Verona - Une

Verona – La Mort frôle les vivants; ceux qui doivent continuer

« — I’m alright…
— You don’t have to be… »
[ Je suis correct…
— Tu n’as pas à l’être.]

Les déboires d’une adolescente ordinaire. Suite à la mort soudaine de son grand-père qu’elle n’a jamais connu, Camila (Kat Khan) décide de se rattacher à ce qui a une valeur pour elle : sa famille, ses amis et son amoureuse Mackenzie (Basia Wyszynski).

De Adidas, à Zoo York

Verona, réalisé et écrit par Sebastien Back, ainsi que coécrit par Maëlle Bonnegrace, est le genre de film difficile à classer. D’abord, Monsieur Back commence tout juste son parcours en ce qui concerne les longs métrages, il serait donc malavenant de ma part de condamner quelques fautes de continuité, ou ces moments ici et là qui auraient demandé que l’on guide un peu l’auditoire pour mieux le situer. 

Verona - De Adidas a Zoo York
Camila (Kat Khan)

Un souci au niveau de la lumière, des prises de vues et les costumes aussi qui ne font pas que s’agencer, mais expriment, aussi; souvent le personnage de Camila, interprétée par Kat Khan, porte des t-shirts avec des mots ou des phrases provocantes pourrait-on dire sans parler de la petite culotte de la petite amie de Camilla, Mackenzie, interprétée par Basia Wyszynski, sur laquelle il est écrit « Holy » (un pied de nez aux puristes religieux). Néanmoins, ceci s’accompagne d’une sensation d’actes volontaires posés par le réalisateur à faire parler ses personnages autrement; au-delà des messages sur les vêtements, tout un chacun dit peu de qui il est ou ce qu’il pense, mais semble receler beaucoup.

Mais cette provocation latente; ces revendications silencieuses, c’est aussi cette jeunesse qui passe à travers les tourments de la vie à sa façon (le sexe, la drogue, et toutes les autres conneries qui viennent avec). Pourtant, comme pour ce qu’il en est de l’identité de genre ou de l’orientation sexuelle des personnages, tout est assumé sans être nécessairement mentionné. Les rapports entre les personnages sont harmonieux; empreints d’une douceur et d’une aisance dans l’être plus que dans le paraître. J’y reviens encore, le linges n’est pas nécessairement beau dans sa parure, mais plutôt souligné par une sémiotique dans son esthétisme artistique. Comme quoi s’habiller est aussi une forme d’expression, contrairement à ce que certains veulent bien croire (même toute nue!)

MARMONNEURS!

À force d’écrire pour Le Petit Septième, je me sens de plus en plus à l’aise de révéler des choses sur moi sans avoir peur que l’on me juge. Un petit secret de temps à autre que j’exprime (en quelques sortes) à voix haute. Je ne vous ferai pas l’affront d’offrir une catharsis en murmure pour simplement me déverser sans me confier (je vois vos faces là, elles demandent « pourquoi tu parles de ça SamBob ». On se calme, j’y arrive). Les murmures au cinéma; depuis The Matrix, des Wachowski, m’ont marqués. Les dialogues susurrés ou la musique tonitruante; j’entends rien, dans la vie comme dans les films! 

Verona - Marmonneurs
Camila et Mackenzie (Basia Wyszynski)

J’ai essayé, mais, par exemple, à chaque fois que Keanu Reeves parle, monte le son; après, la musique et l’action débarquent en jet supersonique dans la scène suivante, baisse le son (t’sais genre spts spt stpt sptpsts… Neitch… pst psp tsptsp… Scion… pspt spt spst … lapin blanc. DARK TECHNO DANS UN BAR GOTHIQUE WOOOOOW!) 

À la fin de Verona, Camila est dans les bras de son ami et… La confession de son mal est inaudible. Je repassai la scène trois fois avec davantage de volume, mais je n’en décelai que la moitié, pas plus. Malheureux de sentir que j’ai pu regarder tout le film sans réellement atteindre la catharsis à l’instant prévue à cet effet; catharsis que je demandais, puisque l’histoire du grand-père semble, finalement, très secondaire pour justifier le synopsis. Je croyais que c’était Sebastien Back le réalisateur; et non, Jean Sebastien Bach.

Boutons de roses, beauté qui éclot sans bruit

Mise à part, l’œuvre est esthétiquement plaisante. La musique répétitive tape quelque peu sur les nerfs au long terme, mais elle reste en phase avec l’atmosphère; onirique légèreté suspendue, une bulle en dehors du temps. Le seul bémol, les acteurs qui s’embrassent ou se touchent etc. ne donnent pas l’impression d’être à l’aise neuf fois sur dix. J’aimerais prendre le temps de dire que ces moments intimes au cinéma doivent être faits avec attention et tact. On ne montre pas un baiser s’il n’est pas nécessaire de peur que le baiser qui le soit s’en retrouve anodin parmi tous les autres.

Verona - Boutons de roses

Le scénario à une petite touche woke ou new gen (ou appelé ça comme vous voulez), mais en excluant les chandails, rien n’est garroché au visage. L’entourage de Camila est serein et acceptant; ses parents sont zen (hormis la mort de son grand-père); Mackenzie est une catholique douce et aimante; ses amis sont diversifiés en genres et en nombres (au sujet duquel iels se rapportent. Blague de conjugaison 2023; que voulez-vous, peuvent pas être toutes bonnes. N’empêche qu’à la fréquence que j’en entends, je dois être dans les tops 5).

Cela dit, l’apport de ces éléments ne peuvent regrettablement empêcher de faire passer le film Verona sous silence, autant de manière métaphorique que littérale. Un visionnement sans but, simplement pour justifier, encore une fois, des scènes de nudités et de sexes avec de jeunes acteurs qui n’ont strictement rien à voir avec un grand-père décédé. Contemplatif, oui, mais nécessaire, je ne le sais pas. Selon moi, il faudrait retravailler, car les images sont souvent magnifiques et les membres de l’équipe paraissent talentueux, ce film mérite une deuxième chance.

Je vous laisse sur une chanson qui me trottait dans la tête pendant que je regardais Verona. Une chanson qui donne une belle couleur au film, mais qui ne s’y trouve pas. Dommage.

Fiche technique

Titre original
Verona
Durée
79 minutes
Année
2023
Pays
États-Unis
Réalisateur
Sebastien Back
Scénario
Sebastien Back et Maëlle Bonnegrace
Note
6 /10

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Fiche technique

Titre original
Verona
Durée
79 minutes
Année
2023
Pays
États-Unis
Réalisateur
Sebastien Back
Scénario
Sebastien Back et Maëlle Bonnegrace
Note
6 /10

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