Mickey and the Bear - afficheMickey Peck, une adolescente du Montana, a la lourde responsabilité de s’occuper de son père, un vétéran accro aux opiacés. Quand l’opportunité se présente de quitter pour de bon le foyer, elle fait face à un choix impossible…

Mickey and the Bear, poignant premier long-métrage de la scénariste et réalisatrice Annabelle Attanasio, s’inscrit dans le genre du récit de passage à l’âge adulte – ou « coming-of-age movie ». Il en déborde cependant en traitant avec finesse et philosophie de thèmes tels que les ravages du stress post-traumatique lié à la guerre et la toxicité de la relation filiale. Rien, à première vue, qui se rapproche de l’univers merveilleux évoqué dans le titre du film. 

« Il était une fois dans un pays lointain… » 

Mickey and the Bear 1Annabelle Attanasio présente, à travers une mise en scène épurée, des personnages complexes interprétés par des acteurs bouleversants. Mickey (Camila Morrone) et son père Hank (James Badge Dale), dont le caractère inapprivoisable et mal léché lui doit l’appellation « the Bear », vivent en tête-à-tête dans une petite ville du Montana. Vétéran de la guerre d’Irak, Hank est dépendant aux opiacés. Ses journées consistent grosso modo à jouer aux jeux vidéo une bière à la main. Sa totale irresponsabilité oblige l’aimante et combative Mickey à agir en doyenne. Réapprovisionner son père en médicaments, calmer ses angoisses nocturnes, réaliser les tâches domestiques et travailler chez le taxidermiste de la ville ne sont que quelques-unes des responsabilités qui lui incombent. Malgré son prénom qui évoque la petitesse et la fragilité d’une souris, Mickey porte sur ses épaules un lourd manteau d’obligations.

Aron (Ben Rosenfield), le fiancé de Mickey, rêve tout haut de l’armée d’enfants qu’ils mettront au monde. Cette éventualité n’enchante pas Mickey, qui commence à entrevoir la possibilité de quitter le Montana avec Wyatt (Calvin Demba), un nouvel ami à elle. Ce dernier, qui est Anglais, donc un étranger aux États-Unis, incarne positivement l’ailleurs, qui s’oppose, dans ce cas-ci, au statisme et à l’enfermement. 

Fuir le château de son père

Mickey and the bear - père et filleMickey, qui souffle ses dix-huit bougies devant le spectateur, est donc confrontée à un choix qu’Annabelle Attanasio expose avec une grande richesse de nuances : doit-elle restée auprès de son père ou partir et risquer de le laisser s’anéantir? Hank, dont l’amour pour sa fille est véritable, mais enlaidi par les psychotropes, multiplie les supplications : sans elle, il ne serait rien. Cette insistance affecte Mickey qui ne se refuse pas l’espoir de guérir son père, jusqu’à ce qu’une psychothérapeute, sorte de marraine fée, lui assure qu’il ne reprendra pas du poil de la bête. La consommation de Hank a entre autres effets catastrophiques de brouiller ses repères. Il lui arrive de plus en plus de confondre sa fille avec sa défunte femme, qui survit à travers les traits de Mickey. Choisira-t-elle, comme Peau d’Âne, de fuir le château de son père?  

La grande force d’Annabelle Attanasio, en un mot, est d’aborder des thèmes délicats sans jamais se jeter dans ce qu’on pourrait nommer « la gueule du loup » (ou plutôt de l’ours), c’est-à-dire le manque de nuances et de subtilité.

Note : 8/10

Mickey and the Bear est présenté au FNC les 15, 16 et 19 octobre 2019.

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