
« Je remercie le bleuet d’être là. »

Au Lac-Saint-Jean, l’été amène avec lui la saison des bleuets. Au moment où les champs se teintent de bleu, les cueilleurs et les cueilleuses de tout genre s’empressent de ramasser ces précieux petits fruits avant le premier gel d’automne. Dans un ballet de gestes répétés, les langues se délient, tissant une toile où se mêlent confidences, rires et larmes.
Les blues du bleuet célèbre un territoire et les personnes qui s’y relient à travers les générations et les cultures.
Les bleuets riment avec été, partout au Québec, mais surtout au Lac-Saint-Jean. Les bleuets ne sont pas simplement un fruit, mais représentent l’âme d’une région entière. Dans ce documentaire d’observation, cette petite baie devient ici le point de rencontre d’une histoire riche et universelle.
Imaginez cette histoire comme une boule disco aux multiples facettes. Le terme « blues » incarne à la fois un sentiment de mélancolie et un style musical, tandis que « bleuet » représente ce petit fruit bleu adoré de tous et le surnom des habitants du Lac-Saint-Jean. Cette perspective multidirectionnelle permet au documentaire d’explorer des thèmes universels tels que l’espoir, la résilience et la recherche d’une vie qui a du sens.
Alors que les caisses débordent de fruits, les réticences s’estompent, laissant place à de profondes révélations personnelles. Les blues du bleuet s’intéresse aux défis auxquels sont confrontés les gens de tous les jours et aux décisions difficiles qu’ils doivent prendre. Il met en lumière la force, la sagesse et l’empathie que l’on trouve dans des situations apparemment insignifiantes ou difficiles, nous encourageant à reconsidérer notre environnement et à réfléchir à ce qui compte vraiment pour nous.

Le film nous montre les différents profils, les visages des habitants. On suit les cueilleurs et les cueilleuses dans le dur travail des champs. On lève les yeux vers les pilotes dans le ciel avant de retrouver la terre, à la rencontre des travailleurs mexicains. Tout ce monde travaille ensemble, dans la même direction.
Dans la région, le bleuet réunit les petits et les grands, les générations se croisent et se retrouvent, les vieux habitués, les villageois, les enfants tous réunies pour transmettre et raconter des histoires sur la terre et sur la vie. Tous les chemins se rejoignent pour venir s’occuper des bleuets.
Mais c’est aussi la rencontre des éléments du feu et de l’eau. Le bleuet est fort, il renaît des forêts brûlées, il renaît de ses cendres, preuve de la résilience de la nature.
Le réalisateur a fait le choix d’utiliser la musique classique, qui contraste parfaitement avec les images et apporte une richesse esthétique. Cette musique est appuyée par des plans grandioses. On y voit les champs de bleuet pris de haut, avec des plans de drone qui montrent l’immensité. On y distingue des couleurs qui se mélangent, le bleu des fruits qui se confond aux oranges et aux rouges des couchers de soleil. Cela devient une symphonie visuelle.
Le réalisateur Andres Livov transmet le pouvoir rassembleur des contes et de la musique tout en mettant en lumière la force de la résilience dans son film documentaire Les blues du bleuet. On pourrait sans trop de mal décrire son film comme un documentaire créatif d’auteur. Où il tisse des liens entre la musique, les personnages, les émotions et une abondance de baies sauvages.
Bande-annonce
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