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Attachment – Femme ou démon | Shudder original

« There’s an old Jewish superstition. Can’t leave a book open or like, a demon might read it and learn from it and use the knowledge for evil. »
[Il y a une vieille superstition juive. On ne peut pas laisser un livre ouvert ou genre, un démon pourrait le lire et en tirer des leçons et utiliser les connaissances pour le mal.]

Attachment - Poster

Maja (Josephine Park) est une actrice danoise has-been, qui tombe amoureuse de Leah (Ellie Kendrick), une jeune universitaire juive venue du Royaume-Uni. Lorsque Leah subit une mystérieuse crise de convulsions, Maja craint que leur romance éclair ne soit écourtée et décide de suivre Leah jusque chez elle à Londres. Là, Maja rencontre sa nouvelle voisine du dessous : la mère de Leah, Chana (Sofie Gråbøl). Femme autoritaire, apparemment religieuse et très secrète, Chana semble résister à toutes les tentatives de Maja pour la convaincre. Et alors que Maja remarque des événements étranges dans le bâtiment, elle commence à soupçonner que les secrets de Chana pourraient être beaucoup plus sombres que prévu.

Avec Attachment (Natten Har Øjne), Gabriel Bier Gislason offre un premier long métrage de genre dans lequel il part d’une thématique usée pour en faire un film plutôt original. Bienvenue dans le folklore juif…

Un film de genre(s)

Attachment est un film de genre. Ou devrais-je dire de genres, avec un « s ». Le réalisateur mélange habilement deux genres qu’on ne voit pas souvent ensemble : l’horreur et la romance. 

Attachment - un film de genre by-Soeren-Kirkegaard3
Leah (Ellie Kendrick)

Le film début dans un style très proche de la comédie romantique. Les deux femmes se rencontrent par hasard, quelque chose clique, elles se retrouvent à prendre un thé chez l’une des deux protagonistes, puis ça se termine au lit, pour une nuit de passion. Le coup de foudre typique de ce genre de films. 

Puis l’action quitte le Danemark pour se déplacer au Royaume-Uni, dans une communauté juive hassidique. La romance cède lentement la place à l’horreur. Sans que l’ambiance soit particulièrement terrifiante, Gabriel Bier Gislason réussit à mettre en place une ambiance lourde qui fonctionne bien. Les craquements, les bougies qui s’allument seules et… la belle-mère (ça, c’est effrayant ;-)).

Encore là, le spectateur se demande s’il regarde un film de fantôme, ou un film de possession. Rien n’est trop sûr. Et ça, c’est bien. Le principal point négatif, à ce moment, ce sont les sauts dans le temps. En fait, on n’est pas certain si ce sont des sauts dans le temps mal introduits, ou si une scène manque. Mais on peut passer par-dessus cet élément sans trop de difficulté.

Encore un film de possession donc?

Des films de possessions, il y en a une tonne. Une méchante grosse tonne, même. Mais Attachment amène un élément original qui lui permet d’avoir un souffle rafraichissant. En effet, en situant l’action dans un milieu juif, on sort des habituelles histoires chrétiennes. 

Attachment - un film de possession by-Soeren-Kirkegaard2
Maja (Josephine Park), Lev (David Dencik) et Chana (Sofie Gråbøl)

Le réalisateur introduit donc des éléments de la mythologie juive. Vous savez, le côté sombre de la croyance… Vous connaissez le dybbouk (דיבוק)? Dans la mythologie juive et kabbalistique, le dybbouk est un esprit ou un démon qui habite le corps d’un individu auquel il reste attaché. Un dibbouk peut être exorcisé.

Nous y voici donc. Mais le phénomène de possession (autre élément fort du film) reste incertain pendant un certain temps. Ce que je veux dire, c’est qu’on n’en voit pas les effets rapidement. Le film joue beaucoup sur l’effet psychologique en tant que valeur ajoutée. Un peu comme le fait un roman, le spectateur contrôle la terreur à l’intérieur même de sa tête.

Un peu plus…

Je dois, avant de terminer, apporter un élément négatif plutôt inusité. Le générique, tant au début qu’à la fin, est pratiquement illisible. Je suis conscient que la majorité des gens n’en ont rien à foutre, mais par respect pour tous ceux qui ont travaillé à la création de l’œuvre, la moindre des choses est qu’on soit capable de voir leurs noms.

 Sinon, Attachment – qui a été présenté au Tribeca Film Festival est une romance d’horreur qui vaut le coup.

Bande-annonce

Fiche technique

Titre original
Natten Har Øjne
Durée
105 minutes
Année
2022
Pays
Danemark
Réalisateur
Gabriel Bier Gislason
Scénario
Gabriel Bier Gislason
Note
7 /10

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Fiche technique

Titre original
Natten Har Øjne
Durée
105 minutes
Année
2022
Pays
Danemark
Réalisateur
Gabriel Bier Gislason
Scénario
Gabriel Bier Gislason
Note
7 /10

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