« Who am I? »
[Qui suis-je?]

Be-Longing - afficheBe-longing raconte l’histoire d’un jeune garçon de 9 ans qui a été placé en famille d’accueil. Retiré de ses parents biologiques violents et chaotiques après une série de problèmes familiaux, il est déchiré entre accepter la confiance, la gentillesse et la sécurité de sa famille d’accueil et rester fidèle à ses parents, qui l’aiment toujours beaucoup.

Avec Be-longing, son premier court métrage, Mike Mckenzie use de procédés cinématographiques évocateurs pour aborder un thème universellement touchant. 

« To Be », « To Belong »

Khoji
Khoji (Casey Mckenzie)

L’orthographe du titre annonce d’emblée le discours sous-tendu par ce court métrage: la relation entre l’identité et l’appartenance à un groupe, dans ce cas-ci à la famille. On voit évoluer Khoji (Casey Mckenzie) au moment où il arrive dans une nouvelle famille d’accueil. On ressent sa solitude, son isolement, sa recherche identitaire, alors qu’il s’installe progressivement dans sa nouvelle vie. 

Un petit bémol: le format du film est peut-être un peu court pour relater une telle évolution. À un moment, on se sent un peu bousculé par le changement d’attitude de Khoji. Mais on s’aperçoit que ça sert la suite… Et le résultat est un film très touchant, qui ne peut que sensibiliser sur les difficultés vécues par ces enfants barouettés d’une famille à l’autre, ce que souhaitait justement Mckenzie avec ce film. On peut dire qu’il a atteint son objectif.

Que les personnages soient noirs a peu d’importance; c’est une histoire qui pourrait arriver à n’importe quel enfant, dans n’importe quelle famille. Et c’est ce qui fait la grandeur de ce film: enfin des noirs qui ne campent pas des personnages qui doivent absolument être noirs. Ça me semble le meilleur moyen pour valoriser la diversité ethnique à l’écran. Bravo à Mckenzie pour ça.

Voir la solitude

Be-longing - solitudeMais l’histoire de Be-longing ne nous toucherait pas autant si ce n’était des procédés visuels et scénaristiques employés par Mckenzie. Le fait qu’aucun son ne sort de la bouche de Khoji lorsqu’il parle ne pourrait montrer plus clairement son isolement. Une stratégie cinématographique fort intéressante et originale. Les plans fixes sur son visage obligent également le spectateur à confronter les émotions du jeune garçon.

Ces plans fixes sont alternés avec des plans qui suggèrent le mouvement pour créer un rythme particulier. Les plans sur le visage de Khoji ou sur la maison contrastent avec ceux des jours qui passent sur le calendrier ou des personnages qui marchent. McKenzie propose ainsi un commentaire sur la situation: le temps passe, mais rien ne change. Malheureusement. Et ce pour un trop grand nombre d’enfants.

Note: 8,5/10

Be-longing est présenté au Festival International du Film Black de Montréal le 26 septembre 2019.

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