Adieu monsieur Haffmann - une

Adieu monsieur Haffmann — Parlez-moi d’amour…

« Vous avez de la chance. Mais la chance, c’est comme la guerre. Ça ne dure pas. »

Adieu monsieur Haffmann - affiche

Paris, 1941. François Mercier (Gilles Lellouche) est un homme ordinaire qui n’aspire qu’à fonder une famille avec la femme qu’il aime, Blanche (Sara Giraudeau). Il est aussi l’employé d’un joaillier talentueux, M. Haffmann (Daniel Auteuil). Mais face à l’occupation allemande, les deux hommes n’auront d’autre choix que de conclure un accord dont les conséquences, au fil des mois, bouleverseront le destin de nos trois personnages.

Paris 1941. Si on me donnait l’opportunité de reculer dans le temps, je ne suis pas le seul qui ne choisirait pas 1941 et Paris. Les Allemands prennent place, bousculent les Parisiens et font la chasse aux Juifs.

On voit d’emblée que le réalisateur a très bien installé cette atmosphère de méfiance, de délation et de défaite chez tous les acteurs et figurants dans son film. 

Joseph (Daniel Auteuil) tient une bijouterie dans Paris, aidé de François (Gilles Lellouche), qui est un homme assez limité (pas le Pogo le plus dégelé de la boîte…) avec sa femme Blanche (Sara Giraudeau) et qui essaient d’avoir un enfant pour combler la fierté masculine de François.

Le tableau est établi, mais l’élément qui vient perturber cette relative harmonie, c’est la guerre. Joseph devra vivre caché en attendant l’opportunité de retrouver sa famille en exil.

Adaptation

Cette histoire, qui a d’abord été une pièce de théâtre, recèle de multiples visages et facettes intéressants. Jean-Philippe Daguerre l’avait mise en scène parce qu’il y trouvait toute cette profondeur que le film vient confirmer.

Adieu monsieur Haffmann - Adaptation
François Mercier (Gilles Lellouche) et M. Haffmann (Daniel Auteuil)

Le décor de 1941, la guerre, les nazis, ne sont au fond que prétextes pour illustrer un retournement de situation entre ces trois personnages fort intéressant. François va jouer l’opportuniste parce que l’occasion se présente, la porte s’ouvre béante devant lui pour qu’il puisse profiter facilement d’une situation qu’il n’était pas en mesure de créer de lui-même. Opportuniste, mais maladroit. Pas intelligent. 

Un gros trio

Joseph Haffman, avec un nom pareil, il va sans dire, est juif. Il va se retrouver prisonnier dans sa propre maison, au sous-sol, et à travailler pour François, son employé. Blanche aura bien sûr une valeur de trait d’union entre les deux. 

Élément un peu cocasse, François demande à Joseph de faire un bébé à sa femme; un autre retournement de situation. Le Joseph que la Bible nous a fait connaître n’a pas été sollicité pour faire Jésus…

Adieu monsieur Haffmann - Un gros trio

Donc un drôle de trio que l’on ne peut qualifier d’amoureux, mais qui partage une certaine intimité quand même. Le revirement de situation qui fait de François, l’employé assez limité, un bijoutier admiré par les nazis, et qui fait passer Joseph, d’un bijoutier très talentueux, à un aide anonyme qui travaille dans son sous-sol sans aucune reconnaissance, et enfin Blanche qui veut la paix, fonder une petite famille, mais qui se réveillera face à l’ambition nouvelle, mais douteuse de son mari. 

On haït François. Mais que ferions-nous dans une salle en feu dans laquelle il n’y aurait qu’une seule porte de sortie? François Mercier, un menteur, un faussaire, un collabo.

L’atmosphère créée par Fred Cavayé fonctionne formidablement bien. Des tons de beige, gris, la lumière limitée même à l’extérieur, nous plongent dans ce monde de 1941. Après le visionnement, on se demande même si le film était en couleurs. 

Mais le tour de force du film, je pense que c’est Gilles Lellouche qui en détient l’honneur. Certes, Daniel Auteuil est un énorme comédien, mais le François de cette réalisation remplit l’écran de façon magistrale. Il passe d’employé ordinaire à propriétaire d’un commerce florissant. Sara Giraudeau s’acquitte de sa tâche de façon aussi formidable. 

J’ai apprécié aussi que dans ce film sur 1941-42, il n’y ait aucun coup de feu. Ici, la violence est psychologique.

Au final

Un seul bémol. On finit en se disant qu’on a vu un bon film, mais pas nécessairement un grand film. On dirait qu’il manque de punch, un coup de théâtre!

En conclusion, un bon film qui repose sur une histoire intéressante, mais surtout sur trois comédiens formidables.

Bande-annonce

Fiche technique

Titre original
Adieu monsieur Haffmann
Durée
115 minutes
Année
2921
Pays
France / Belgique
Réalisateur
Fred Cavayé
Scénario
Fred Cavayé et Sarah Kaminsky
Note
9 /10

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Fiche technique

Titre original
Adieu monsieur Haffmann
Durée
115 minutes
Année
2921
Pays
France / Belgique
Réalisateur
Fred Cavayé
Scénario
Fred Cavayé et Sarah Kaminsky
Note
9 /10

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