« Nos enfants seront plus beaux et plus heureux que nous. »

Affiche C'est ça l'amourDepuis que sa femme est partie, Mario (Bouli Lanners) tient la maison et élève seul ses deux filles. Frida (Justine Lacroix), 14 ans, lui reproche le départ de sa mère. Niki (Sarah Henochsberg), 17 ans, rêve d’indépendance. Mario, lui, attend toujours le retour de sa femme.

Sélectionné à la dernière Mostra de Venise, C’est ça l’amour pose un regard tendre sur la paternité et sur ce que c’est que d’être un homme en 2019. Comme le résumait un journaliste français, ce film est « Une ode vibrante à la paternité, mais aussi à l.amour sous toutes ses formes, de celui qui permet à la vie de toujours renaître. »

Paternité

C'est ça l'amour - Paternité
Mario (Bouli Lanners)

On ne voit pas souvent des films qui traitent de la paternité d’une façon aussi belle et triste à la fois. Mario est un homme délicat, sensible, tendre, loin des clichés habituels de la virilité.

C’est beau de voir comment il s’occupe de ses filles. Malgré la surprise de voir sa femme les quitter, et la tristesse qu’il ressent, il continue d’être fort et solide pour ses filles. Il leur offre des sorties. Il leur donne tout son amour. Comme il leur dit lors d’une des plus belles scènes du film : « Toute ma vie c’est de vous aimer. »

Constamment, il doute de ses capacités de père. Constamment, il remet en question sa façon de faire. Et, évidemment, il fait des erreurs, parce que c’est ce qu’on fait comme parent. Il veut tellement qu’elles soient heureuses qu’il essaie de leur éviter toutes les peines de la vie… Mais est-ce possible?

Amour et séparation

C'est ça l'amour
Mario, Niki et son copain

Dès la première scène de C’est ça l’amour, on découvre un homme brisé. On comprend assez bien que la décision de briser la famille ne vient pas de lui.

Mais le film de Claire Burger va beaucoup plus loin dans les thématiques de l’amour et de la séparation. Le personnage de Mario est une fenêtre sur l’immensité de l’amour qu’un père peut avoir pour ses enfants. On parle souvent de la tendresse d’une mère, des sacrifices d’une maman et de l’intensité de l’amour d’une femme pour ses enfants… Mais un papa?

Ici, l’homme est au centre de tout cet amour. Quand on voit tout ce qu’il subit et tous les sacrifices qu’il s’impose pour offrir le bonheur à ses enfants, on ne peut en douter. Il aimerait tant leur permettre d’être plus heureuses qu’il ne l’aura été.

Mais c’est surtout le thème de la séparation qui rend ce film fantastique. Parce qu’on pense souvent à l’amour en termes de couple, on oublie que la séparation fait aussi partie (de façon normale et positive) de l’amour filial. Être parent, c’est aussi devoir, éventuellement, se séparer de ses enfants. Un jour, ils doivent voler de leurs propres ailes…

C’est cette séparation qui fait mal à Mario et au spectateur. Quand Frida lance à son père que ce qu’elle veut c’est partir et ne plus vivre avec lui, on souffre avec lui. 

Quant à sa femme… C’est terrible d’abandonner ses enfants sous prétexte qu’elle a donné 20 ans à s’occuper de son mari et 17 ans à s’occuper de ses enfants. Comme si son mari, lui, n’avait jamais rien fait pour sa famille. 

Mise en abyme

C'est ça l'amour - Mise en abyme
Frida et Niki

La réalisatrice utilise la mise en abyme en faisant participer Mario à une pièce de théâtre : Atlas. Il s’agit là d’un type de théâtre dans lequel on construit la pièce à partir de la vie des comédiens. Ça permet de montrer le malaise réel de Mario par rapport à sa vie. On voit à quel point il se sent coincé, à quel point il se sent impuissant.

Mais encore…

CCLA - Mais encore
Frida et son père

Dans son long métrage, Burger offre une vision de la culture qui sort des tableaux habituels. « Je voulais parler de gens qui s’intéressent à la culture mais qui ne sont pas forcément dans un rapport élitiste à elle. Une population qui fait vivre les cinémas, les théâtres et les musées de province. Le personnage de Mario passe sa vie dans des expos, des concerts. »

Il n’est pas un fin connaisseur. Mais, comme dans la vraie vie, il apprécie tout de même ces choses. Ce qui est aussi le cas de Niki. Quant à Frida… Elle a 14 ans.

Au final, C’est ça l’amour est un film réaliste qui montre tout ce qu’un homme peut faire par amour. 

Note : 8.5/10

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