
« The only way out of Civil is death and you know that. »
[La seule issue hors de Civil, c’est la mort, et vous le savez.]

Un tueur à gages charismatique, issu d’une famille d’assassins qui gèrent une organisation à but non lucratif comme couverture, remet tout en question lorsque sa femme et sa fille disparaissent mystérieusement, découvrant des secrets qui le font douter de son identité et de sa loyauté au sein de sa propre famille.
ALLBLK est un service de streaming (SVOD) appartenant à AMC Networks et axé sur les programmes télévisés, les films et les créations originales afro-américaines. Anciennement connu sous le nom d’Urban Movie Channel (UMC), il a été fondé par Robert L. Johnson (fondateur de BET) et propose une variété de contenus urbains, notamment des comédies, des drames et des pièces de théâtre. Ils ont changé de nom en 2021, mais compte tenu que la Pandémie-19 faisait les manchettes chaque minute pendant 4 ans, ça se pourrait que cette nouvelle vous ait échappé.

Pas de panique, ça veut dire que c’est le moment idéal pour vous remettre au parfum de ce que la culture américaine a à nous offrir de plus intéressant que celle de la Maison-Blanche. Non, mais sérieusement, c’est tu pas consternant ce qui se passe ces temps-ci? On dirait que le rideau est tombé et les maillons qui le tenaient suspendu se sont déchirés. On voit soudainement l’envers du décor; toutes les parties concernées sont dévoilées. Prises sur le fait, on les voit tenant encore les manivelles de leurs engins, eux-mêmes surpris par la chute de l’épais voile rouge qui les cachait. La folle et infâme fourberie s’échoie devant nous et les perpétrateurs se relèvent comme si c’était un épisode des Simpsons où on pourrait juste dire j’ai rien fait pour qu’on rie tous ensemble (maudit que c’est bon en Québécois).
Deji LaRay (Bosch (2014) et Greenleaf (2016)) — le cerveau derrière la nouvelle série Wild Rose, réalisé par Dale S. Lewis, qui paraîtra dans quelques jours sur ALLBLK — conçoit également qu’aussi mondaine la vie semble être parfois, les meilleures intrigues restent celles qui remettent en perspective notre vision tranquille du monde. Soyons francs, nous nous cachons trop souvent de cette vérité que l’on nomme cruelle lorsqu’elle s’expose au grand jour. Omarion interprète le rôle de Rose, un homme qui sous ses allures modestes, calmes et silencieuses cache un lourd secret. Il est un assassin entraîné depuis l’enfance par sa famille qui détient une entreprise très lucrative dans le domaine du meurtre et de la dissimulation de preuves portant le nom de CIVIL. Ne vous inquiétez pas, ils se font passer pour un OBNL depuis 40 ans. Ce qui est effrayant… c’est qu’à voir comment les choses sont organisées dans la vraie vie, ça pourrait vraiment être plausible.
Un scénario assez remarquable, je dois l’avouer. Je ne m’attendais pas du tout à ce qui allait arriver au fur et à mesure que la série avançait. Le rythme est également très bon. D’accord, ça n’est pas autant une série d’actions que je le croyais. Vous me direz que c’est normal juste 5 minutes d’action pour 45 minutes d’épisode, mais je ne suis pas de la génération Game of Thrones. Cela n’empêche pas pour autant que la série est assez divertissante pour qu’on veuille l’écouter avec attention, pas de visionnage en rafale (« binge watch » en anglais).

Omarion partage une partie de l’écran avec Casey Gardener qui interprète une étoile montante de la musique pop nommée Somaya. Adulée de tous, elle devra malheureusement se rendre à l’évidence en ce qui a trait au vrai visage de Hollywood et du show-business; tout le monde veut avoir une part du gâteau et ils n’arrêteront devant rien pour l’obtenir. Charmée par l’attitude composée, mais aussi presque timide de Rose, Somaya l’engage comme nouveau garde du corps, mais sait-elle seulement ce que cela implique de laisser un homme comme lui entrer dans sa vie? Oui, parce qu’il n’a pas l’air dangereux comme ça, mais justement les apparences sont trompeuses. Rose me faisait même un peu penser au personnage de Ryan Gosling dans Drive; un véritable scorpion.
Espionnage, drogue, arts martiaux, romance, musique, nudité, action; tout y est! Cependant, c’est moins intense que je le laisse croire en ce moment, et c’est une bonne chose. Je dirais que c’est extrêmement bien dosé comme série. Évidemment, rien n’est parfait, mais c’est loin d’être simplement ordinaire. Comment dire, le scénario et le montage final sont très bons, vraiment. Au niveau technique, c’est un peu un exemple à suivre et je m’explique rapidement. À la place de tout nous expliquer l’intrigue et les petits détails sur l’histoire qu’on a besoin de connaître, on a décidé d’utiliser cette curiosité pour nous donner le désir d’en savoir plus. Si tu m’expliques tout avant même que j’ai pu apprécier ton récit, comment voudrais-je l’écouter ensuite?
Je sais que ce que je vais dire pourra sembler maladroit, mais voici : ça n’a pas été une torture de devoir écouter cette série-là. Non, je vous assure, j’ai même aimé ça et je me suis surpris à passer proche de faire une nuit blanche en me disant : « Aweille donc, un petit dernier encore ». C’est intéressant parce que la série parle aussi beaucoup d’apparences sans le mentionner directement. Rose est sous-estimé parce qu’il n’est pas le plus gros ou le plus fort, mais ça ne l’empêche pas de pouvoir exceller ou même d’être le meilleur. Somaya, en opposition, est une belle grande femme dans la vingtaine que l’on s’arrache pour toute autre chose que ce qu’elle a à l’intérieur; cette chose, ironiquement, encore plus belle et grande que son extérieur (eh, quand on cherche, on trouve).

La distribution — en plus de Casey Gardener et Omarion — est également de taille : la mère, Joyce, qui est interprétée par Vanessa Williams, aussi autoritaire qu’elle est impénétrable; sauf lorsqu’Il vient le temps de parler de son fils adoré, Chase. Interprété par O’Ryan, il est le frère aîné de Rose destiné à hériter de l’entreprise familiale, et malgré son amour fraternel pour Rose, il est aussi le tortionnaire numéro 1 son frère. Heureusement, Rose peut toujours compter sur Mila Anderson qui incarne Yari, la sœur cadette de Chase et Rose.
Oui, je sais, mes goûts musicaux ne sont peut-être pas en concomitance avec ceux de la production; c’est la preuve qu’on peut être objectif et avoir un regard qualitatif sur les choses quand même. Mon verdict? Je vous le conseille. Il y a de la place à l’appréciation, cher lectorat, alors allez-y! En cherchant un titre pour cet article, j’ai senti une chanson monter en moi dont les paroles résument assez bien la fragilité de la ligne qui sépare traumatisme et innocence telle une fine couche de glace sur un lac printanier.
Bande-annonce
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