club-Vinland-AfficheLe Club Vinland, c’est l’histoire d’un éducateur exceptionnel dans un collège de garçons de l’est du Québec de la fin des années 1940. Adulé de ses élèves mais perçu comme trop dérangeant par les supérieurs de sa congrégation, le charismatique Frère Jean (Sébastien Ricard) est un progressiste annonciateur des changements à venir dans le Québec des années 1950 et 1960. Voulant à la fois résoudre une énigme historique, motiver ses élèves et empêcher le décrochage d’Émile (Arnaud Vachon), un étudiant en difficultés, Frère Jean entreprend de conduire des fouilles archéologiques visant à prouver l’établissement d’une colonie Vikings (le Vinland) sur la côte du Saint-Laurent. L’entreprise bouleversera la vie du collège et laissera sa marque sur les destins du jeune Émile – et de Frère Jean lui-même.

Le pensionnat religieux peut être un excellent décor pour un film. Les histoires qui s’y déroulent peuvent traiter de différents thèmes telles que l’enfance, l’amitié, la religion, l’histoire ainsi que l’apprentissage. Dans les films célèbres du genre, on peut notamment retrouver le chef-d’œuvre de 1987 réalisé par Louis Malle Au revoir les enfants, une histoire d’amitié et d’enfance sous fond de Seconde guerre mondiale. Plus près de chez nous, Léa Pool nous a donné en 2015 La Passion d’Augustine, utilisant le lieu et ajoutant l’importance de la musique ainsi que la Révolution tranquille. Ce film a valu à la cinéaste de nombreuses récompenses lors du Gala Québec Cinéma de 2016. Cette année, c’est Benoît Pilon, lui aussi lauréat du prix Iris pour Ce qu’il faut pour vivre, en y mêlant la période Duplessis et l’archéologie avec Le club Vinland.

Le club éponyme, il a été créé par le Frère Jean (Sébastien Ricard) dans le but de motiver ses élèves, notamment Émile (Arnaud Vachon) un nouveau venu turbulent. Pour cela, il leur présente la théorie que des explorateurs vikings auraient découverts l’Amérique bien avant Christophe Colomb qu’ils auraient laissé des traces de leur présence. Cette prémisse permet à Benoît Pilon d’explorer les principaux thèmes du film : le changement et la transmission. Pour le premier, il est représenté par le fait que Frère Jean est une progressiste, enseignant des idées qui ne plaisent pas à l’autorité cléricale. Une bonne manière de traiter avec subtilité et intelligence le contexte historique du film. Benoit Pilon arrive en plus à dresser un très joli portrait de l’époque. Même si l’action se déroule à travers un seul lieu, on arrive pleinement à comprendre et ressentir les évènements politiques et sociales dont le film fait usage, même s’ils ne sont pas nommés directement. 

Le club Vinland - Le club Éponyme

Le second thème est lié avec l’apprentissage des enfants et comment leur mentor enseigne les valeurs qu’ils vont suivre. Le parfait exemple étant avec Émile qui devient plus mature et responsable au fil du film, notamment en apprenant comment utiliser une caméra, une manière de traiter le pouvoir de l’art qu’utilise Benoit Pilon qui est assez touchante. Car le côté émotionnel du film est la principale force du film. Plusieurs aspects du long-métrage servent à renforcer l’émotion chez le spectateur. À commencer par les acteurs qui sont tous excellents et qui savent donner un côté touchant à leur personnage, que ce soit les adultes ou les enfants. Mention spéciale à Sébastien Ricard, qui incarne bien l’enseignant inspirant, Arnaud Vachon qui montre beaucoup de talents pour son jeune âge, ainsi que Rémy Girard dont le talent n’est plus à prouver. L’écriture est elle aussi maîtrisée et arrive sans problème à transparaître de l’émotion. Benoit Pilon et ses collaborateurs Normand Bergeron et Patrice Robitaille ont écrit des moments qui ne laisseront pas grand monde indifférent, notamment une à la fin qui risque de mettre la larme à l’œil. 

Le club Vinland - Mais malgré

Mais malgré ces instants d’émotions, le film possède un défaut majeur, il est un peu trop convenu dans sa structure. Si le film garde une certaine originalité avec le sujet qu’il traite, soit le club Vinland, son contenu a déjà été vu dans de nombreux films. Que ce soit le contexte historique se mêlant à une histoire intimiste, un nouvel enfant à la nature turbulente, un professeur aux méthodes inhabituelles méprisé par sa hiérarchie ainsi qu’une passion qui unit tous les élèves, ce sont des éléments que l’on a déjà vu. Pour dire, c’est une structure similaire utilisée par Christophe Barratier dans Les choristes et Léa Pool dans La passion d’Augustine. Il est vrai que le public lambda ne verra pas tout de suite les similitudes, mais les cinéphiles plus aguerris les verront.

Mais malgré sa structure convenue, Le club Vinland reste un film très sympathique. Une très belle histoire sur l’enfance, l’amitié, le besoin de grandir et d’apprendre de nouvelles choses. Un film dont l’écriture risque de toucher émotionnellement très fort ses spectateurs. En somme, un très bon travail par Benoît Pilon qui nous donne de quoi voir pour la réouverture des salles.

7/10

Bande-annonce

Fiche Technique : 

Titre original : Le club Vinland
Durée : 125 minutes
Année : 2019
Pays : Québec
Réalisateur : Benoît Pilon
Scénario : Normand Bergeron, Marc Robitaille, Benoît Pilon

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