« Éléonore, vous savez ce que c’est qu’un stalker (stakər)? »

Selfie - afficheSelfie (de l’influence du numérique sur les honnêtes gens) regroupe cinq récits mordants (VLOG de Thomas Bidegain, LE TROLL (roman épistolaire) de Marc Fitoussi, 2,6 / 5 de Tristan Aurouet, RECOMMANDÉ POUR VOUS de Cyril Gelblatdans et SMILEAKS de Vianney Lebasque) dans lesquels des personnages sincères se débattent avec les lois du nouveau monde numérique. Jusqu’à la lisière de la folie. Jusqu’à creuser leur propre tombe. 

En 2007, s’imposait l’expression web 2.0 pour désigner les nouveaux usages numériques. L’internaute ne serait plus spectateur derrière son écran mais une personne active sur la toile. S’est entamé alors un dialogue nouveau entre l’homme et ses écrans. Qui n’a jamais eu l’impression que nous twittons ou instagrammons d’abord puis réfléchissons ensuite ?

selfie - Après Black MirrorDans notre univers actuel hyper connecté qui intrigue, qui dérange et qui inspire de plus en plus, de nombreux films et séries qui surfent sur la vague du numérique ont vu le jour à l’aube de ce nouveau millénaire. Cependant, il est important de revenir un peu en arrière, en 1999 plus exactement. Le monde s’apprête à découvrir l’un des « Cyber Films » les plus révolutionnaires de son époque, celui des sœurs Wachowski : Matrix (La Matrice). Depuis, la réalité virtuelle n’a cessé de fasciner. Certains traitent principalement des relations virtuelles comme Hard Candy (2005) ou Her (2014), d’autres étudient la naissance du phénomène comme The Social Network (2010) ou, plus récemment, la série Black Mirror (2011 – 2019), qui traite de sujets de société d’une façon terriblement effroyable, cynique et intelligente, jamais dénuée de réalisme et qui reste, en fin de compte, plutôt angoissante.

Mais, après Black Mirror, comment peut-on se distinguer?

selfie - Dans notre universDans sa globalité, Selfie est acceptable, mais  il est tout de même très inégal. Même si beaucoup d’entre nous se reconnaîtront à travers les différentes histoires proposées et que le principe de « films à sketchs » fonctionne parfaitement dans son ensemble, il n’en demeure pas moins que la ligne directrice du film reste un brin floue et évasive avec des personnages pas toujours bien définis. Les réalisateurs semblent défoncer quelques portes restées grandes ouvertes mais, derrière une comédie grinçante, le fil conducteur et les dénouements manquent cruellement de profondeur. Un peu dommage! 

Principalement axé sur l’aspect comique grâce à cette belle brochette d’humoristes et de comédien-nes chevronné-es, Selfie a l’air de passer à côté de son but premier : celui d’être plus percutant dans la satire. Les cinq sketchs s’avèrent, pour certains d’entre eux, bien trop gentils et frivoles. Mais pourquoi ? Sûrement parce que toute cette cohorte de réalisateurs et de scénaristes ne maîtrise pas le sujet et finit par se limiter à sa propre utilisation des médias sociaux ?

Caractéristique d’un selfie: l’absence d’intérêt pour ce qui n’est pas soi – (Amélie Nothomb)

Note : 5.5 /10

Bande-annonce

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