[TIFF] Les courts métrages de l’ONF

La 46e édition du Festival international du film de Toronto (TIFF) présente 10 jours de cinéma international et canadien avec près de 200 films dans sa sélection officielle. Reconnu comme un des plus grands festivals de cinéma public au monde, le TIFF redonne vie à l’expérience théâtrale avec sa programmation de films primés provenant de partout dans le monde.

Et pour LPS, ça commence avec les 3 courts métrages de l’ONF qui ont été sélectionnés pour cette édition 2021.

Les films

Meneath: The Hidden Island of Ethics (Terril Calder) 

Au cœur de l’île de la Tortue, une petite Métisse voit le jour. Ses émerveillements d’enfant se trouvent perturbés lorsque Jésus lui apparaît et lui révèle les prétendus péchés de l’humanité. Alors convaincue d’être souillée et s’imaginant destinée aux enfers, la petite fille supporte les mauvais traitements et le racisme : la peur et le dégoût d’elle-même l’habitent désormais. Pour apaiser son traumatisme, Nokomis met en lumière les enseignements anichinabés profondément enfouis à l’intérieur de l’enfant. Pour chaque péché présumé, la petite fille reçoit un enseignement qui la remplit de force et de fierté, et lui ouvre une voie vers la guérison.

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Outch! Avec Meneath: The Hidden Island of Ethics, Terril Calder frappe à grand coup sur le racisme et la religion. Avec son magnifique film en stop-motion (image par image) la réalisatrice, qui signe aussi la narration, explore les contradictions entre les sept péchés capitaux et les sept enseignements sacrés de son peuple. Nous savons tous, maintenant, que l’Église a joué un grand rôle dans la « destruction » des cultures autochtones. Mais entre savoir quelque chose et le réaliser, il y a parfois une grosse marche. C’est cette marche que le film de Calder aide à franchir. 

Pour bien mettre en opposition ces deux réalités, la réalisatrice met en scène une jeune métisse. Il est facile d’imaginer que si retrouver qui elle est pour une personne autochtone est difficile, c’est encore pire pour une personne mélangeant deux origines. Mais pour mieux le comprendre, pourquoi ne pas prendre 19 minutes et regarder cette œuvre incroyable?

Fiche technique :

Titre original : Meneath: The Hidden Island of Ethics
Durée : 19 minutes
Année : 2021
Pays : Canada
Réalisateur : Terril Calder
Scénario : Terril Calder

Honour to Senator Murray Sinclair (Alanis Obomsawin)

En tant que président de la Commission de vérité et réconciliation, le sénateur Murray Sinclair a joué un rôle clé dans la sensibilisation mondiale aux atrocités du système des pensionnats du Canada. Avec détermination, sagesse et gentillesse, le sénateur Sinclair demeure inébranlable dans sa conviction que la voie d’une véritable réconciliation entre les peuples autochtones et non autochtones nécessite de comprendre et d’accepter des vérités souvent difficiles sur le passé et le présent du Canada. Alanis Obomsawin partage le discours que le sénateur a prononcé lorsqu’il a accepté le Prix de la paix mondiale WFM-Canada, entrecoupant les témoignages déchirants d’anciens élèves emprisonnés dans les pensionnats. Le fait d’honorer le sénateur Sinclair nous rappelle d’honorer la vie et l’héritage des dizaines de milliers d’enfants autochtones retirés de leur foyer et de leur culture, et nous laisse le profond sentiment d’un avenir meilleur.

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Murray Sinclair

Ce court métrage documentaire ne révolutionnera rien. Il n’est pas particulièrement excitant non plus. Mais il est pertinent et il met en lumière ces choses que nous refusons souvent de voir et d’entendre. Ce qui est encore plus intéressant dans ce documentaire, c’est l’angle d’attaque du sénateur Sinclair. Il ne lance pas la pierre aux Blancs. Il ne nous (allochtones) demande pas de tout donner et de nous mettre à genoux. Ce que ce film fait, c’est de donner voix à ce discours qui n’a pas été entendu en dehors de certains cercles. En mettant en film les mots qui ont été prononcés ce jour-là, il est possible que plus de gens l’entendent, et moi le premier. Ma compréhension de ces enjeux n’est pas grande. Je sais à peu près ce qui s’est passé. Mais en fait, je n’en sais pas grand-chose. Mais grâce à une de mes collègues (Nay, pour ne pas la nommer) et à des films comme celui-ci, je commence tranquillement à ouvrir mon esprit et à mieux comprendre le passé afin de pouvoir entendre et imaginer des pistes de solutions dans ce que devrait être l’avenir de nos nombreux peuples, ensemble. Car s’il y a un message à garder en tête à la fin de ce court film, c’est qu’au-delà de l’importance de comprendre le passé, c’est surtout de préparer le futur qui importe. 

Fiche technique : 

Titre original : Honour to Senator Murray Sinclair
Durée : 29 minutes
Année : 2021
Pays : Canada
Réalisateur : Alanis Obomsawin
Scénario : Alanis Obomsawin

Saturday Night (Rosana Matecki)

Une neige immaculée recouvre les rues silencieuses de Montréal. La cinéaste Rosana Matecki repense au deuil collectif de Leonard Cohen qui a suscité en elle un tout premier sentiment d’appartenance à la ville. Elle fait la connaissance de deux compatriotes latino-américains qui cherchent eux aussi à tisser des liens intimes avec leur ville d’adoption. Magaly, la jeune cinquantaine, est caissière dans une épicerie; Juan, environ soixante-quinze ans, est peintre. Inspirés par ceux et celles pour qui liberté et mouvement ne font qu’un, ils se croisent un samedi soir à l’intérieur d’une petite salle de danse avec des amateurs de tango ayant franchi le mitan de la vie. Pendant quelques heures, ils dansent, s’abandonnant à la chaleureuse étreinte de l’intimité et de l’appartenance.

Saturday Night
Juan

Tourné en espagnol, le film de Rosana Matecki est un essai documentaire qui explore la solitude et le vieillissement en milieu urbain. Pour une des protagonistes, c’est l’idée de mourir seule, dans une résidence pour personnes âgées qui la perturbe le plus en vieillissant. Pour l’autre, c’est une crise cardiaque qui a créé un sentiment d’urgence à vivre pendant qu’il a encore ses moyens. 

Ce récit intime fait réfléchir le spectateur sur la manière dont il imaginera son propre vieillissement. Et après plus d’une année et demie de confinement et semi-confinement, un film sur la solitude semble encore plus exposer un maillon faible de notre existence commune.

Fiche technique : 

Titre original : Saturday Night
Durée : 15 minutes
Année : 2021
Pays : Québec (Canada)
Réalisateur : Rosana Matecki
Scénario : Rosana Matecki

Pour vous procurer des billets, visitez le site du festival.

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