Pleins Écrans - Ouverture - une

[Plein(s) Écran(s)] 2022 — Jour 1

Ça commence demain! Plein(s) Écran(s) est de retour avec sa mouture 2022. Toujours avec le même concept : 3 films québécois par jour, gratuit, disponible en ligne pendant 24h sur Facebook. Cette année, les films seront aussi disponibles sur le site web du festival. 

PE2022 - Affiche

La section additionnelle de cette année s’appelle « Impression(s) ». Cette sélection est constituée de huit courts métrages de 5 minutes et moins. Une palette de films brefs, tantôt sensoriels, tantôt nostalgiques, tantôt comiques – bref, des pièces à emporter qui laissent une impression! C’est, ici, un film par jour qui vient complémenter la compétition québécoise.

Le temps du weekend du 15-16 janvier, la compétition québécoise cèdera sa place, comme chaque année, à une carte blanche. En 2022, cette carte blanche appartient au Festival du Film Francophone de Namur. Au total, ce sont 6 films de 12 à 21 minutes qui seront offerts aux spectateurs.

L’avant-dernier jour du festival appartient à Maxime Groulx. En effet, la rétrospective de cette année présente 3 films signés Maxime Groulx. 

Sans plus tarder, voici ma couverture du jour 1 de l’édition 2022 de Plein(s) Écran(s).

Compétition québécoise

Film d’ouverture Joutel (Alexa-Jeanne Dubé)

Alors que Gérard (Pierre Curzi) trouve un raton laveur mort sur le terrain de sa maison, le vieil homme se retrouve étrangement bouleversé et confronté à sa propre disparition. Obsédé par la carcasse, Jocelyne sent le désespoir de son homme grandir, un sentiment qui résonne curieusement chez elle. Après une nuit de réflexion, ils décident d’aller enterrer le raton laveur sur le terrain de leur ancienne demeure à Joutel, une ville minière fantôme fermée depuis 1998. Une fois sur les lieux, ressemblant davantage à des ruines aux allures de forêt boréale, Jocelyne (Marie Tifo) plonge dans une nostalgie profonde. C’est là, lors d’un pique-nique morbide pour enterrer la bête, qu’ils feront la rencontre d’un être mystique qui les mènera à faire la paix avec leurs démons intérieurs.

Joutel

Avec son plus récent court métrage, Alexa-Jeanne Dubé réussit à nouveau à surprendre le spectateur avec une œuvre hors-norme. En signant une mise en scène aux allures plus classique, amène ce qui semble être un film banal sur un vieux couple, dans une direction étonnante et insoupçonnée. 

Elle utilise (j’aurais envie de dire « encore ») le split-screen afin de montrer deux points de vue de façon simultanée. L’effet est totalement réussi puisque 15 minutes sont suffisantes pour donner une belle profondeur et surtout une belle présence à ses deux personnages superbement interprétés par Pierre Curzi et Marie Tifo. 

Ce film qui marche sur la mince ligne entre réalisme et surnaturel montre que la jeune réalisatrice mérite d’être citée au côté d’autres réalisateurs et réalisatrices lorsqu’on parle des grands talents émergents du cinéma au pays.

Y’a pas d’heure pour les femmes (Sarra El Abed)

Tunis, novembre 2019. Des femmes sont rassemblées chez Saïda la coiffeuse, à l’aube des élections présidentielles. Le salon est transformé en place publique, miroir de l’agitation interne du pays. Dans ce huis clos féminin, on découvre l’adolescence démocratique du pays.

Pas d'heure pour les femmes

Derrière ses allures de film de bla-bla, le court documentaire de Sarra El Abed montre non seulement la politisation des femmes tunisiennes, mais aussi ce que peut provoquer le manque de connaissances historiques des jeunes générations. Tout comme chez nous, cette jeunesse qui n’a pas vécu les luttes du passé ne comprend pas bien les enjeux auxquels elle fait face. Ici, ce sont les droits des femmes qui sont en jeu dans ce débat entre les femmes de plus de 40 ans, et une jeune femme de 18 ans qui votera pour la première fois. 

Pour le public québécois, c’est aussi intéressant de voir à quel point les discussions peuvent se rapprocher de ce qu’on entend parfois ici. Je veux aussi attirer l’attention sur une phrase de la jeune femme : « ce n’est pas la place d’une femme [la présidence]. On n’écoutera pas ce qu’elle dit. On regardera seulement ce qu’elle porte. »

On l’a entendu ici, il n’y a pas si longtemps…

Monsieur Cachemire (Iouri Philippe Paillé)

Un homme mystérieux et excentrique rend visite à un banquier pour lui demander un prêt insolite et lui faire revivre de sombres secrets du passé.

Monsieur Cachemire

Voici un film grand public au punch réussi. Avec son court métrage, Paillé offre un film au style classique qui marche sur la ligne entre réalisme et absurde. Dans ce cas-ci, on peut clairement dire que la création d’un court métrage de genre est réussie. 

Ce genre de film est souvent soldé par un échec. Mais grâce à une belle mise en scène et à de belles performances de la part des deux acteurs principaux, le réalisateur amènera le public de Plein(s) Écran(s) à bord d’un beau moment de plaisir garanti. 

Impression(s)

Au placard (Vivien Forsans)

France, 2012. Un jeune ado confie un secret intime à son amie, mais va vite le regretter en regardant le journal télévisé.

Au Placard

Une des promesses du Parti Socaliste de 2012 était la légalisation du mariage pour tous. Malheureusement, ça a ravivé les flammes et le mouvement contre a grossi et grossi. Ce que montre de façon plutôt amusante et accessible, c’est l’effet de ces manifestations pour certains homosexuels ou bisexuels. 

Avec une animation 2D, Forsans réussit à toucher le spectateur sans pour autant chercher à créer de l’émotion. Il y va simple et direct. Une belle réussite qui plaira aux grands, mais aussi aux moins grands. Tant qu’ils savent lire. À voir!

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