Pleasure - Une

Pleasure — Ou déplaisir

« I’m here to be the next big porn star. »
[Je suis ici pour être la prochaine mégastar de la porno.]

Pleasure - affiche

Le premier long métrage de Ninja Thyberg, Pleasure, est un voyage dans l’industrie du porno de Los Angeles à travers l’objectif de la nouvelle venue Bella Cherry (Sofia Kappel). Forte, sûre d’elle et déterminée, Bella se lance dans une mission pour devenir la meilleure à tout prix.

Avec ce long métrage, la réalisatrice offre une œuvre osée, sans complexe et choquante. Ce film risque de déranger!

Un portrait peu reluisant de l’industrie

En regardant Pleasure, je n’ai pu faire autrement que de remarquer que l’industrie du porno américain est un reflet assez juste de la société américaine en général. C’est plus précisément au niveau du fameux « rêve américain » que la ressemblance est frappante. Combien d’immigrants arrivent aux États-Unis chaque année en croyant fermement qu’ils pourront enfin faire un tas de fric facilement et que leur niveau de vie sera franchement bon? Combien parmi eux se retrouvent rapidement désillusionnés? C’est exactement ce qui arrive à Bella Cherry. 

Pleasure - Un portrait peu reluisant
Bella Cherry (Sofia Kappel)

Le film commence au moment où la jeune femme arrive à Los Angeles et se présente à son premier boulot. Un fameux « casting couch » avec celui qui deviendra son rempart. Ce premier job plutôt agréable amène la jeune femme à croire que son « rêve américain » se réalisera. Mais les mois qui suivent lui montreront que son rêve sera plus un cauchemar qu’un moment de réjouissance. 

Le long métrage de Thyberg amène le spectateur à se questionner sur l’encadrement de ce milieu. Au final, est-ce que c’est plus sécuritaire de travailler dans ce milieu supposément régulé, ou s’il vaut mieux se lancer dans la porno amateur? La question est valable. De nos jours, avec les MYM et OnlyFans de ce monde, le choix semble assez simple. En y allant du côté amateur, vous êtes en contrôle de ce que vous faites, vous pourrez faire du cash et vous serez en sécurité. Le seul réel avantage du choix de Bella est qu’elle a un manager qui peut la faire connaitre et lui apporter des contrats. Mais à 900$ pour une relation complète, est-ce que ça vaut vraiment le coup? Comme une de ses collègues, la jeune Suédoise dit le faire principalement parce qu’elle aime le sexe. Mais après quelques contrats, il est clair que le plaisir ne surpasse pas la peur, le dédain et la frustration qui vient avec la grande compétition. Dans ce cas-ci, le cliché voulant que de travailler entouré de femmes est loin d’être idéale pour une femme. Compétition et coup bas sont au rendez-vous pour notre jeune blonde…

Gina Wild

Le personnage de Bella Cherry est librement inspiré de l’actrice porno allemande Michaela Schaffrath. Michaela Schaffrath a déménagé à Los Angeles et se produisait sous le nom de scène porno Gina Wild. Michaela Jänke — de son vrai nom — est découverte par le producteur de films pornographiques Harry S. Morgan dans les pages de Coupé, un best seller de la presse pornographique en Allemagne. Il lui propose de se lancer dans le porno. En seulement sept films, elle acquiert une grande notoriété.

Pleasure - Gina Wild fin

L’une comme l’autre dit faire ce travail pour satisfaire leurs désirs, plus que pour l’argent. Les deux ont quitté l’Europe pour se produire aux États-Unis, car « c’est là que ça se passe ». L’histoire ne dit pas si l’Allemande fut tout aussi désillusionnée que la Suédoise du film. 

Un peu plus…

Pleasure est écrit et réalisé par Thyberg, avec une superbe première performance de Kappel, qui représente un ensemble d’actrices de l’industrie pour adultes. Chose plutôt étonnante, plusieurs personnages sont interprétés par des acteurs du milieu californien. C’est tout de même surprenant étant donné que le film n’est pas tendre envers cette industrie. 

Bien que le film soit plutôt classique dans son format, il se démarque de ses semblables par son réalisme et son côté critique sans tomber dans la facilité. Il pourra aussi choquer certains spectateurs de par ses scènes explicites. On ne voit pas les scènes sexuellement explicites, mais on y voit beaucoup d’organes génitaux tant masculins que féminins. 

Je dirais qu’il s’agit tout de même d’un film à voir. 

Bande-annonce

Fiche technique

Titre original
Pleasure
Durée
105 minutes
Année
2021
Pays
Suède / Pays-Bas / France
Réalisateur
Ninja Thyberg
Scénario
Ninja Thyberg et Peter Modestij
Note
8 /10

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Fiche technique

Titre original
Pleasure
Durée
105 minutes
Année
2021
Pays
Suède / Pays-Bas / France
Réalisateur
Ninja Thyberg
Scénario
Ninja Thyberg et Peter Modestij
Note
8 /10

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