Pinocchio — Rédemptions

« Io non voglio essere un burattino. Voglio diventare un bambino come tutti gli altri. »
[Moi j’ai pas envie d’être un pantin pour le restant de ma vie. Je veux devenir un petit garçon comme ceux de mon âge.]

Affiche - PinocchioUn jour, Geppetto (Roberto Benigni), un vieux sculpteur sur bois, décide de créer le plus beau des pantins de bois. Mais quelque chose de magique se produit – la marionnette effrontée commence à parler et peut marcher, courir et manger comme n’importe quel jeune garçon. Geppetto l’appelle Pinocchio et l’élève comme son fils. Mais Pinocchio a du mal à être bon. Facilement égaré, il passe d’une mésaventure à l’autre alors qu’il est trompé, kidnappé et pourchassé par des bandits à travers un monde fantastique plein de créatures imaginatives – du ventre d’un poisson géant, au Pays des Jouets en passant par le Champ des Miracles. Sa fidèle amie, la fée, essaie de lui faire comprendre que son rêve – devenir un vrai garçon – ne pourra se réaliser que lorsqu’il changera enfin ses mauvaises habitudes.

Tourné dans la magnifique région des Pouilles (Puglia), Pinocchio, de Matteo Garrone – mettant en vedette Roberto Benigni – est la plus récente et la plus magique des adaptations du mythique conte italien. Pendant 2 heures, j’étais à nouveau un petit garçon.

Rédemption

Pour Benigni, on pourrait dire que son rôle dans le film de Garrone est une sorte de rédemption. Lorsqu’il avait lui-même adapté Pinocchio, en décidant d’interpréter le rôle principal malgré ses 50 ans, on avait douté. Malheureusement, avec raison. Mais ici, en Geppetto, il est simplement parfait. Benigni possède une présence spéciale, que peu de gens ont. Il a cette façon de montrer l’émerveillement. Regardez la bande-annonce. La scène où il crie à qui veut l’entendre qu’il a maintenant un fils vous fera comprendre ce que je veux dire. Il donne, avec sa performance, tout ce qu’il faut pour que le spectateur embarque dans cet univers fantastique. Une présence aussi forte d’un acteur de soutien est toujours dangereuse dans un film. Il risque de faire de l’ombre au personnage principal si l’acteur qui l’interprète n’est pas à la même hauteur. Ce qui, ici, est un gros défi. Et le jeune garçon de 9 ans qui personnifie Pinocchio, Federico Ielapi, ne déçoit pas. 

Pinocchio - Rédemption
Pinocchio (Federico Ielapi) et Geppetto (Roberto Benigni)

Dès sa première ligne, « Babbo », le charme opère. Le garçon ne joue pas, il est. Et soyons honnête, ce rôle n’est pas facile. De plus, c’est une pression immense que d’interpréter un personnage que tout le monde connait déjà.

Mais revenons à la rédemption. Après son pénible Tale of tales, Garrone aussi avait quelque chose à prouver. Avec Pinocchio, il fait un retour dans l’univers du conte. Cette fois-ci, il s’associe à Massimo Ceccherini pour écrire un scénario solide. 

En entrevue, le réalisateur avait d’ailleurs déclaré ceci : « With this movie, I am completing my journey through the fairy-tale world that I started with Tale of Tales. I hope it’s an evolution thanks to the experience I’ve gained. » [Avec ce film, je termine mon voyage dans le monde des contes de fées que j’ai commencé avec Tale of Tales. J’espère que c’est une évolution grâce à l’expérience que j’ai acquise.] La leçon a bien été apprise.

Le créateur

Avant de voir ce film, je n’avais jamais réalisé le côté chrétien de cette histoire. Geppetto fait un beau Dieu alors que Pinocchio serait… l’humain créé à son image. Celui qui doit apprendre à être bon. D’ailleurs, la bonne fée le répète à plusieurs reprises au pantin. S’il veut devenir un vrai garçon, il doit apprendre à être bon. 

Pinocchio - Le créateur

Mais bon, le message général reste positif, puisqu’être bon est ce que chaque enfant devrait apprendre. Non? Et c’est à travers cette quête que Pinocchio amènera le jeune spectateur à comprendre que s’il n’écoute pas ses parents, de bien mauvaises choses lui arriveront.

Mais encore…

Pourquoi un autre Pinocchio ?  C’est une question qui se pose face à l’idée de s’attaquer au classique de la littérature italienne le plus traduit et le plus vendu dans le monde.

Le visage au nez pointu distinctif de Pinocchio est partout et est devenu le visage de l’esprit et du mode de vie italiens. Ses aventures ont atteint tous les domaines de la langue et de la culture italienne. Pinocchio a été traduit en 240 langues et reste parmi les 50 meilleurs vendeurs au monde. Partout dans le monde, tout le monde sait qui est Pinocchio.

Pinocchio - Mais encore - Alida Baldari Calabria et Maria Pia Timo
La fée (Alida Baldari Calabria) et l’escargot
(Maria Pia Timo)

Comme pour n’importe quelle adaptation qui a déjà été faite, la vraie question est « est-ce que ça amène quelque chose de nouveau ou de différent? » Et avec son Pinocchio, c’est ce qu’apporte Garrone : une nouvelle vision d’un conte qu’on croit tous trop bien connaitre. Je vous invite fortement à découvrir cette nouvelle vision d’une histoire que l’on ne connait pas si bien que ça!

Note : 9/10

Bande-annonce

Pour la bande-annonce doublée en français, c’est à la fin du texte

Fiche technique : 

Titre original : Pinocchio
Durée : 125 minutes
Année : 2019
Pays : Italie/France/Royaume-Uni
Réalisateur : Matteo Garrone
Scénario : Matteo Garrone et Massimo Ceccherini

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

© 2021 Le petit septième