et ceux qui sont confrontés à la maladie, surtout lorsqu’on nous dit, qu’avoir été mieux informé, on aurait peut-être pu l’éviter. Je vous invite donc, cher lectorat, à ne pas attendre le début de l’été avant de regarder La face cachée du soleil. Je me regarde intensément dans le miroir et la seule question qui me brûle les lèvres en ce moment : « C’est quoi cette marque-là? »

Bande-annonce  

Fiche technique

Titre original
La face cachée du soleil
Durée
97 minutes
Année
2026
Pays
Québec (Canada)
Réalisateur
Amélie Dussault
Note
10 /10

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Fiche technique

Titre original
La face cachée du soleil
Durée
97 minutes
Année
2026
Pays
Québec (Canada)
Réalisateur
Amélie Dussault
Note
10 /10

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