Après notre analyse des courts métrages en compétition internationale, voici notre point de vue sur la compétition nationale. Dans cette première partie, je vous présente 5 des films en lice.

Astres (Andrée-Anne Roussel) – Québec

ASTRES
Hyo-Jin

Hyo-Jin assiste aux funérailles de sa sœur cadette en Corée du Sud, son pays natal. Niant d’abord la douleur causée par cette perte, elle décide d’écourter son séjour en Corée et retourne rapidement au travail une fois revenue à Montréal. La mort de sa sœur vient troubler son quotidien, et provoque  chez elle des pensées plutôt irrationnelles, malgré son esprit a priori très scientifique et pragmatique.

Avec Astres, Roussel propose un film qui mélange science et croyances religieuses. Peut-être un peu trop d’ailleurs. Il me semble un peu difficile d’imaginer une scientifique de ce genre se laisser absorber dans des croyances qui ne sont clairement pas les siennes. Évidemment, la mort d’un proche peut provoquer des moments de faiblesses. Mais ici ça semble trop. 

6,5/10

Recrue (Pier-Philippe Chevigny) – Québec

RecrueLe Québec connaît un afflux sans précédent de migrants clandestins qui traversent la frontière par les étendues sauvages séparant le Canada des États-Unis. Exaspérés par ce qu’ils estiment être une mauvaise gestion de la crise, des citoyens radicaux s’organisent. Alex, six ans, est trop jeune pour comprendre les changements qui s’opèrent autour de lui. Les patrouilles frontalières que mène illégalement le groupuscule réactionnaire de son père ne sont qu’autant d’occasions d’aller jouer en forêt. Ce matin-là, tout est devenu clair.

Essayons d’imaginer la situation des migrants en 2022, au Québec… C’est ce que propose Recrue. On imagine que la situation continue de s’empirer et que des groupes d’extrême droite commence à jouer à la police à Stanstead. Belle fiction. Belle façon de faire peur. Un film populiste à souhait. Moi, je n’achète vraiment pas.

Note : 5/10

Delphine (Chloé Robichaud) – Québec

DelphineDelphine retrace l’évolution d’une jeune fille libanaise qui se révolte à sa façon contre l’intimidation à laquelle elle a été soumise alors qu’elle était toute petite.

Le nouveau film de Chloé Robichaud est, comme toujours, magnifique. Une belle narration, des personnages féminins intéressants et profonds et un scénario campé dans le réel. Le film serait pratiquement parfait si ce n’était de la fin qui est… absente. Malheureusement, on dirait que la réalisatrice voulait faire un long métrage et que celui-ci s’est retrouvé être réduit à un court. On aurait aimé que le film se poursuive car, au moment où il finit, il semble que tout est encore à découvrir. Delphine serait un excellent film. Si seulement il était un peu plus long…

7/10

Gun Killers (Jason Young) – Nouvelle-Écosse

Gun KillersGun Killers nous amène dans le paradis isolé de deux retraités et dans le travail secret qu’ils effectuent pour la Gendarmerie royale du Canada.

Saviez-vous qu’au Canada, les armes illégales qui sont confisquées doivent être détruites? Et saviez-vous que ce sont des citoyens (presque) ordinaires qui sont en charge de réaliser cette tâche? Dans son court métrage, Jason Young montre, avec des images magnifiques, le processus par lequel John et Nancy détruisent ces armes. L’utilisation judicieuse des ralentis et la prise de son rendent ce documentaire d’une grande beauté.

Il n’y a pas d’entrevue, pas de spécialistes, pas de poursuites. Ici, on observe le couple au travail. Je dois aussi dire que, lorsqu’on voit le gigantesque coffre plein d’armes arriver, c’est impressionnant. Vraiment un film à voir!

9/10

Chubby (Madeleine Sims-Fewer & Dusty Mancinelli) – Ontario

ChubbyUne fillette de dix ans lutte contre le traumatisme résiduel d’une atteinte sexuelle.

La force de Chubby réside dans le fait que, dès le début, on imagine ce qui arrivera. Mais est-ce que ce qu’on imagine est ce qui s’est réellement produit ou si, en fait, ce n’est que le fruit de notre imagination? Voilà ce à quoi nous amène à réfléchir ce film. Nous ne sommes pas certains de ce que la jeune fille a dit ou n’a pas dit. Nous ne sommes pas certains non plus de ce qui s’est produit. Mais ce qu’on connaît, c’est ce qu’on nous dit qu’il s’est produit. Maintenant, comme dans la vraie vie, c’est à nous de juger…

Note : 8/10

***

Voici qui conclut cette première partie d’analyse des courts métrages en compétition nationale. Ne manquez pas la suite de mon analyse dans les prochains jours.

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