[FNC] Compétition courts métrages — Les nouveaux alchimistes 2

Je poursuis ma couverture des courts métrages en compétition dans la section Les nouveaux alchimistes, avec le volet numéro 2.

Chanson pour le nouveau monde (Miryam Charles) — Québec (Canada)

Plusieurs années après la disparition de son père en Écosse, une jeune femme se remémore son enfance sur une île des Caraïbes.

Chanson pour le nouveau monde

Voici un film qui se regarde, mais surtout qui s’écoute, comme une berceuse. Sans être une œuvre magnifique, ce film vient chercher l’enfant en nous. Qui n’a pas aimé se faire raconter une histoire ou se faire chanter une berceuse avant de s’endormir? Et bien que le texte soit en créole, il s’adresse aux gens de tous horizons.

First Time [The time for all but sunset – Violet] (Nicolaas Schmidt) — Allemagne

Écoutez la musique, prenez la route. Deux jeunes hommes se rencontrent lors d’un voyage en train. Quelque chose est né – pas grand-chose – et pourtant tout à la fois.

First time

On peut dire, après avoir vu First time, que Coke savait créer des émotions et montrer l’amour. Le film débute avec des anciens commerciaux de Coca Cola. Et à un certain moment, les bouteilles rouges réapparaissent dans le film. 

C’est intéressant de voir à quel point le cerveau humain est incapable d’accepter le « rien ». Dans ce court métrage, on passe 40 minutes à regarder deux jeunes hommes dans un train. Il ne se passe rien. Mais notre cerveau n’a de cesse de nous laisser croire qu’il va bientôt se produire quelque chose. Je ne vous dirai pas si, oui ou non, le fameux « quelque chose » se produit. Mais ce que je peux dire, c’est que plus le film avance et plus il est difficile de s’arrêter de le regarder. Ce même si c’est bizarre de ne pas avoir de son par moments, ou d’entendre les autres passagers en sourdines. Ah oui… Pendant presque tout le voyage en train, la caméra est fixe et il n’y a aucune coupure. Un très long plan-séquence sans mouvement. Un choix audacieux de la part du réalisateur.

Happy Valley (Simon Liu) — R.A.S. chinoise de Hong Kong

Les structures de l’ère coloniale britannique surplombent les scènes qui ont suivi les troubles civils alors que les Hongkongais s’efforcent de conserver un semblant de normalité. Ce film interroge le rôle des soi-disant « petites choses ».

Happy Valley

Disons qu’elle n’est pas si « heureuse » la vallée. Ce film est très intéressant, mais je me questionne un peu sur sa présence dans cette catégorie. Est-ce que le fait qu’il y ait de la musique et qu’il n’y ait pas de narration en font un documentaire expérimental? Mis à part qu’il n’est peut-être pas dans la bonne sélection, ce film a une valeur pour tous ceux qui veulent se plonger dans un questionnement sur la place de Hong Kong au sein de la Chine.

Notes from the periphery (Tulapop Saenjaroen) — Thaïlande/Royaume-Uni

Tourné dans les zones périphériques du port de Laem Chabang, à Chon Buri, en Thaïlande, le film interroge la notion de territorialité, de réseaux mondialisés et de propriété.

NOTES FROM THE PERIPHERY

En voici un qui n’est pas évident à suivre. Notes from the periphery est clairement plus intéressant pour quelqu’un qui connait un peu la situation thaïlandaise. Sinon, pour les incultes dont je fais partie, ça reste un film difficile à comprendre puisqu’il n’y a pas de contexte, juste des images. La première partie offre des images en superpositions, alors que la deuxième partie offre des images prises aux abords de l’eau, avec une narration. Ce court métrage en laissera plus d’un perdus…

Portage place mall (With love) (Ryan Steel) — Canada

En 1986, trois pâtés de maisons du centre-ville de Winnipeg ont été démolis pour faire place à un centre commercial, un espace communautaire utopique appelé Portage Place.

Portage place mall

Est-ce un hommage? Est-ce une façon de montrer que ce genre d’endroit est aujourd’hui désuet? Je dois dire que je ne suis pas vraiment convaincu de la valeur de ce film. En tout cas, il m’a donné l’impression de retourner en enfance, dans ces très nombreux centres d’achats qui étaient partout pendant les années 1980.

Sometimes a little sin is good for the soul (Alex Beriault) — Canada/Allemagne

Trois femmes demeurent en suspens dans un environnement intimement lié à leurs actions tandis qu’un panneau lumineux « Sortie » apparaît ponctuellement. Peu importe la fréquence à laquelle le signal revient, il n’indique jamais une issue claire.

Sometimes a little sin is good for the soul

Le cinéma expérimental, c’est souvent ça : un film qui nous captive sans qu’on ne sache pourquoi. Le court métrage de Beriault est venu me chercher. Est-ce parce qu’il donne l’impression qu’il n’y a aucune issue? Ou que le temps est suspendu? Quoi qu’il en soit, ce film s’inscrit parfaitement dans l’époque covidienne actuelle. Je le suggère vivement.

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Ma couverture des nommés se poursuivra dans les prochains jours. Ne la manquez pas puisque les films sont disponibles jusqu’à la fin du mois d’octobre, sur le web.

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