« I thought you were supposed to be the expert… »
[Je croyais que vous étiez supposé être l’expert…]

Agnes - AfficheDans un couvent au décor onirique rempli de gâteaux givrés, têtes de lions empaillées et arrangements floraux excessifs, un prêtre et son acolyte doivent enquêter sur des rumeurs de possession démoniaque. De prime abord, les investigateurs forment un duo assez mal assorti : le prêtre dissident (Ben Hall), et le novice au regard perçant, l’innocent Benjamin (Jake Horowitz). Le maître et l’élève seront tous deux soumis à la tentation au cours de leur séjour dans ce couvent où il se passe décidément des choses étranges. La foi en Dieu d’une certaine sœur Agnes (Hayley McFarland) sera durement éprouvée… et celle des deux enquêteurs également.

Avec Agnes, Mickey Reece repousse les limites de la narration à la première personne, et expose sans gêne les défaillances fondamentales de la vie religieuse institutionnalisée.

Une critique de la religion

Sous ses allures de films d’horreur et ses clins d’œil à Pshycho, le classique d’Hitchcock, Agnes cache une forte critique de la vie religieuse. Par moment, cette critique est subtile, comme lorsque Father Donaghue (le prêtre dissident) envoie à la mère supérieure qu’elle ne veut pas du jeune apprenti parce qu’il est un étalon et que les brebis ne seront pas en mesure de lui résister. Et parfois assez directes, comme lorsque le même prêtre explique à Benjamin que les exorcismes ne sont pas très complexes à réaliser puisqu’en réalité il n’y a pas de démon dans le corps des jeunes femmes, juste un besoin d’attention.

AGNES - critique de la religion
Mary (Molly Quinn)

Dans la même séquence, Donaghue explique aussi que les exorcismes se pratiquent encore, mais que l’église n’en parle pas et fait tout pour garder cela secret. Cette scène m’a fait penser à ce faux documentaire italien sur l’exorcisme en Sicile, Liberami

C’est là tout l’intérêt d’Agnes : il pose la question et amène le spectateur à se questionner sur la véracité de cette notion d’exorcisme. Contrairement aux autres films du genre, ici, non seulement les personnages doutent que la possession soit vraie, mais le spectateur ne sait pas trop quoi penser non plus.

Incertitude pour le spectateur

En effet, lorsqu’on regarde le long métrage de Reece, on ne sait trop quoi penser. Et le film ne donne pas toutes les réponses. Un peu comme une religion, finalement. 😉

D’ailleurs, certaines scènes sortent de nulle part, de manière possiblement onirique. La séquence la plus marquante est celle où Mary (Molly C. Quinn) pleure des larmes de sang. Pourquoi? Pour qui? Et la scène finale est… incroyable. Je ne peux pas en dire plus.

AGNES - Incertitude chez le spectateur

Par contre, il semble que le réalisateur était aussi dans l’incertitude en sélectionnant sa distribution. Comment se fait-il que dans cette communauté religieuse fermée, il n’y a presque que des jeunes femmes (moins de 40 ans)? 

Mais encore…

Avec des images frappantes et un visuel simplement magnifique, Agnes sort de la masse du cinéma d’horreur. Cela étant dit, le film ne fait pas vraiment peur. Mais il est passionnant à regarder et il amène le spectateur à réfléchir. Disons que c’est déjà beaucoup pour un film de genre. 

Je vous suggère donc ce film, qui est disponible en ligne, pendant tout le festival.

Note : 7.5/10

Agnes est présenté au festival Fantasia, du 5 au 25 août 2021.

Bande-annonce

Fiche technique : 

Titre original : Agnes
Durée : 92 minutes
Année : 2021
Pays : États-Unis
Réalisateur : Mickey Reece
Scénario : Mickey Reece et John Selvidge

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