
« L’art qui me parle, c’est l’art qui dérange. »
La soirée d’ouverture du Festival International du Film sur l’Art (FIFA) s’est déroulée, le jeudi 12 mars dans un Monument National presque plein. Au programme : un concert de guitare, reprenant Gnossiennes : 1. Lent, de Yiannis Giagourtas, suivi d’un discours sur le langage et l’amour porté par l’équipe de la programmation du FIFA composé de Paul Rothé, le directeur de la programmation, Philippe U. del Drago, le directeur général et artistique, Eunice Bélidor, la programmatrice et curatrice de la section Avant-garde, Andreina Aveledo, la programmatrice des activités annuelles et Élisabeth Denis, responsable de FIFA Connexions, et pour terminer les présentations et lancer le début de cette édition, nous assistons à un discours engagé, prononcé par Dr. Nicolas Chevrier, directeur du conseil d’administration.
La thématique de cette édition, « Apprends-moi ton langage », a servi de fil conducteur à la soirée. Pour illustrer cette idée, l’équipe de la programmation a interprété en anglais, français et espagnol, différentes visions, idées et intentions en explorant les registres du langage avec celui de l’amour, mais surtout de l’art, entre autres. Reprenant en chœur par moment le discours et son slogan : « Apprends-moi ton langage ».

Puis, la réalisatrice du film d’ouverture, André-Line Beauparlant, accompagnée de sa productrice et de la maison de production Maison 4:3, sont montée sur scène pour présenter en quelques mots son film : Mon amour, c’est pour le restant de mes jours, insistant sur l’amour et la douceur qui imprègnent ce documentaire.
À travers le regard d’André-Line Beauparlant, ce film nous plonge dans le quotidien et la vision cinématographique de Robert Morin, son compagnon depuis plus de trente ans. Il est le seul intervenant de ce documentaire. Pendant 1h35, le spectateur est invité à découvrir la vie intime et artistique du réalisateur, dans un portrait tendre, amoureux et profondément personnel.

Il s’agit du premier documentaire d’André-Line Beauparlant, tourné sur six ans durant la pandémie. Ce qui frappe, c’est l’accessibilité et la proximité qu’elle crée. Dans certaines scènes on entend les consignes et commentaires de la cinéaste pendant les prises de vue portée à son mari. Ces échanges renforcent l’immersion et donnent l’impression d’assister à des moments privés, presque volés. À ça s’ajoutent ses imperfections techniques (flous, sons inégaux) totalement assumées.
Le film se divise en deux parties, une première où André-Line nous montre Robert dans diverses situations et entretiens, des réflexions sur sa vision du monde, son cinéma, mais aussi la mort. On découvre l’homme derrière l’artiste. Puis une seconde phase, où l’on suit Robert dans son processus créatif et un peu obsessionnel pour son film Festin boréal (2023) : ses intentions, ses doutes, et surtout, ses échecs. Une plongée rare dans l’envers du décor d’un réalisateur. À la fin du film, Robert, habituellement distant, finit par s’emparer de la caméra pour la retourner vers la réalisatrice, un geste spontané qui scelle leur complicité, jusqu’à lors peu exploiter. Pour la réalisatrice, c’est un « cadeau » : une preuve de confiance et une façon pour Robert de reprendre le contrôle, tout en participant à l’œuvre.
Mon amour, c’est pour le restant de mes jours est présenté au FIFA les 12 et 13 mars 2026.
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