LENNOX LEWIS THE UNTOLD STORY - afficheIl existe dans le monde de la boxe de grands athlètes, des légendes qui marqueront l’histoire de ce sport à jamais. La liste est longue, mais on peut citer en exemple Mohamed Ali, Jack LaMotta ou encore Mike Tyson. Dans les nombreux hommages que l’on peut faire à ces sportifs, on en retrouve un bon nombre dans le cinéma. Les trois noms cités ont d’ailleurs eu ou auront droit à des biopics où ils sont incarnés par de grands acteurs (Will Smith en Ali dans le film éponyme de Michael Mann, Robert De Niro en LaMotta dans le Raging Bull de Martin Scorsese et Jamie Foxx qui devrait incarner Tyson dans un futur film.) Mais outre les films de fiction, où il y aussi les documentaires qui se sont inspirés des boxeurs légendaires, la cas le plus connu étant When we were kings, traitant du match Rumble in the jungle opposant Mohamed Ali et George Foreman en 1974. C’est dans ce genre que l’on peut retrouver Tough love : The Lennox Lewis Documentary de Rick Lazes et Seth Koch, qui s’intéresse à une autre légende de ce sport.

Le talent en images

Si sa réputation est moins importante que celle des autres noms cités, il reste qu’il a laissé sa marque dans cette discipline. C’est ce que ce documentaire nous propose, soit sa jeunesse en Angleterre, ses débuts dans la discipline, notamment aux Olympiques, ses premiers pas dans le milieu professionnel, ainsi que sa manière de s’entraîner, son comportement en général et sa relation avec ses proches. Le tout se terminant avec son combat mythique contre Mike Tyson en 2002 et sa retraite en 2003.

Lennox Lewis - Le talent en images
Lewis vs Tyson

La raison pour laquelle le documentaire réussit bien à raconter tout le parcours de l’athlète est la maîtrise du montage, plus précisément toute l’utilisation d’images et de vidéos d’archives. Non seulement cela démontre une véritable recherche de la part des réalisateurs, mais la manière dont les images sont montées est aussi très bien pensée. Le montage met en lumière l’évolution de la carrière du boxeur. Le meilleur exemple est lorsque des extraits de l’ancien et du nouvel entraîneur de Lewis sont juxtaposés, témoignant à quel point le second est beaucoup plus professionnel et expérimenté que le premier. Il y a plusieurs autres moments où le caractère opposé de deux personnes est mis en relation, ce qui est un très bon choix de montage. Le film nous fait aussi très bien ressentir le talent de Lennox Lewis. Certains des extraits sélectionnés sont une preuve de l’athlète d’exception qu’a été Lewis, avec un accent sur les coups dévastateurs portés aux adversaires et la douleur qu’ils devaient engendrer. C’est un moyen efficace de présenter les capacités physiques d’un sportif que peu de gens connaissent et découvrent grâce à ce documentaire. Le seul véritable bémol du montage est qu’il a laissé deux scènes de reconstitution inutiles au film.

Trop propre

Si le film dresse un portrait complet du parcours de Lennox Lewis, il reste cependant trop prudent à son sujet. Les meilleurs documentaires posent toujours un propos nuancé sur ce qu’ils racontent, relatant à la fois les bons et les mauvais côtés de leur sujet. Ici, ce n’est pas vraiment le cas. S’il y a certains moments qui abordent des thèmes plus dramatiques comme l’enfance difficile de l’athlète ou le problème personnel de son promoteur, le reste est un portrait assez flatteur de Lewis. On y dévoile un sportif beaucoup plus réfléchi que les autres du même milieu, et une personne très proche de sa famille, que ce soit celle du ring ou sa famille biologique. Mais il demeure un être humain, ce qui veut dire qu’il a des défauts, et le film semble montrer qu’il n’en a pas. Il aurait été intéressant de voir certains mauvais côtés de Lewis, dans le ring ou dans sa vie privée.

Old-Lennox-Picture - Trop propre
Vieille photo de Lewis

L’autre faiblesse du film est que sa forme est trop classique et propre. Outre le portrait trop gentil de son sujet, sa structure ne fait que suivre l’ordre chronologique des événements de la vie du boxeur. De plus, lorsque le film s’arrête sur quelque chose de précis, comme le déroulement de ses entraînements et la relation avec son équipe, cela ne dure que quelques minutes, souvent moins de cinq. La structure aurait été améliorée si elle ne s’attardait que sur quelques moments définis tout en analysant la vie de Lennox Lewis lors de ces moments. La narration est aussi très imparfaite. Si le choix de prendre le rappeur Dr. Dre est une bonne idée, sa voix grave et sa diction étant très plaisantes pour l’ouïe, c’est le texte qui pose problème, car son écriture est assez mal gérée et accentue l’embellissement du sportif.

Au final, si Tough love : The Lennox Lewis Documentary nous permet d’en découvrir plus sur un sportif d’exception qui n’est pas autant cité que ses collègues, il est dommage que le film reste trop classique et ne prend pas de risque en abordant les aspects moins voyants de sa personnalité. Il aurait fallu une approche similaire à ce que font Asif Kapadia (Senna, Amy) et Kevin Macdonald (Marley, Whitney) pour faire rentrer le long-métrage dans le panthéon des grands documentaires.

5/10

Bande-annonce

Fiche technique :

Titre original : Tough love : The Lennox Lewis Documentary
Durée : 94 minutes
Année : 2020
Pays : États-Unis
Réalisateur : Rick Lazes et Seth Koch
Scénario : Josh Dubin et Seth Koch

Article minutieusement révisé par Révizio inc.

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