[FNC] 6 courts métrages québécois à voir

Cercueil, tabarnak! (Loïc Darses) — Les bons débarras

Mai 1980, le référendum québécois sur la souveraineté aura lieu demain. Le père de Raymond vient de mourir et les funérailles sont dans les mains des services de Desmarais et fils. Autant d’éléments pour un parallèle entre le long litige Québec-Canada. Le curé parle d’union durable pendant la cérémonie funéraire.

Cercueil tabarnak!

Raymond (Emmanuel Bilodeau) et sa fille Lucie (excellente Lulou Roy-Lanouette) mènent une enquête qui mènera à la conclusion claire que l’on se fait fourrer par celui qui prétend nous rendre service. Un parallèle, aussi, avec le fameux film Les bons débarras de Francis Mankiewicz, de 1980 — comme par hasard.

Excellent scénario, excellents acteurs, mais un film assez sombre sur une allégorie importante, mais pas très claire.

Note : 9/10

La vie heureuse (Amélie Hardy) — Vous n’êtes pas ici…

On joue sur l’idée de stress et détresse tout au long du film. Sous forme d’un exercice de relaxation, ce documentaire nous amène dans l’abime des milliers d’images dont nous sommes quotidiennement bombardés, de la circulation automobile aux images de famine et de guerre, de sexe, de nourriture, etc., on passe à des images de ciel bleu accompagnées de musique relaxante. 

La vie heureuse

Lâcher prise, tel semble être le message de ce film. Certains peuvent choisir de faire le vide en faisant un show de boucane, certains en se laissant flotter dans une piscine à vagues avec des milliers d’autres personnes, mais d’autres préfèreront le silence total, le vide sidéral. Ce film slalome entre la guerre et la paix, dans une atmosphère de fin du monde.

Note : 8/10

Grand frère (Rémi St-Michel) — T’étais pas là!

Tel est le reproche du plus jeune frère à son aîné qu’il n’a pas vu depuis longtemps. Le plus vieux a un bébé. Le jeune est pas mal junky, sur la coke, et sur le point de devenir papa. Le film montre le fossé entre le grand frère qui vit à Moscou et le jeune de Montréal dont la vie ne va nulle part. 

Grand frère

Un film, dans lequel on découvre une relation qui se recoud difficilement, assez sympathique et qui offre quelques scènes touchantes. On ne peut parler d’un grand film, mais d’une œuvre qui apporte une fraîcheur de discours au niveau de la rue. Une belle finale.

Une réussite personnelle pour le réalisateur.

Note : 8.5/10

La grogne (Alisi Telengut et Dominique Dussault) — On a mis quelqu’un au monde…

Film d’animation avec des personnages laineux, oursons debouts, mère et fille qui vivent dans la même maison. Un chien que la mère préfère à sa fille. Jalousie de la fille envers le chien. Une scène du chien qui pisse m’a un peu rebuté.

La grogne

Drôle de forme d’animation, mais le sujet est intéressant. La fille qui essaie d’attirer l’attention de sa mère sans succès réussira à trouver un moyen que l’on devine douteux…

Bon petit film d’animation sentimental.

Note : 8/10

Tibbits Hill (Edith Jorich) — Libération 

Filmé en noir et blanc, ce bizarre de film nous présente un décor intemporel et sans indice géographique. On pourrait penser au Vietnam au départ avec deux jeunes femmes qui déterrent des patates la peur au ventre, d’un possible bombardement. Des enfants sont réfugiés dans un bâtiment qui pourrait être une école abandonnée. Un bruit intolérable vient semer la peur de temps en temps. Les cueilleuses ramènent la nourriture de survie.

Tibbits hill

Un film muet, aucune parole, les deux plus vieilles sont asiatiques, mais les enfants sont occidentaux. Un portrait de la peur que nous avons parfois sous forme de cauchemars. Puis, la liberté, la paix!

Super bien filmé, atmosphère très efficace, ce film possède de grandes qualités sans faire de morale ni de leçons. Je pense qu’il y a ici une grande expression du retour à l’essentiel.

Note : 9/10

Ousmane (De Jorge Camarotti) — Hymne à la bonté du monde 

Un portrait extrêmement juste des conditions d’adaptation des immigrants qui subissent le choc des conditions de vie à Montréal, en hiver, et qui s’ennuient des proches qu’ils ont laissés en Afrique ou ailleurs. Ousmane travaille dans une buanderie d’hôpital ou équivalent, envoie de l’argent à ses proches restés dans son pays. Il vit avec sa petite famille adorable. Dans son immeuble, une dame âgée et perdue vit dans le plus grand désordre. Il la prend sous son aile. 

Ousmane

Ce film est un pur bijou! Un pied de nez aux détracteurs de l’immigration. Un film d’une extrême bonté humaine. Un immigrant noir, pauvre, vient ici nous faire la leçon sur la condition humaine en Amérique que l’on dit civilisée et évoluée. Un film intelligent par sa simplicité. Un Oscar pour ce chef-d’œuvre!

Note : 10/10

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