Damascus Dreams — Récit familial à Damas

« Je ne me rappelle pas trop. J’essaie d’oublier. »

Damascus dreams - affiche

Émilie Serri est née au Canada. Elle n’avait visité la Syrie, le pays de son père, que quelques fois avant le début de la guerre civile. Après la mort de sa grand-mère, le désir grandit en elle de tisser un lien plus fort avec ce pays qu’elle connaissait si peu.

Avec Damascus Dreams, Émilie Serri propose le récit d’une quête personnelle tout en offrant un regard sur les souvenirs et les rêves des réfugiés, ceux qu’ils choisissent d’emporter ou de laisser derrière eux. 

Au-delà du récit de famille

Damascus Dreams est un récit initiatique qui raconte la quête d’Émilie, une cinéaste à la recherche d’un pays d’origine inaccessible. En entremêlant la mémoire de son père, celle de réfugiés syriens et sa propre imagination, Émilie compose un pays qui se situe quelque part entre mythe et réalité, rêve et cauchemar, passé et présent.

Damascus Dreams - Au-delà du récit de famille - le cinéma familial
Le cinéma familial

Le moment où l’histoire familiale s’imbrique le mieux avec le monde qui l’entoure, c’est lorsque la réalisatrice nous parle des cinémas qu’il y avait à Damas. C’est une façon touchante et bien imagée pour montrer la destruction. Quoi de plus terre-à-terre que d’aller au cinéma? C’est simple, c’est accessible et en plus, c’est le média utilisé ici. On est en train de regarder un film dans lequel on nous dit qu’il y a 5 cinémas à Damas. Pour nous faire dire que, en fait, il n’y en a plus. Ils ont été détruits par la guerre. 

Ce sont ces petits moments, trop rares, qui rendent ce documentaire intéressant.

Donner la parole pour quoi?

Bien que le film ressemble un peu trop, par moment, à un film de famille, on finit par entrevoir l’idée plus large qui est de donner la parole à des immigrants syriens venus s’installer ici.

Damascus dreams -Donner la parole - le père
Le père de la réalisatrice

Mais encore faut-il que les gens à qui on donne la parole aient quelque chose à nous dire. Seulement 50% des intervenants sont pertinents, à mon avis. Si la réalisatrice avait donné la parole à moins de gens, en ciblant ceux qui avaient quelque chose de valable à raconter, Damascus Dreams serait beaucoup plus fort. Ça peut être intéressant d’utiliser un intervenant qui ne dit rien en particulier si ses silences parlent. Mais d’en mettre 4 ou 5, c’est trop. On finit par décrocher. 

Je me questionne aussi sur l’intervention d’une fillette de 8-10 ans qui dit « Je ne me rappelle pas trop. J’essaie d’oublier. »  lorsque la réalisatrice lui demande ce qu’elle se rappelle de Damas. Je ne dis pas que c’est « stagé », mais ça sonne faux. On dirait vraiment qu’on lui a demandé de dire ça. Peut-être que ce n’est pas le cas. Mais…

Un peu plus…

Serri a étudié de vieilles photos et films de famille, a interviewé des membres de sa famille et d’autres Syriens forcés de fuir leur patrie, et dans ce documentaire mêle ses propres souvenirs aux leurs. Je me demande, tout de même comment ça se fait, que tous ces gens ne parlent pas français. C’est un peu dérangeant. Et là on sort du documentaire, mais pour moi, ce film montre tout de même un grand problème de notre société d’accueil. 

Damascus Dreams - Un peu plus

Sinon, il y a de superbes plans d’une femme qui se promène dans un vaste immeuble, l’air de chercher quelque chose. Ces plans ajoutent un petit côté poétique, bienvenu, au film. Mais au final, je ne crois pas qu’on avait réellement besoin d’un documentaire pour nous expliquer que les gens qui ont fui un pays en guerre sont traumatisés. Peut-être que ça pourrait aider certaines personnes à comprendre, mais malheureusement, ces gens ne regarderont certainement pas un documentaire sur les immigrants de Damas.

Bande-annonce

Fiche technique

Titre original
Damascus Dreams
Durée
83 minutes
Année
2021
Pays
Canada
Réalisateur
Émilie Serri
Note
6.5 /10

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Fiche technique

Titre original
Damascus Dreams
Durée
83 minutes
Année
2021
Pays
Canada
Réalisateur
Émilie Serri
Note
6.5 /10

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