« Tire-la vers le haut. Elle ne ressent plus rien. Il n’y a plus de vie en elle. »

Poster - LapuEntre rêve et documentaire, une femme exhume la dépouille d’une parente, pour que revienne l’harmonie et que s’efface la frontière entre les morts et les vivants : tel le veut la croyance Wayuu.

Avec Lapü, César Alejandro Jaimes et Juan Pablo Polanco amènent les spectateurs à découvrir une tradition Wayuu : exhumer un mort afin de lui donner le repos éternel. Un film qui pourrait vous choquer.

Les croyances

Lapu - Croyances
Doris

J’admets avoir eu de la difficulté à embarquer dans ce documentaire. Pourquoi? Pendant presque tout le film, Doris est en conversation avec… sa cousine décédée. Les deux filles se parlent par l’entremise de la grand-mère de Doris. J’ai l’esprit ouvert. Mais j’ai un peu de difficulté avec ce genre de choses. Et tout le film se déroule ainsi. Non seulement ça m’a rendu la tâche difficile mais, après un certain temps, ça devient un peu agaçant.

D’autant plus qu’on ne filme que Doris. On regarde donc la jeune femme parler à quelqu’un qu’on ne voit pas tout le film durant. 

Outre la croyance qu’un mort puisse parler par la bouche d’un vivant, on en apprend bien peu sur les croyances Wayuu. Sauf, peut-être, que ce peuple semble croire que les rêves ont une signification bien précise. C’est d’ailleurs ainsi qu’on apprend que Doris va exhumer le corps de sa cousine.

Une scène marquante

Lapu - une scène marquante
Le cimetière où est enterré la cousine de Doris

La première demi-heure de Lapü nous prépare à la scène d’exhumation. Je dois dire que, lorsque ce moment est arrivé, je ne savais plus trop si j’avais espoir de voir comment ça se passait, ou si j’avais plutôt espoir de ne pas trop en voir.

Cette séquence dure une vingtaine de minutes. Tout d’abord, un homme sort le cercueil du mausolée. Puis, Doris s’installe afin d’accomplir sa tâche. Au début, on ne voit rien. Quelle déception… Puis, on commence à voir la femme enlever le drap qui couvre le cadavre. Puis, elle commence par la tête. J’avais un malaise à voir une personne tirer et tourner un crâne afin de le détacher d’un corps. Et ça ne semble pas être une chose si facile à réaliser. Après le malaise, il y a eu un peu d’écoeurement. Je n’aurais pas vraiment aimé faire ce « travail ».

Et à regarder le visage des gens qui assistaient à cette scène, je ne suis pas le seul… J’aurais bien aimé en savoir plus sur cette tradition. C’est là une des faiblesses de ce documentaire. On gagnerait à donner un peu plus d’informations sur les rites Wayuu. Dans sa forme actuelle, ce film risque de donner une image négative de ce peuple plutôt que d’intéresser les gens à découvrir cette culture.

Mais encore…

Lapu - Mais encoreAu milieu du désert de Guajira, une jeune femme Wayuu exhume les restes de sa cousine afin de la revoir une dernière fois et de lui offrir le repos final. À travers un voyage sensoriel, ce rituel la conduit à affronter la mort et à unir le monde des rêves au monde des vivants.

Lapü, à défaut de nous faire comprendre un peuple et ses traditions, bouscule nos idées préconçues et nous montre que, à l’extérieur de nos vies recouvertes de ouate, il y a d’autres visions du monde.

Note : 6/10

Lapü est présenté au festival Présence autochtone le 9 août 2019.

Visionnez la bande-annonce :

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