« All I want to know is if that’s the truth. »
[Tout ce que je veux savoir, c’est si c’est la vérité.]

Guest of Honour - afficheVeronica veut rester en prison pour une agression sexuelle pour laquelle elle sait qu’elle a été injustement inculpée. Elle et son père, Jim, se retrouvent à sortir des limites de la bonne conduite alors que le passé les hante.

Le nouveau film d’Atom Egoyan, Guest of Honour, arrive enfin sur nos écrans, après une tournée de festivals. Egoyan nous présente un film psychologique sur fond de suspense. Un long métrage typique du réalisateur canadien.

Un récit inversé

Guest of Honour - Un récit inversé
Veronica

Dans Guest of Honour, Egoyan a opté pour une façon assez originale de raconter son récit. L’histoire est racontée par Veronica, alors qu’elle tente de décrire son père Jim au curé qui en célébrera les obsèques. 

Mais les tranches de vie de Jim offertes au spectateur ne sont pas tous des moments où sa fille était présente. On alterne donc entre les récits de Veronica (provenant de sa mémoire de fillette, d’adolescente et de jeune adulte) et des moments captés seulement pour le spectateur. On se retrouve coincé quelque part entre l’image que Veronica a de son père, et l’image que projette le réalisateur. Ces moments se mélangent en outre avec ceux de la vie de Veronica alors qu’elle enseigne la musique à des ados. 

On inverse donc, en quelque sorte, le récit en le faisant raconter par une personne qui n’y participe pas vraiment, prise dans ses souvenirs qui teintent la réalité. Tout ça afin de créer un mystère autour de chaque personnage. Et l’effet est totalement réussi. 

Du mystère

Guest of honour - Du mystère
Jim (David Thewlis)

À la mort de son père, Veronica se confie et démêle les multiples secrets qui jalonnent l’histoire de sa famille. Silhouette mystérieuse parcourant la ville, Jim était un inspecteur de l’alimentation traquant les manquements sanitaires dans les restaurants. Mais qui était Jim? Et, surtout, qui est réellement Veronica? Que s’est-il passé dans sa vie? Voilà les questions qui nous transportent d’un bout à l’autre de Guest of Honour

Le mystère reste entier puisque même les deux personnages ne semblent bien se connaître l’un et l’autre. À travers les thèmes du deuil, de la mémoire, de la culpabilité et de la transmission, Egoyan nous embarque de manière magistrale dans ce récit simple et complexe à la fois. Une histoire qui tient le spectateur en haleine jusqu’à la toute fin. 

Mais encore…

Guest of Honour - Mais encoreLes personnages secondaires servent très bien l’histoire. Luke Wilson guide Veronica (et le spectateur) dans son rôle de curé. Dès le début, c’est lui qui prend en charge la direction du récit. Sans qu’on s’en rende compte, il sèmera des indices ici et là. Il ne faut pas oublier la mystérieuse professeure de piano de la fillette qui aura un rôle déterminant dans la chute.

Avec Guest of Honour, Atom Egoyan revient en force, avec un récit efficace, poignant et qui lui ressemble. Du cinéma d’auteur à son meilleur.

Note : 8.5/10

Voici la bande-annonce :

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