Golden Delicious - Une

Golden Delicious – Médaille de participation

« You can stil lchoose who you want to be. »
[Tu peux toujours décider de la personne que tu veux être.]

Golden Delicious - Affiche

Tout le monde attend quelque chose de Jake (Cardi Wong), élève de dernière année au lycée : son père le pousse à s’inscrire dans l’équipe de basket-ball – un rêve qu’il a lui-même abandonné – et sa petite amie veut faire passer leur relation au niveau supérieur. Mais ce n’est que lorsque Aleks (Chris Carson), un adolescent ouvertement homosexuel et passionné de basket-ball, emménage de l’autre côté de la rue que Jake commence à se battre avec ses propres désirs. Pour se rapprocher d’Aleks, Jake s’efforce de faire partie de l’équipe de basket, mais il se rend compte que ce n’est pas le basket qu’il veut vraiment. Pendant ce temps, Jake découvre que son père a une liaison, ce qui le pousse à remettre en question les fondements de sa famille. Désemparé et confus, Jake s’éloigne, jusqu’à ce que son homosexualité soit enfin révélée. Une fois la vérité dévoilée, Jake et son père doivent faire face à la réalité de leur relation et à leurs attentes l’un envers l’autre. Jake est prêt à affronter l’avenir avec sa famille et ses amis à ses côtés.

Si ce résumé vous semble éminemment cliché, c’est parce que le film qu’il décrit l’est aussi.

Le cœur à la bonne place

D’une certaine manière, je m’en veux d’être aussi critique avec ce film. Difficile de lui en vouloir, tant il coche toutes les bonnes cases; un casting diversifié (mais uni dans la pauvreté de son développement narratif), une histoire « choquante » (qui aurait davantage eu l’effet désiré il y a dix ans dans une émission de Vrak TV à la Frères Scott) et surtout, du drame, beaucoup de (mélo)drame.

Golden Delicious - Le coeur à la bonne place (Cardi Wong)
Jake (Cardi Wong)

Là encore, il serait possible de lui pardonner ses sursis narratifs (peut-être ne suis-je simplement pas le public cible de ce type de récit) s’il n’était pas du péché capital que ce film (comme tant d’autres du genre) commet; celui de caster des adultes dans des rôles de lycéens. Je comprends tout de même le souci; il est parfois difficile de trouver des acteurs qui ont exactement l’âge désiré, surtout lorsqu’il est question de scènes intimes tel que ce film en contient tant. Cependant, ici, les deux acteurs principaux sont dans la mi-trentaine, et jouent des adolescents de 17 ans. Ce malaise est particulièrement flagrant dans le cas du personnage d’Aleks, dont l’âge se fait particulièrement ressentir et qui me fit me demander à maintes reprises durant le film : qui pourrait y croire, aussi haut puissions-nous suspendre notre jugement?

Prolongation

Ceci étant dit, la seule chose se faisant encore plus sentir que le bris d’immersion amené par l’âge des acteurs est la longueur du film. Deux heures sont beaucoup trop longues pour raconter le peu de péripéties dont il est question dans ce film. Entre les clichés coming-of-age qui s’enchainent et le montage semblant parfois complètement aléatoire, il est plus souvent qu’autrement difficile de s’attacher un tant soit peu aux personnages et leurs drames personnels, ce qui est particulièrement problématique dans un film du genre. 

Golden Delicious - Prolongation - Cardi Wong

Ces aspects ne sont particulièrement pas aidés par la direction de la photographie plate et terne (qui n’est pas sans rappeler des vidéos YouTube de vloggeurs populaires, ce qui est sans doute voulu considérant le sujet, mais qui n’est pas pour autant réussi) et une bande sonore pseudo-synth-pop banale à souhait (pensez à la bande-son de Drive (2011) si elle avait été composée par une intelligence artificielle). Si c’est un film qui veut et pense dunker, il ne réalise pas qu’il est toujours sur le banc d’essai.

Match point

À ce point-ci, vous devinez peut-être que je n’ai pas senti tenir entre mes mains le film de l’année. Je me sens tout de même trop sévère. Au mieux, Golden Delicious est un film inoffensif, prévisible et, d’une certaine manière, confortable. Au pire, il vous frustrera dans son enchainement de clichés on ne peut plus banals, son manque de personnalité et le sentiment pesant qu’il s’agit d’un film usiné et jetable. Pour un film qui crie à tue-tête qu’il est possible d’être ce que nous voulons dans la vie, il n’a lui-même pas visé très haut. À voir si vous n’avez jamais vu de coming-of-age de votre vie (ce que je trouverais tout de même impressionnant; il aurait fallu consciemment esquiver les salles de cinéma durant les dix dernières années), si vous désirez vous souvenir de vos années d’école secondaire (et pourquoi voudriez-vous cela?) ou, tout simplement, si cela vous manque d’écouter Skins en pyjama, en catimini, quand les parents sont couchés.

Bande-annonce  

Fiche technique

Titre original
Golden Delicious
Durée
120 minutes
Année
2022
Pays
Canada
Réalisateur
Jason Karman
Scénario
Gorrman Lee
Note
5 /10

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Fiche technique

Titre original
Golden Delicious
Durée
120 minutes
Année
2022
Pays
Canada
Réalisateur
Jason Karman
Scénario
Gorrman Lee
Note
5 /10

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