Le FIFA a collaboré avec la 3e Scène de l’Opéra de Paris dans le cadre de ses Cartes blanches. Coup d’œil sur quelques-uns des fruits les plus savoureux de cette collaboration.

Les Indes Galantes (Clément Cogitore) – France

Les indes galantesCe qui intéresse le réalisateur Clément Cogitore dans l’acte créatif, c’est la rencontre surprenante entre des mondes éloignés. Dans le court métrage Les Indes Galantes, des danseurs de Krump, style de danse né dans les quartiers défavorisés de Los Angeles, s’activent au son de l’opéra-ballet de Jean-Baptiste Rameau de 1735.

En faisant évoluer sa caméra autour du cercle de danseurs aux gestes puissants et à l’énergie communicatrice, Clément Cogitore offre une réponse tonique à une question qui sous-tend Les Indes Galantes et autres films chorégraphiques, à savoir «comment filmer la danse?». Le court métrage, addictif et cathartique, s’éloigne en tout point d’une captation sans âme.

Vibrato (Sébastien Laudenbach) – France

VibratoAvec un sourire dans la voix, Louise, veuve de l’architecte Charles Garnier, évoque ses souvenirs voluptueux associés à l’Opéra de Paris. Vibrato est l’occasion pour Sébastien Laudenbach, chef de file du cinéma d’animation en France, de donner vie à ce temple de l’art en en faisant audacieusement et joliment ressortir la dimension érotique.

Vibrato satisfait l’ambition toute particulière de son réalisateur de faire un film d’architecture sensuel, un genre sans précédent. Ce ne sont pas les corps qui expriment le désir, mais l’édifice lui-même, tout humide, et la voix de Louise, envoûtante et expressive, qui gémit, chante, rigole. L’Opéra de Paris, semble-t-il, reposait sur une cuve d’eau qui en stabilisait la structure, d’où l’idée poétique de la montée des eaux, qu’elles soient larmes de joie, sueur des amants, cyprine ou pluie.

En quelques traits vibrants et en ne lésinant pas sur les couleurs, Laudenbach aux doigts de fée célèbre et rend hommage au bâtiment dessiné par Garnier, certes, mais aussi au désir et à l’art, à la beauté et à la légèreté.

L’entretien (Ugo Bienvenu et Félix De Givry) – France

l'entretienDans un monde post-apocalyptique où il n’y a pas âme qui vive, l’attachant robot d’entretien de l’Opéra de Paris persiste à prendre soin de l’édifice. Ses gestes, sorte de chorégraphie de l’ordinaire, se distinguent de ceux de la ballerine par leur perfection métronomique.

La beauté du geste, répétitif ou imparfait, c’est entre autres ce dont il est question dans L’Entretien, court métrage d’anticipation mélancolique et délicat issu de la collaboration entre Félix de Givry et Ugo Bienvenu.

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Ces trois courts métrages, que nous vous suggérons vivement de voir, sont disponibles en ligne dans le cadre du FIFA jusqu’au 29 mars.

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