Snakehead — La femme aux couilles d’acier

« Even after 8 years, a mother knows her daughter. »
[Même après huit ans, une mère reconnaît sa fille.]

Snakehead - posterSœur Tse (Shuya Chang) arrive à New York par l’intermédiaire d’un Snakehead, un passeur de clandestins. Elle gagne les faveurs de la matriarche de la famille du crime organisé et elle gravit rapidement les échelons. Bientôt, Tsé doit concilier son succès avec sa véritable raison de venir en Amérique.

Avec Snakehead, Evan Jackson Leong offre un film qui a pour unique point d’originalité le fait que sa protagoniste est une femme. Disons que c’est plutôt mince pour se distinguer réellement.

Shuya Chang plutôt que Liam Neeson

On remplace le mâle viril par une femme aux couilles d’acier et on obtient Snakehead. Un film peu original, mais qui met à l’avant-plan des femmes. Pour certains c’est suffisant pour dire qu’il s’agit d’un bon film. En sommes-nous rendus là dans notre lutte à l’égalité des chances?

Snakehead - Shuya Chang plutôt que Liam Neeson
Sister Tsé (Shuya Chang)

C’est un fait que ce genre de film d’action ne donne pas souvent les rôles principaux aux femmes. Ici, le réalisateur a décidé de miser sur le fait que les mères, les sœurs et les grands-mères sont le cœur et le fondement de pratiquement toutes les communautés asiatiques. Il a transposé ce modèle sociétal au sein de la pègre. 

Mais une fois ce transfert de sexe, il y a peu à se mettre sous la dent.

Mince

En effet, le scénario est mince, et les dialogues aussi. Ah oui, les dialogues… Parlons-en. Vous connaissez des gens de la communauté chinoise? Que l’on soit à New York, à Toronto ou à Montréal, il y a une constance : entre eux, ils parlent leur langue, pas le français ou l’anglais. Sauf si l’un parle (disons) mandarin et l’autre (disons encore) cantonais. Mais ici, on parle 90% du temps anglais. 

Snakehead - Mince
Mah (Jade Wu)

Quant au scénario en général, on manque clairement d’inspiration. Encore une fois, on est en présence du héros solitaire qui réussira à piéger les grands chefs d’une organisation criminelle. À un détail près, la fin du film. Heureusement, et ça sauve un peu les meubles, la dernière scène amène un élément surprenant pour ce genre de cinéma. Mais j’imagine que Snakehead plaira à son public cible autant que n’importe quel film d’action mettant en scène une organisation criminelle et un héros qui les vaincra. 

Mais encore…

Snakehead a été conçu pour et par le quartier chinois de New York. Du magasin d’aquarium à Jing Fong, à la cabane à dumpling de Mott Street, ce film est une capsule temporelle de ce quartier historique. 

Pour ceux à la recherche d’un film d’action sans effusion de sang, le long métrage de Leong pourrait faire le travail. Mais, si vous cherchez un truc qui bouge à fond, ou encore qui amènera des questionnements, vous êtes peut-être mieux de regarder ailleurs.

Note : 6/10

 Bande-annonce  

Fiche technique : 

Titre original : Snakehead
Durée : 89 minutes
Année : 2021
Pays : États-Unis
Réalisateur : Evan Jackson Leong
Scénario : Evan Jackson Leong

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

© 2021 Le petit septième