Les Rose - afficheLes événements d’octobre 1970 sont et resteront un point marquant dans l’histoire du Québec. Le sujet est enseigné dans chaque école de la province, les historiens s’y intéressent beaucoup et toutes les personnes ayant vécu la crise s’en rappelleront toute leur vie. De plus, il s’agit d’un sujet de prédilection pour les cinéastes québécois. Avec des films comme Les ordres de Michel Brault, Octobre de Pierre Falardeau, Corbo de Mathieu Denis ou Les rois mongols de Luc Picard, le cinéma québécois ne risque pas de vider le filon créatif qu’est la Crise d’octobre. Avec son documentaire Les Rose, le cinéaste Félix Rose raconte cet événement historique à travers sa famille, soit la plus importante de l’histoire de la crise.

En effet, le père et l’oncle du cinéaste ne sont nuls autres que Paul et Jacques Rose, tous les deux membres du Front de Libération du Québec dans la cellule Chénier, responsables avec Francis Simard et Bernard Lortie de l’enlèvement du ministre Pierre Laporte. Félix Rose possède alors un grand héritage familial et il le démontre tout au long du film. En interviewant son oncle Jacques, le reste de sa famille ainsi que d’autres anciens membres du FLQ, il tente de comprendre les agissements de son père et de son oncle. 

Et c’est là le principal point fort du long-métrage : le portrait réaliste et nuancé de ces figures historiques. Le réalisateur ne les montre jamais comme des héros défendant l’indépendance du Québec, encore moins comme des terroristes fous ayant commis un meurtre froid, mais plutôt pour des militants ayant tenté quelque chose qui a mal tourné. Ce point de vue peut faire en sorte que le spectateur puisse s’attacher aux deux frères et se défaire de certaines idées reçues par rapport au crime qu’ils ont commis. De plus, malgré l’aspect familial, le réalisateur n’hésite à parler des mauvais côtés de son père et de son oncle, ce qui empêche le documentaire d’être trop biaisé.

Les Rose - Jacques et Félix Rose
Jacques et Félix Rose

Cependant, son père et son oncle ne sont pas les seuls membres de sa famille à être les vedettes du film. Félix Rose met aussi beaucoup l’accent sur sa grand-mère, Rose Rose, ayant lutté pour les droits des prisonniers politiques du Québec et pour la libération conditionnelle de ses fils. Une femme méconnue, mais au destin incroyable, à qui son petit-fils rend hommage : au-delà de parle de la Crise, le documentaire parle aussi de l’importance de la famille, d’où l’on vient et de l’héritage que l’on reçoit. Un traitement original, notamment dans un film parlant d’un événement historique important.

Les Rose - fin du texteEn plus d’être un portrait sur les frères Rose, le film propose aussi un côté historique non seulement sur la Crise d’octobre, mais aussi sur l’avant et l’après, des périodes qui sont beaucoup moins connues que celle des lois sur les mesures de guerre. Et ce survol de ces moments est l’autre qualité de Les Rose. En effet, en apprendre plus sur leur jeunesse, le début du FLQ, le procès de la cellule Chénier, ainsi que le combat pour la libération des deux frères est très intéressant à voir et fait en sorte que le spectateur bonifie ce qu’il connait déjà. Mention spéciale à toute la partie du procès, contenant de superbes anecdotes de Jacques Rose. L’excellent montage du film, mélangeant films d’archives, photographies et prises de vues récentes avec le réalisateur et les intervenants, contribue à l’aspect éducatif du film. Le tout donnant un mélange de 127 minutes bien structuré et très intéressant, même si le rythme peut-être assez lent.

Au final, Les Rose est un excellent documentaire sur la Crise d’octobre, s’attachant à deux des plus célèbres membres du FLQ. On en apprend davantage sur la vraie nature de ces hommes, le tout dans un traitement original mettant en valeur l’importance de l’héritage familial. Le long-métrage de Félix Rose risque fortement d’être un incontournable des films traitant d’octobre 1970. Et le réalisateur ne s’arrête pas là puisqu’il nous offre la série Le dernier felquiste, disponible cet automne sur la chaîne Illico.

Note : 9/10

Bande-annonce

Un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *