[Fantasia] Satoshi Kon, The Illusionist — Exploration d’une courte et grande carrière

AFF SATOSHI KON, THE ILLUSIONISTPour le grand public, le cinéma d’animation japonais se résume à un seul nom : Hayao Miyazaki. Si le cofondateur du studio Ghibli est réputé, à raison, comme étant le plus grand réalisateur dans ce milieu, il y a bien sûr d’autres grands cinéastes qui sont certes moins connus par un public plus large, mais admirés par les plus initiés. On peut notamment penser au regretté Isao Takahata, qui a fondé Ghibli avec Miyazaki et, qui est nous donné des films comme Le tombeau des lucioles et Le conte de la princesse Kaguya, Katsuhiro Otomo, qui a démontré au monde entier ce que le Japon pouvait produire en terme d’animation en réalisant Akira, ou encore Makoto Sinkai, réalisateur de l’immense succès public qu’est Your name. Mais dans cette longue liste, il reste un artiste dont l’œuvre unique, expérimentale et visionnaire a bouleversé les spectateurs et le cinéma d’animation japonais. Cet homme, c’est Satoshi Kon, et le réalisateur français Pascal-Alex Vincent en a réalisé un portrait avec Satoshi Kon, The Illusionist, présenté à l’édition 2021 de Fantasia.

Le portrait d’un maître

Dans ce documentaire, le réalisateur, qui est lui-même un passionné de cinéma japonais, retrace la carrière de l’animateur, de ses débuts dans le manga, à la conception de ses films et de la série télé Paranoia Agent, jusqu’à sa mort prématuré à l’âge de 46 ans suite à un cancer du pancréas, le tout en faisant un retour sur son projet avorté : Dreaming Machine. C’est avec, en plus, plusieurs entrevues, que ce soit des spécialistes du réalisateur, des anciens collaborateurs ainsi que d’autres réalisateurs reconnus, qu’ils soient japonais comme Mamoru Oshii (Ghost in the shell) ou Mamoru Hosoda (Les enfants loups) ou américains comme Darren Aronofsky (Requiem for a Dream) ou Rodney Rothman (Spiderman : Into the Spiderverse). Le but étant d’expliquer comment, en seulement quatre films et une série télévisée, Satoshi Kon a influencé l’industrie de l’animation et du cinéma.

SATOSHI KON, L_ILLUSIONNISTE_IWAO - Portrait de maitre

Car ici, c’est surtout une analyse de l’œuvre du réalisateur qui est présentée. L’occasion parfaite pour un public néophyte d’en apprendre plus sur ses films et d’avoir possiblement l’envie de les regarder. Mais, aussi, aux fans de l’animation de découvrir les secrets derrière leurs films préférés. Le travail de Pascal-Alex Vincent est en effet très complet, expliquant très bien en quoi ces longs-métrages sont uniques et comment ils ont été une influence non seulement au Japon, mais même à Hollywood. Les interventions des différents spécialistes, philosophes et critiques est un véritable plus au film. De plus, le documentaire regorge de plusieurs anecdotes croustillantes, que ce soit l’histoire derrière l’actrice principale de Perfect Blue, l’influence principale de Millenium Actress ou encore la méthode de travail pendant la conception de Tokyo Godfathers.

Avec un petit manque

Cependant, si le film propose une analyse profonde de la carrière Satoshi Kon, il est dommage qu’il n’y ait pas eu autant de temps accordé sur la personnalité du réalisateur dans un portrait à son sujet.  Si certains aspects sont abordés, notamment sa grande gentillesse et son désir d’aider les jeunes animateurs, il reste que très peu de moments sont consacrés à l’homme en tant que tel – au-delà de l’artiste. Plusieurs intervenants mentionnent qu’il était assez mystérieux et reclus sur lui-même, mais il aurait sans doute été possible de fouiller un peu plus dans sa vie privée ou de parler à sa famille et à ses proches, qui sont absents du film, et de découvrir des aspects inconnus du réalisateur de Paprika.

SATOSHI KON, L_ILLUSIONNISTE_MÉTRO - Un manque

Malgré ce manque de contenu sur la personnalité du bonhomme, le documentaire de Pascal-Alex Vincent est une véritable porte d’entrée dans l’univers de Satoshi Kon, permettant aux spectateurs de découvrir ou redécouvrir l’un des réalisateurs d’animation japonais les plus talentueux et uniques qui ait existé. Il nous fait penser que s’il était encore vivant, le cinéma aurait vu naitre un grand nombre de chefs-d’œuvre. 

Note : 7/10

Satoshi Kon, The illusionist est présenté au festival Fantasia du 5 au 25 août 2021.

Bande-annonce

Fiche technique : 

Titre original : Satoshi Kon, l’illusionniste
Durée : 82 minutes
Année : 2021
Pays : France/Japon
Réalisateur : Pascal-Alex Vincent
Scénario : Pascal-Alex Vincent

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