« We don’t know! »
[On ne sait pas!]

RAINY IN GLENAGEARY - afficheRainy in Glenageary  est un documentaire d’enquête peu orthodoxe qui explore le meurtre non résolu (survenu en 1999) de Raonaid Murray – ou « Rainy » comme l’appelaient certains de ses amis –, une écolière irlandaise âgée de 17 ans. 

Avec cet étrange film, Graham Jones démontre qu’il y a plus d’une façon de faire du documentaire. La façon traditionnelle, et la façon Graham Jones…

Documentaire, ou recension d’articles?

RAINY IN GLENAGEARY - Documentaire ou recension d'articleDès le début, on nous explique que le film s’est élaboré à partir d’une recherche à travers des journaux. Qu’il y a bien quelques personnes qui ont été interrogées, mais que ce sont principalement les informations trouvées dans les quotidiens qui ont servi à constituer ce film.

Peut-on alors vraiment parler d’un documentaire? Ou s’il ne s’agit pas plutôt d’une recension d’articles concernant un cas? Que peut-on réellement apprendre de ces journaux? Une réelle enquête n’aurait-elle pas apporté plus? 

Quoi qu’il en soit, la narratrice nous explique les faits, puis ce qui a été dit par les policiers (selon ce qui a été trouvé dans les journaux, et ce que quelques amis de la jeune victime auraient dit à l’équipe de production). Et la phrase qui revient le plus souvent dans le documentaire – et qui apparait à chaque fois qu’une question pertinente permettant de possiblement amener de l’information nouvelle dans ce cas – est « We don’t know! » Ok. Si on n’apprend rien de nouveau et que l’équipe de cinéastes nous dit constamment qu’ils ne savent pas ce qui s’est passé, à quoi bon en faire un film dit « documentaire d’enquête »? En tout cas, maintenant je sais assez bien ce que les journaux irlandais ont dit sur ce meurtre qui a touché la communauté locale.

Un cas fascinant

RAINY IN GLENAGEARY - Un cas fascinantCeci dit, le cas de la jeune Raonaid est très intéressant du point de vue documentaire d’enquête. Un meurtre violent. Une jeune femme faisant partie d’un groupe d’adolescents gothiques. Et des policiers qui semblent avoir bâclé l’enquête… Il y a, effectivement, de quoi faire un bon film.

En effet, le réalisateur a de très bons questionnements. Mais c’est plus frustrant qu’autre chose de se faire dire, à chaque fois : « the filmmakers are sayin’ we don’t know. ». Il me semble que, dans un vrai documentaire d’enquête, on obtient des réponses ou, à tout le moins, quelques nouveaux éléments. Ici, we don’t know…

Mais encore…

RAINY IN GLENAGEARY - Mais encore
Raonaid

Le point le plus intéressant et original du film est aussi celui qui est, selon moi, le plus dérangeant et énervant. Il n’y a aucune image filmée de façon, disons, naturelle. Du début à la fin, on a l’impression de regarder des images filmées à même une peinture. Comme si la caméra filmait une toile de Monet. 

Vers la fin, il y a quelques images qui semblent avoir été tournées sur les lieux réels. Mais on en doute, puisque depuis le début du documentaire, on a l’impression que le réalisateur n’est jamais sorti de son salon.

Pour moi, Rainy in Glenageary n’est rien de plus qu’une histoire pleine de potentiel mais qui, comme une saison du Canadien de Montréal, fini par donner bien peu au spectateur.

Si vous êtes curieux, le film est disponible gratuitement juste ici :

Note : 5.5/10

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